Prévalence élevée des parasomnies dans la maladie de Parkinson

Rêves agités, violents un lien avec Parkinson ?
Les résultats intéressants d’une étude qui laisse penser qu’il y aurait un lien entre Parkinson et les troubles du comportement du sommeil paradoxal.
Publié dans le JIM le 04 07 2014

Prévalence élevée des parasomnies dans la maladie de Parkinson

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Les troubles du comportement en sommeil paradoxal (TCSP) rentrent dans le cadre des parasomnies. Ils s’expriment volontiers sous la forme de la mise en scène des rêves du sujet, avec une bonne dose d’agitation ou de violence qui peut perturber l’entourage. A côté de cette forme classique, il existe d’autres manifestations plus atypiques qui ne sont pas nécessairement reliées à l’activité onirique du sujet. Dans la plupart des cas, l’atonie musculaire qui caractérise le sommeil paradoxal n’est pas au rendez-vous et c’est ce signe qui est le plus évocateur. Quoi qu’il en soit, les TCSP seraient fréquemment observés chez les patients atteints d’une maladie de Parkinson. De fait, les structures du tronc cérébral qui sont l’origine de cette parasomnie sont également impliquées dans les formes précoces de la maladie, au stade qui précède l’apparition des signes moteurs. Les mécanismes qui sous-tendent cette association n’en sont pas moins mystérieux.
Une étude transversale permet d’y voir un peu plus clair, dans laquelle ont été inclus 475 patients atteints d’une maladie de Parkinson. L’évaluation neuropsychologique a été réalisée dans les 3,5 années qui ont suivi le diagnostic probable de TCSP, posé à l’aide d’un questionnaire spécifique, en l’occurrence le RBDSQ (REM Sleep Behaviour Disorder Screening Questionnaire). Un neurologue et une infirmière spécialisée ont dressé le bilan de la maladie de Parkinson, chez tous les participants, en s’aidant d’échelles spécifiques diverses et variées, toutes standardisées, prenant en compte les signes moteurs et non moteurs de celle-ci. Une évaluation de la qualité de vie liée à la maladie a été également effectuée. Tout ce bilan a été effectué sans que les experts aient été informés du diagnostic de TCSP. Le traitement statistique des données a reposé sur des analyses linéaires multiples et une régression logistique qui visaient à établir une relation entre TCSP et troubles liés à la maladie, tout en intégrant la plupart des facteurs de confusion potentiels.
Premier fait saillant : la prévalence élevée des TSCP estimée à 47,2 % (intervalle de confiance à 95 % [IC], 42,7-51,9 %). En second lieu, aucune association n’a été retrouvée entre les troubles moteurs objectifs cotés par les échelles spécifiques et la présence de TSCP.  En revanche, les malades atteints de TSCP ont rapporté plus fréquemment l’existence de difficultés motrices dans les activités de la vie quotidienne. Après ajustement en fonction de l’âge, du sexe, de l’ancienneté de la maladie et des antécédents de tabagisme, les TSCP ont été significativement associés aux symptômes suivants : somnolence (p = 0,001), dépression (p = 0,001) et troubles cognitifs (p = 0,006).
De cette étude, il ressort que la prévalence des TSCP au cours de la maladie de Parkinson est remarquablement élevée, proche de 50 %. Ce phénomène est certainement souvent méconnu, car il est rarement recherché en pratique courante. Il semble être associé à des troubles non moteurs plus fréquents et plus sévères. Il retentirait aussi sur les performances motrices subjectives, tout en altérant la qualité de vie. De ce fait, il mériterait d’être pris en compte dans le bilan de la maladie, car sa prise en charge pourrait avoir des effets positifs, ce qui mérite toutefois d’être confirmé par les études adéquates.
Dr Philippe Tellier
RÉFÉRENCES
Rolinski M et coll. : REM sleep behavior disorder is associated with worse quality of life and other non-motor features in early Parkinson’s disease. J Neurol Neurosurg Psychiatry, 2014; 85: 560-6.
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Les neurones dopaminergiques fœtaux transplantés chez les patients atteints de maladie de Parkinson restent en bonne santé et fonctionnels pendant au moins 14 ans

Des résultats encourageants, de sérieux espoirs.
Vu dans le Quotidien du médecin du 11juin 2014.

