Qui dort dine ?

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Le manque de sommeil accroît l’attrait de la nourriture

Selon une étude américaine publiée dans la revue Nature Communications, la modification de l’activité cérébrale pourrait être l’une des raisons pour lesquelles les personnes en manque de sommeil mangent plus et prennent du poids. Les patients examinés après une nuit sans sommeil présentaient une diminution de l’activité au niveau du cortex cérébral, responsable de l’évaluation de la satiété. À l’inverse, les régions associées aux impulsions alimentaires étaient particulièrement stimulées.

On a longtemps pensé qu’il existait un lien entre l’augmentation de l’obésité dans les pays industrialisés et la diminution des temps de sommeil. La relation précise entre ces deux phénomènes reste inexpliquée.

Des chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley (États-Unis) ont étudié l’activité cérébrale de 23 participants par le biais de deux examens IRM : le premier réalisé après une nuit entière de sommeil et le deuxième, après une nuit blanche. Ils ont notamment mesuré la modification de l’activité cérébrale des patients à mesure qu’on leur présentait des images comportant 80 types d’aliments différents.

« Nous avons fait une autre découverte intéressante. Les aliments riches en calories attiraient davantage les patients en manque de sommeil », a expliqué le co-auteur de l’étude, Matthew Walker. Ces résultats pourraient « expliquer le lien entre manque de sommeil, prise de poids et obésité. » Par conséquent, l’un des facteurs clés d’un contrôle efficace du poids consiste à dormir suffisamment.

 

 

Une responsabilité de l’âge dans le trouble du comportement en sommeil paradoxal des patients parkinsoniens ?

Silh

Des troubles du comportement en sommeil paradoxal (RBD) sont fréquemment observés dans la maladie de Parkinson. Souvent sous diagnostiqués et sous traités, ils contribuent à la mauvaise qualité de vie des patients et de leurs proches. Lors d’une étude indienne portant sur 126 parkinsoniens consécutifs non déments, certains symptômes, en particulier les tremblements, la rigidité, les troubles de la démarche et le déséquilibre postural, sont apparus moins fréquents chez les parkinsoniens souffrant de RBD (n = 29 ; soit 23 %), que chez les patients exempts (n = 97). En analyse multivariée, seul un âge plus élevé était associé aux troubles du comportement en sommeil paradoxal (p = 0,003 ; Odds Ratio = 1,07 ; intervalle de confiance à 95 % de 1,02 à 1,13). Cette augmentation des RBD avec l’âge semble suggérer un effet de l’âge dans la genèse du RBD.
Dominique Monnier
Rai NK et coll.: REM behavioral disorder (RBD) in Parkinson’s disease. 17th International Congress of Parkinson’s Disease and Movement Disorders (Sydney, Australie) : 16 au 20 juin 2013.