Le stress a-t-il une influence sur la survenue de la maladie de Parkinson ?

Une question qui fait débat.

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Le stress a-t-il une influence sur la survenue de la maladie de Parkinson ?
Par Harold Mouras (Laboratoire de Neurosciences Fonctionnelles et Pathologies, CNRS – UMR 8160)
Article commenté :
Can stress trigger Parkinson’s disease? 
A Djamshidian, AJ Lees
J Neurol Neurosurg Psychiatry. 2013 Nov 20. doi: 10.1136/jnnp-2013-305911.
► Retrouvez l’abstract en ligne

Dans cet article, les auteurs élaborent sur une question en débat depuis de nombreuses années : « Le stress peut-il avoir une influence sur la survenue de la maladie de la maladie de Parkinson ? ». Dans cet article, l’hypothèse des auteurs est qu’un stress chronique pourrait induire une dégénération de la voie nigrostriée chez certains individus vulnérables.
Pour eux, le stress se définit comme « un état de tension mental ou émotionnel résultant de conditions difficiles ». Un stress chronique peut induire une activation prolongée d’un certain axe neural de commande (l’axe HPA) et conduire à un déficit des processus de contrôle du stress. Une étude a montré que les patients stressés avaient un risque accru de 2,7% de développer une maladie. De nombreuses données montrent aussi un effet du stress sur l’activité neuronale : atteintes motrices, réduction de l’activité dopaminergique dans différentes aires cérébrales.
Les auteurs rappellent une série de mécanismes possibles de l’effet du stress sur la dégénérescence neuronale : (i) réduction des défenses immunitaires ; (ii) déclenchement des réponses de type inflammatoire ; (iii) toxicité potentielle de la dopamine libérée dans le cytoplasme des cellules.

Dès lors, le stress émotionnel peut-il induire des symptômes tels que ceux observés dans la maladie de Parkinson ? Certains rapports médicaux de le première Guerre mondiale relatent certains soldats présentant des symptômes proches de la maladie de Parkinson. Les auteurs décrivent certains cas de patients atteints dont la réduction du stress chronique améliora certains symptômes de la maladie.
A l’appui de leur hypothèse, ils citent également le cas de la kinésie paradoxale intervenant dans des situations catastrophiques (tremblement de terre, etc…) où les patients parkinsoniens peuvent surpasser, parfois de façon très spectaculaire, leurs atteintes motrices. Cet effet pourrait s’exercer notamment via l’activation des voies noradrénergiques.
Les auteurs rappellent des informations importantes sur la phase prémotrice de la maladie : (i) les plaintes non-liées à des symptômes moteurs constituent environ 20% des motifs initiaux de consultations des patients ; (ii) avant le diagnostic, certains patients se sont plaints 10 ans avant le diagnostic par rapport à un groupe contrôle accompagnant la survenue d’un certains nombre de symptômes, notamment de l’humeur pendant cette période.
Enfin, les auteurs de cette publication soulignent le recouvrement important existant entre les symptômes des syndromes somatiques fonctionnels (fatigue chronique, fibromyalgie…) et les symptômes non-moteurs accompagnant la maladie de Parkinson.

En conclusion, à la lumière de ces éléments, les auteurs proposent que le stress émotionnel chronique induit la perte de neurones dopaminergiques chez certains individus vulnérables et que des syndromes somatiques fonctionnels sont couramment rapportés chez les patients atteints de maladie de Parkinson. Ainsi, la recherche chez des patients parkinsoniens d’une part et d’autres atteints de syndromes fonctionnels somatiques d’autre part, de polymorphisme de gènes connus pour être liés à la régulation du stress, pourrait être une piste de recherche intéressante au cours des prochaines années.

Publié dans neuro Scoop, les cahiers du Parkinson le 29 05 2014.

Le stress a-t-il une influence sur la survenue de la maladie de Parkinson ?

Le stress a-t-il une influence sur la survenue de la maladie de Parkinson ?

stress

Une question qui fait débat.
Par Harold Mouras (Laboratoire de Neurosciences Fonctionnelles et Pathologies, CNRS – UMR 8160)Article commenté :Can stress trigger Parkinson’s disease? A Djamshidian, AJ LeesJ Neurol Neurosurg Psychiatry. 2013 Nov 20. doi: 10.1136/jnnp-2013-305911.► 

Dans cet article, les auteurs élaborent sur une question en débat depuis de nombreuses années : « Le stress peut-il avoir une influence sur la survenue de la maladie de la maladie de Parkinson ? ». Dans cet article, l’hypothèse des auteurs est qu’un stress chronique pourrait induire une dégénération de la voie nigrostriée chez certains individus vulnérables.Pour eux, le stress se définit comme « un état de tension mental ou émotionnel résultant de conditions difficiles ». Un stress chronique peut induire une activation prolongée d’un certain axe neural de commande (l’axe HPA) et conduire à un déficit des processus de contrôle du stress. Une étude a montré que les patients stressés avaient un risque accru de 2,7% de développer une maladie. De nombreuses données montrent aussi un effet du stress sur l’activité neuronale : atteintes motrices, réduction de l’activité dopaminergique dans différentes aires cérébrales.Les auteurs rappellent une série de mécanismes possibles de l’effet du stress sur la dégénérescence neuronale : (i) réduction des défenses immunitaires ; (ii) déclenchement des réponses de type inflammatoire ; (iii) toxicité potentielle de la dopamine libérée dans le cytoplasme des cellules. Dès lors, le stress émotionnel peut-il induire des symptômes tels que ceux observés dans la maladie de Parkinson ? Certains rapports médicaux de le première Guerre mondiale relatent certains soldats présentant des symptômes proches de la maladie de Parkinson. Les auteurs décrivent certains cas de patients atteints dont la réduction du stress chronique améliora certains symptômes de la maladie.A l’appui de leur hypothèse, ils citent également le cas de la kinésie paradoxale intervenant dans des situations catastrophiques (tremblement de terre, etc…) où les patients parkinsoniens peuvent surpasser, parfois de façon très spectaculaire, leurs atteintes motrices. Cet effet pourrait s’exercer notamment via l’activation des voies noradrénergiques.Les auteurs rappellent des informations importantes sur la phase prémotrice de la maladie : (i) les plaintes non-liées à des symptômes moteurs constituent environ 20% des motifs initiaux de consultations des patients ; (ii) avant le diagnostic, certains patients se sont plaints 10 ans avant le diagnostic par rapport à un groupe contrôle accompagnant la survenue d’un certains nombre de symptômes, notamment de l’humeur pendant cette période.Enfin, les auteurs de cette publication soulignent le recouvrement important existant entre les symptômes des syndromes somatiques fonctionnels (fatigue chronique, fibromyalgie…) et les symptômes non-moteurs accompagnant la maladie de Parkinson. En conclusion, à la lumière de ces éléments, les auteurs proposent que le stress émotionnel chronique induit la perte de neurones dopaminergiques chez certains individus vulnérables et que des syndromes somatiques fonctionnels sont couramment rapportés chez les patients atteints de maladie de Parkinson. Ainsi, la recherche chez des patients parkinsoniens d’une part et d’autres atteints de syndromes fonctionnels somatiques d’autre part, de polymorphisme de gènes connus pour être liés à la régulation du stress, pourrait être une piste de recherche intéressante au cours des prochaines années.

Publié dans neuro Scoop, les cahiers du Parkinson le 29 05 2014.