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Les neurones dopaminergiques fœtaux transplantés chez les patients atteints de maladie de Parkinson restent en bonne santé et fonctionnels pendant au moins 14 ans, selon une étude publiée dans Cell Reports. Un encouragement pour le développement des thérapies cellulaires basées sur les CSPi dans la maladie de Parkinson.
On peut aujourd’hui affirmer que la transplantation de neurones dopaminergiques fœtaux peut améliorer les symptômes chez les patients atteints de la maladie de Parkinson et peut réduire, voire éliminer, le besoin de L-dopa. L’amélioration clinique ne commence à s’observer qu’un 1 après la greffe généralement, mais les greffons peuvent survivre et fonctionner pendant de nombreuses années. Deux patients, décrits récemment, continuent même de s’améliorer plus de 18 ans après la greffe. Toutefois cette approche thérapeutique n’a été proposée qu’à un nombre limité de patients (une centaine) dans le cadre d’essais cliniques.
La dernière controverse était de savoir si les neurones implantés devenaient malades avec le temps, par un phénomène de propagation de l’alpha-synucléine de l’hôte au greffon à la façon du prion. « Cette étude montre que ce n’est pas le cas ; les neurones survivent et leur croissance se poursuit sur une longue durée », explique au Quotidien le Dr Ole Isacson de l’Université d’Harvard et de l’Hôpital McLean (Boston).
Examens post-mortem
Dans leur étude, Isacson et coll. ont examiné le tissu cérébral post-mortem de 5 patients qui avaient reçu entre 4 à 14 ans auparavant une greffe intracérébrale d’une suspension de neurones dopaminergiques foetaux. « Nos résultats montrent une expression forte des transporteurs de dopamine et l’absence d’anomalies morphologiques des mitochondries dans les neurones dopaminergiques implantés, ceci jusqu’à 14 ans après la transplantation. Nos données suggèrent donc que les neurones dopaminergiques transplantés peuvent demeurer en bonne santé et rester fonctionnels pendant des décennies », souligne le Dr Isacson. Ces données réfutent donc l’idée que ces greffons dégénèrent au fil du temps. Les chercheurs espèrent maintenant progresser vers d’autres sources de neurones dopaminergiques, notamment les cellules souches progénitrices induites (CSPi).
« Ce travail signifie que les approches de thérapie cellulaire basées sur les cellules souches, telles que celles utilisant les propres cellules souches du patient (CSPi) pour créer de nouveaux neurones, ont une chance raisonnable de succès en offrant un bénéfice long-terme pour les patients », estime le Dr Isacson. « La prochaine étape, sera de développer le même type de neurones dopaminergiques à partir des CSPi des patients afin de les transplanter dans de futurs essais cliniques ».
Dr Véronique Nguyen
Cell 6 juin 2014, Hallett et coll.

Maladie de Parkinson : la lévodopa élue meilleur traitement

La Levo Dopa en tête de liste des meilleurs médicaments dans la MP.

Publié dans le Quotidien du pharmacien le 11 juin 2014.

Maladie de Parkinson : la lévodopa élue meilleur traitement
11.06.2014
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CRÉERUNE ALERTE
Une étude publiée dans le « Lancet » montre que la lévodopa est le meilleur traitement initial de la maladie de Parkinson. L’étude a inclus 1 620 patients atteints de maladie de Parkinson précoce répartis en trois groupes. Ils ont reçu soit un agoniste dopaminergique, soit un IMAO, soit de la lévodopa. Au bout de 7 ans de suivi, on observe dans le groupe lévodopa un petit bénéfice sur la mobilité, la cognition, la communication et la qualité de vie par rapport aux deux autres groupes, et cela malgré une augmentation des problèmes moteurs. « Une différence minime, certes mais qui place la lévodopa comme meilleur traitement initial pour la majorité des patients », se félicite le Pr Richard Gray (université d’Oxford, Royaume Uni), co-auteur de l’article.
La lévodopa est le traitement le plus couramment utilisé en traitement de la maladie de Parkinson. Toutefois, elle peut entraîner, après une utilisation prolongée, des dyskinésies (tremblements) et des mouvements anormaux. D’où une réticence à y recourir chez les patients les plus jeunes. « Dans la pratique clinique, la plupart des patients de moins de 60 ans sont traités initialement avec un agoniste dopaminergique ou un IMAO pour éviter les complications motrices de la lévodopa », explique Richard Gray. En effet, le risque moteur est moindre avec les agonistes dopaminergiques et les IMAO, mais d’autres effets secondaires peuvent apparaître, comme des nausées, hallucinations, œdèmes, perturbation du sommeil avec ces médicaments plus récents. Toutefois, l’étude du « Lancet » pourrait venir révolutionner les pratiques : « nous avons effectivement mis en évidence que la lévodopa était meilleure que le plus coûteux des agonistes dopaminergique, quel que soit l’âge du patient », commente Richard Gray.
Source : Lequotidiendupharmacien.fr
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L’effet pharmacologique du cannabis thérapeutique part en fumée.

Le cannabis thérapeutique, un leurre au service de
la dépénalisation

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Publié le 07/06/2014
Paris, le samedi 7 juin 2014 – Il y a un an, quasiment jour
pour jour, paraissait au Journal of iciel un décret
abrogeant l’impossibilité en France d’avoir recours au
cannabis, en vue d’un usage thérapeutique. Sous l’égide de
cette nouvelle réglementation « les médicaments
contenant des dérivés du cannabis vont pouvoir demander
des autorisations de mise sur le marché » expliquait à
l’époque le ministère de la Santé. Six mois plus tard, on
apprenait qu’après l’avis favorable de l’Europe à
l’homologation en France du Sativex (composé de delta­9­
tétrahydrocannabinol et de cannabidiol), l’autorisation de
mise sur le marché français lui avait été accordée. Si des
discussions sont encore en cours concernant la version
définitive de l’Autorisation de mise sur le marché (AMM), il
est désormais quasi certain que ce médicament déjà
disponible dans 23 pays dont dix sept états Européens sera
bientôt accessible en France. Son utilisation devrait
cependant être accompagnée d’importantes précautions (la réglementation appliquée
devrait être là même que celle des traitements à base d’opiacés) et d’une surveillance très
stricte.
Cependant, ces mesures ne sont pas suf isantes pour rassurer ceux qui s’opposent à une
telle évolution et d’une manière globale à l’utilisation du cannabis à des fins
thérapeutiques, sous n’importe quelle forme. Le professeur de pharmacologie Jean
Costentin, spécialiste des addictions et membre des Académies de médecine et de pharmacie
y voit en ef et une dérive dangereuse. Dans un exposé très complet, s’intéressant une
nouvelle fois au mécanisme d’action du tétrahydrocannabinol, il souligne non seulement
que le rapport bénéfice/risque du cannabis thérapeutique est très défavorable, mais aussi
que l’autorisation du cannabis thérapeutique est une étape vers la dépénalisation,
perspective dont il a déjà signalé, y compris dans nos colonnes, combien elle serait
dangereuse à ses yeux.
Par le professeur Jean Costentin*
Sous des pressions idéologiques, dans une démarche concertée avec d’autres visant à la dépénalisation du
cannabis (préalable à sa légalisation), par une évidente démagogie, le ministère de la Santé vient, après le
désastreux signal de l’autorisation des « salles de shoots » pour les toxicomanes, de prendre un décret visant
Professeur Jean Costentinà autoriser le cannabis à des fins thérapeutiques.
Cet exposé, conçu à l’intention des patients atteints de sclérose en plaques et des personnes qui leur sont
proches, prendra particulièrement en considération ce contexte pathologique, mis en exergue, pour tenter
de justifier un usage thérapeutique de ce cannabis.
Il est vrai que son principe actif majeur, le tétrahydrocannabinol (THC) agit, modestement mais sûrement,
sur trois composantes pathologiques de la S.E.P. :
– son effet immunodépresseur, qui pourrait diminuer l’agressivité du processus auto-immun, par lequel
l’organisme fabrique des anticorps dirigés contre la gaine de myéline des nerfs ; ce qui détermine la
démyélinisation, qui trouble leur conduction ;
– son effet myorelaxant, pour réduire les spasmes et autres contractures que l’affection peut susciter ;
– son effet analgésique, pour réduire l’intensité des douleurs suscitées par les précédentes contractures.
Présenté ainsi on serait tenté de conclure à une heureuse conjonction d’effets, justifiant le recours au THC
dans la S.E.P., d’autant que certains patients qui en ont « bénéficié » ne tarissent pas d’éloges à cet égard.
Un effet antalgique équivalent à celui du paracétamol
Notons tout d’abord qu’il s’agit d’une drogue, d’un agent toxicomanogène et qu’ainsi celui/celle qui s’en
approche pendant un certain temps en devient dépendant ; il ne supporte plus d’en être privé, ce qui peut
expliquer l’apologie démesurée qu’il fait du produit de son addiction.
Soulignons ensuite que si les trois effets revendiqués sont, à un certain degré, vérifiables, ils sont
quantitativement modestes. Chacun d’eux est d’une intensité très inférieure à celle des médicaments de
référence utilisés en cette matière.
L’effet immunodépresseur ou immunomodulateur des sérums anti lymphocytaires d’antan, des imurel,
méthotrexate, mitoxantrone, chlorambucil, des doses élevées de glucocorticoïdes, ou des interférons,
l’emporte de très loin sur ceux du THC.
De même l’effet myorelaxant, l’effet antispastique, du THC est bien faible comparé à celui du tétrazépam
(Myolastan®, qui vient pourtant d’être retiré du marché en raison de très rares mais parfois graves
accidents cutanés), du baclofène (Liorésal®) ou du dantrolène (Dantrium®). Quant à l’effet antalgique du
THC il se situe entre celui du paracétamol et celui de l’aspirine, bien en deçà de ceux de la codéine ou du
tramadol.
Un rapport bénéfices/risques très défavorable
Ce qui qualifie un médicament, relativement à un toxique (poison) c’est son rapport bénéfices/risques ; quels
bénéfices peut on espérer que le patient en retirera vis-à-vis de sa pathologie et quels risques il encourra en
l’utilisant. Avec le THC, comme on vient de le dire, les bénéfices seront modestes, alors que les risques
seront, eux, nombreux et parfois graves. Les méfaits du THC sont multiples, à la mesure du grand nombre et
du caractère diffus des deux cibles principales de son action, les récepteurs CB1 (au niveau cérébral) et CB2
(au niveau du corps). Ces récepteurs, auquel le THC se fixe réversiblement pour agir, sont portés par la
membrane des cellules. Ils constituent des sortes de guichets, auxquels le THC vient s’adresser pour
communiquer des ordres aux cellules qui les portent. Dans le cerveau, de tous les types connus de récepteurs
(au nombre de plus de trois cents) à l’écoute de la centaine de types de neuromédiateurs impliqués dans les
dialogues entre les cellules, les récepteurs CB1 sont les plus nombreux ; ils sont présents dans presque toutesles structures cérébrales, quoique certaines structures, telles le cervelet, le striatum, l’hippocampe, en
comportent beaucoup plus que d’autres. C’est pour cette raison que le THC suscite simultanément un très
grand nombre d’effets. Ce seul constat l’invalide déjà comme médicament. C’en est fini, depuis longtemps,
des thériaques, panacées et des « sirops Typhon ». A un médicament correspond un effet majeur, à la
rigueur on tolère quelques effets latéraux, mais point trop n’en faut. Dans la multiplicité d’effets suscités par
le THC, nous mettrons en exergue quelques uns d’entre eux :
– Le THC induit une ivresse, une ébriété, incompatible avec la conduite des engins à moteur ou avec
l’exercice d’un certain nombre de professions.
– Il induit des troubles de l’équilibre et de la coordination motrice ; ce qui est particulièrement
malencontreux chez ceux dont la pathologie expose déjà à ces troubles.
– Il affecte la mémoire à court terme / la mémoire de travail / la mémoire opérationnelle / working memory ;
ce qui perturbe l’action, sa programmation, sa réalisation ; ce qui empêche également de forger une mémoire
à long terme.
– Le THC peut susciter des délires (état de rêve éveillé, pensées coupées du réel) ainsi que des hallucinations
(perceptions erronées, fallacieuses).
– Il ouvre l’appétit (orexigène), or un accroissement de la consommation de nutriments, coïncidant avec une
diminution de la dépense énergétique (qui résulte des effets sédatifs du THC mais aussi, chez un patient
présentant un handicap moteur, d’une limitation de l’exercice), aura pour conséquence une prise de poids,
parfois importante. Outre qu’elle pourra altérer l’esthétique du patient, elle rendra sa mobilisation plus
difficile, tant pour lui que pour ceux qui l’assistent.
– Le THC induit des troubles de l’équilibre, des troubles de la coordination motrice, une dysmétrie. Ce
tableau ressemble au syndrome cérébelleux qui est une expression fréquente de la S.E.P. ; le THC ainsi
l’aggravera.
– Dans cette S.E.P., où le patient a spécialement besoin d’un psychisme équilibré pour affronter le handicap
qui lui est infligé, l’effet stupéfiant, onirogène, l’effet « planète » du cannabis, l’amènent dans un état
d’ivresse, apragmatique, avec des rires bêtes, immotivés, des troubles de l’élocution, avec la recherche du
mot, le passage du coq à l’âne, avec une distorsion de la personnalité, une perte de l’estime de soi, un
renoncement, une négligence, un retrait social…
– Le THC, en diminuant la sécrétion de l’hormone mâle, la testostérone, diminue la libido, ce qui peut
aggraver les troubles de cette nature, fréquents chez les patients atteints de S.E.P.
– Enfin, des données récentes (portant il est vrai sur le cannabis fumé et non pas le seul THC), montrent sa
toxicité cardio-vasculaire, avec des artérites, le déclenchement d’infarctus du myocarde, la survenue
d’accidents vasculaires cérébraux…
Un bricolage pharmacologique
Mal à l’aise pour commercialiser le THC en tant que médicament, un laboratoire pharmaceutique l’a associé
au cannabidiol. Il est prêté à cet autre composant du chanvre indien, au mécanisme d’action mal connu, le
pouvoir de potentialiser les effets recherchés du THC, et de relativiser ses effets les plus délétères. En l’état,
ce Sativex®, qui s’administre en spray nasal, apparaît au pharmacologue rédacteur de ce texte, comme un «
bricolage », loin des démarches rigoureuses qui président désormais au développement de vrais et nouveaux
médicaments.
La pharmacocinétique correspond à l’étude du devenir de la molécule thérapeutique dans l’organisme. Celui
du THC est singulier, du fait de son exceptionnelle solubilité dans les lipides/graisses de l’organisme. De ce
fait le THC s’attarde des semaines dans l’organisme. Parmi tous les médicaments connus, seule l’amiodarone
(un anti-angoreux, anti-arythmique) connaît un tel stockage et une telle rémanence d’effet ; ce qui n’est pasdu tout considéré comme un avantage, et complique les choix posologiques.
Les interactions du THC avec d’autres médicaments sont nombreuses et parfois importantes. Il potentialise
les effets des divers agents sédatifs/psycholeptiques (benzodiazépines si largement utilisées,
antihistaminiques sédatifs, méprobamate, divers médicaments psychotropes…) sans oublier son association
très détériorante avec l’alcool. Il interagit encore avec un système de résorption et d’excrétion cellulaire de
différents médicaments (la glycoprotéine P).
Autorisation du cannabis à des fins thérapeutiques, dépénalisation et légalisation : même
combat
On aurait pu commencer par là, mais nous avons gardé le pire pour la fin. Le THC est une drogue, un agent
toxicomanogène, donc une substance génératrice d’une pharmacodépendance, d’une addiction. Son
utilisation répétitive aboutit non seulement à l’adopter mais aussi à ressentir le besoin tyrannique de le
consommer pour échapper aux troubles associés à sa privation. Son pouvoir d’accrochage est intense. Il
suffit, pour s’en convaincre, de constater qu’en dépit de son caractère illicite le cannabis recrute déjà dans
notre pays 1 600 000 usagers réguliers qui, ainsi, en usent régulièrement en raison de leur incapacité à s’en
passer.
Après avoir éprouvé dans les premières semaines de son usage des effets anxiolytiques et même de type
antidépresseur, qui contribuent au développement de l’appétence qu’il suscite, ces effets s’amenuisent au fil
du temps, au point que l’anxiété deviendra plus vive qu’elle n’était primitivement et que l’humeur pourra
devenir franchement dépressive, voire suicidaire ; dans le contexte de la S.E.P. ces troubles sont
particulièrement malencontreux.
On voit ainsi que dans une des principales pathologies où le cannabis/THC a des prétentions thérapeutiques,
les bénéfices escomptés sont d’une grande modestie, alors que les risques encourus, curieusement occultés,
peuvent être considérables.
Les lobbies prônant la légalisation du cannabis sont à la manœuvre dans de nombreux pays ; ils ont obtenu
gain de cause dans quelques uns d’entre eux ; soit par l’autorisation du recours au cannabis à des fins
thérapeutiques, soit en obtenant la dépénalisation de l’usage ludique du cannabis, soit même la légalisation
de cette drogue (Uruguay). Ce sont trois stades d’une même démarche. En France, quelques addictologues
avancent à visage découvert, en se faisant tonitruants dans chacune de ces strates en vue de sa légalisation
(ainsi l’ANPAA, acronyme d’« Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie », cherchez
l’erreur !).
Un décret fumeux
Le décret précité du ministère de la Santé s’inscrit au cœur d’une campagne apparemment concertée des
tenants de la légalisation de cette drogue (déclaration de la ministre du logement ; déclaration du ministre de
l’éducation nationale, dépôts en préfecture des statuts d’association loi 1901 de « cannabis social clubs » ;
relais médiatiques ne tendant leurs micros qu’aux prosélytes de cette drogue…). Ce décret a été précipité. Il a
même pris de cours une commission d’étude de l’Assemblée Nationale, qui allait se réunir à l’instigation d’un
ancien ministre de l’intérieur (pro-légalisateur). Il n’a tenu aucun compte des opinions très négatives
exprimées par l’Académie nationale de médecine, ainsi que celle de pharmacie, qui réunissent les meilleurs
experts nationaux cliniciens, pharmacologues et toxicologues sur ce sujet. L’urgence semblait telle que ce
décret prenait effet dès le lendemain de sa publication au J.O. Ce décret a été rédigé d’une façon bâclée,
puisqu’il fait mention « du cannabis et de ses dérivés », comme si une plante avait des dérivés ; il voulait sans
doute parler des composants (on pensait que les textes ministériels étaient plus sérieusement rédigés) ;enfin, tel qu’il est rédigé, ce décret valide la presque centaine de dérivés cannabinoïdes (pour le cas où il
n’envisagerait que ceux-ci) que peut recéler cette plante. On est confondu par une telle globalisation, qui
devra figurer dans les annales de ce ministère…

Au total, la santé de nos concitoyens vaut beaucoup plus que ces manœuvres, pétries d’une idéologie que
leurs défenseurs ne prennent même pas la peine de travestir. Quant à autoriser comme médicament une
drogue, dont on connaît, avant sa commercialisation, les multiples et parfois très graves méfaits (par
exemple le risque de décompensation ou d’aggravation d’une psychose ; ou l’effet désinhibiteur avec auto ou
hétéro agressivité…), a quelque chose de surréaliste. Cette aberration intervient à une période où l’on
élimine à tout va de la pharmacopée des médicaments qui y avaient droit de cité depuis des dizaines d’années,
estimant, avec le recul du temps, que leurs rapports bénéfices/risques apparaissent désormais insuffisants…
Logique, cohérence, rigueur, science et épidémiologie ont manifestement déserté la santé publique !
* Professeur émérite de pharmacologie
Directeur de l’unité de neuropsychopharmacologie expérimentale associée au CNRS (1984-2008) ; directeur
de l’unité de Neurobiologie clinique du CHU de Rouen (1999-2010) ;
Membre titulaire des académies nationales de Médecine et de Pharmacie ;
Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les toxicomanies (C.N.P.E.R.T.,
depuis 2007).
Les intertitres sont de la rédaction.
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Liens entre performances cognitives et paramètres locomoteurs lors de situations de marche en simple et double tâche dans la maladie de Parkinson

Une étude intéressante, un peu technique qui démontre une situation que j’ai constaté très tôt depuis que j’ai la MP.
Il existe une relation de cause à effet entre les fonctions cognitives et les paramètres locomoteurs pendant la marche.
Il est très difficile pour moi de faire deux choses en même temps, par exemple marcher et parler. En effet je n’arrive pas à me concentrer à la fois sur ma façon d’avancer et sur la conversation que j’ai avec une personne.
Alors que chez le non parkinsonien c’est d’une évidence que l’on n’y pense même pas.
Pour nous il faut penser, réfléchir à tout ce que l’on va faire avant d’agir. Il n’y a plus de spontanéité, plus rien n’est automatique.

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Liens entre performances cognitives et paramètres locomoteurs lors de situations de marche en simple et double tâche dans la maladie de Parkinson
Par Thierry Lelard (Université de Picardie Jules-Verne)Article commenté :Associations Between Cognitive and Gait Performance During Single- and Dual-Task Walking in People With Parkinson DiseaseStegemöller EL, Wilson JP, Hazamy A et al.Phys Ther. 2014 Apr 10. [Epub ahead of print]► 

Dans la maladie de Parkinson, la dégradation des fonctions motrices peut s’accompagner du déclin des fonctions cognitives. La marche et les fonctions cognitives répondent partiellement aux traitements, il semble que ces troubles proviennent en partie de structures non-dopaminergiques. Ainsi, les auteurs ont choisi d’étudier les relations entre les performances cognitives et la performance de la marche dans la maladie de Parkinson.Dans la littérature, la dégradation de la locomotion avec l’augmentation de la demande attentionnelle sur une autre tâche est bien documentée. Dans cette étude, les auteurs ont cherché à mettre en relation les paramètres spatio-temporels de la marche et les performances cognitives établies dans 3 domaines (fonctions exécutives et attention, mémoire de travail et la vitesse de traitement). Trente-cinq patients (66,2 ans) ont été testés en phase médicamenteuse (MMSE> 24, sans troubles psychiatriques, pas de fluctuations motrices). Une large batterie de tests cognitifs passés chez les patients a permis de déterminer leurs performances cognitives. Les paramètres cinématiques ont été collectés à partir d’un système d’analyse vidéo 3D. L’évaluation de la marche a été réalisée sur 12 m, 10 essais de marche à vitesse spontanée et 5 essais en comptant à rebours (soustraction de 3 en 3). Comme attendu, la marche est affectée par la double tâche : la diminution de vitesse avec la double tâche peut refléter la prise en compte d’une difficulté liée au partage de l’attention mais est aussi accompagnée d’une dégradation de la longueur du pas et d’une variabilité de la largeur du pas.Les corrélations mises en évidence permettent de démontrer la longueur du pas et la vitesse de marche sont associées aux mesures reflétant la vitesse de traitement. Par contre, la variabilité de la longueur du pas est associée aux mesures des fonctions exécutives et attentionnelles.Pour les auteurs, le lien entre cognition et marche met en évidence un système de contrôle partagé entre les deux activités. En s’appuyant sur des études en neuroimagerie, ils estiment que l’association des troubles de la marche et des performances cognitives met en évidence des structures communes au niveau des régions frontales et pariétales (la vitesse de marche et longueur du pas) mais aussi dans le cortex préfrontal (largeur du pas). Ces résultats suggèrent que le contrôle de la marche est associé à différents domaines cognitifs qui seront différemment affectés par la réalisation d’une double tâche pendant la marche. La meilleure connaissance des liens entre fonctions cognitives et locomotrices pourra permettre d’adapter les stratégies de rééducation de la marche selon la nature des troubles présentés par le patient.
Date de publication : 26-05-2014

L’Amantadine , un bénéfice sérieux sur les dyskinésies induites par la LDOPA .

L’Amantadine , un bénéfice sérieux sur les dyskinésies induites par la LDOPA .
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Publié dans les cahiers du Parkinson .

Amantadine : preuve d’une durée d’efficacité sur les dyskinésies induites par la L-Dopa
Par Olivier Colin (CHU Poitiers)Article commenté :Withdrawing amantadine in dyskinetic patients with Parkinson disease: the AMANDYSK trial. Ory-Magne F, Corvol JC, Azulay JP et al.Neurology. 2014 ; 82(4):300-7► 

L’amantadine est le seul traitement validé des dyskinésies de pic de dose induites par la lévodopa (LID) dans la maladie de Parkinson (MP). Cependant, la durée de son efficacité est débattue, et limitée pour certains auteurs. De même, ce traitement n’avait pas montré sa supériorité contre le placebo dans un essai de sevrage en amantadine.L’objectif de cette étude était d’évaluer le bénéfice à long terme d’un traitement par amantadine sur les LID. Il s’agissait d’une étude multicentrique (centres français) de wash-out d’amantadine d’une durée de 3 mois randomisée en double aveugle contre placebo en deux bras parallèles.Cinquante-six patients parkinsoniens traités depuis au moins 6 mois par amantadine à 200 mg par jour ont été inclus. Un bras (n=27 patients) continuait l’amantadine, l’autre bras  (n=29) stoppait progressivement l’amantadine (en quatre jours) et « switchait » donc vers le placebo.           Le critère principal de jugement était la gravité des dyskinésies évaluée par les items 32 et 33 de la partie IV de l’UPDRS. Ce sous-score de dyskinésies augmentait davantage dans le groupe placebo et cela de manière statistiquement significative (+1.7 versus +0.2 dans le bras amantadine, p=0.003). Cela restait valable après ajustement sur la dose de traitement dopaminergique, l’âge et la sévérité des dyskinésies.Par ailleurs, 29 patients sont sortis d’étude prématurément, avant la fin des trois mois : 21 en raison d’une aggravation des dyskinésies, dont 18 du groupe ayant switché vers le placebo. C’est donc essentiellement la réapparition des dyskinésies qui explique le nombre de sorties prématurées dans le groupe placebo. 52% sont sortis d’étude au cours de la première semaine et 28% durant la deuxième semaine de l’étude.D’autre part, il n’y avait pas de différence sur les symptômes moteurs parkinsoniens autres (UPDRS) et il a été mesuré une aggravation sur les scores de fatigue et d’apathie pour les patients randomisés dans le bras placebo. Ainsi, les résultats montrent que l’arrêt de l’amantadine s’accompagne dans les jours suivants (médiane : 7 jours) d’une aggravation des dyskinésies (possible effet rebond) et confortent l’hypothèse du bénéfice symptomatique (au moins sur les LID) d’un traitement chronique par amantadine, et ce même après plusieurs mois de traitement.  
Date de publication : 26-05-2014

Le stress a-t-il une influence sur la survenue de la maladie de Parkinson ?

Le stress a-t-il une influence sur la survenue de la maladie de Parkinson ?

stress

Une question qui fait débat.
Par Harold Mouras (Laboratoire de Neurosciences Fonctionnelles et Pathologies, CNRS – UMR 8160)Article commenté :Can stress trigger Parkinson’s disease? A Djamshidian, AJ LeesJ Neurol Neurosurg Psychiatry. 2013 Nov 20. doi: 10.1136/jnnp-2013-305911.► 

Dans cet article, les auteurs élaborent sur une question en débat depuis de nombreuses années : « Le stress peut-il avoir une influence sur la survenue de la maladie de la maladie de Parkinson ? ». Dans cet article, l’hypothèse des auteurs est qu’un stress chronique pourrait induire une dégénération de la voie nigrostriée chez certains individus vulnérables.Pour eux, le stress se définit comme « un état de tension mental ou émotionnel résultant de conditions difficiles ». Un stress chronique peut induire une activation prolongée d’un certain axe neural de commande (l’axe HPA) et conduire à un déficit des processus de contrôle du stress. Une étude a montré que les patients stressés avaient un risque accru de 2,7% de développer une maladie. De nombreuses données montrent aussi un effet du stress sur l’activité neuronale : atteintes motrices, réduction de l’activité dopaminergique dans différentes aires cérébrales.Les auteurs rappellent une série de mécanismes possibles de l’effet du stress sur la dégénérescence neuronale : (i) réduction des défenses immunitaires ; (ii) déclenchement des réponses de type inflammatoire ; (iii) toxicité potentielle de la dopamine libérée dans le cytoplasme des cellules. Dès lors, le stress émotionnel peut-il induire des symptômes tels que ceux observés dans la maladie de Parkinson ? Certains rapports médicaux de le première Guerre mondiale relatent certains soldats présentant des symptômes proches de la maladie de Parkinson. Les auteurs décrivent certains cas de patients atteints dont la réduction du stress chronique améliora certains symptômes de la maladie.A l’appui de leur hypothèse, ils citent également le cas de la kinésie paradoxale intervenant dans des situations catastrophiques (tremblement de terre, etc…) où les patients parkinsoniens peuvent surpasser, parfois de façon très spectaculaire, leurs atteintes motrices. Cet effet pourrait s’exercer notamment via l’activation des voies noradrénergiques.Les auteurs rappellent des informations importantes sur la phase prémotrice de la maladie : (i) les plaintes non-liées à des symptômes moteurs constituent environ 20% des motifs initiaux de consultations des patients ; (ii) avant le diagnostic, certains patients se sont plaints 10 ans avant le diagnostic par rapport à un groupe contrôle accompagnant la survenue d’un certains nombre de symptômes, notamment de l’humeur pendant cette période.Enfin, les auteurs de cette publication soulignent le recouvrement important existant entre les symptômes des syndromes somatiques fonctionnels (fatigue chronique, fibromyalgie…) et les symptômes non-moteurs accompagnant la maladie de Parkinson. En conclusion, à la lumière de ces éléments, les auteurs proposent que le stress émotionnel chronique induit la perte de neurones dopaminergiques chez certains individus vulnérables et que des syndromes somatiques fonctionnels sont couramment rapportés chez les patients atteints de maladie de Parkinson. Ainsi, la recherche chez des patients parkinsoniens d’une part et d’autres atteints de syndromes fonctionnels somatiques d’autre part, de polymorphisme de gènes connus pour être liés à la régulation du stress, pourrait être une piste de recherche intéressante au cours des prochaines années.

Publié dans neuro Scoop, les cahiers du Parkinson le 29 05 2014.

Journée mondiale Parkinson à Nancy

journeemondiale

Le 15 mai à 14 heures salle Raugraff rue des Ponts à Nancy a eu lieu la restitution locale de la journée mondiale Parkinson. Elle était organisée par l’antenne locale de France Parkinson, le comité 54, qui a pour déléguée Lydia Rubert. Pour l’occasion Mathilde Laederich, directrice de FP avait fait le déplacement pour assister à la présentation des différents ateliers.

Après un discours de bienvenue prononcé par Lydia , Mathilde a enchainé avec un résumé de l’historique et des missions de l’association illustré par des diapos.
Le premier intervenant était le Dr Gospodaru, neurologue à Maxéville qui a parlé des avancées futures dans la MP, un sujet apprécié par l’auditoire attentif car expliqué de façon claire et sans langue de bois.
Ensuite un exposé sur « le vélo autrement  » préparé par le club handisport cyclisme de Lunéville ainsi que la maison du vélo de Nancy nous a permis de constater que la bicyclette peut être accessible à tous.
Pour rester dans le domaine sportif Pascale nous a fait une démonstration convaincante de Speed-ball qu’elle pratique régulièrement avec une certaine maîtrise.

Ci joint quelques photos et liens en rapport avec cette journée.
Les photos du public et de certains intervenants ne seront pas publiés respectant ainsi la vie privée de chacun.

  • Mathilde Laederich et Lydia Rubert
  • Mathilde Laederich et Lydia Rubert
  • Dr Razvan Gospodaru
  • Dr Razvan Gospodaru

Pendant la pause une vidéo nous a montré les bienfaits de la musicothérapie et du tango activité pratiquée à Bayon par certains adhérents .
Une ergothérapeute ainsi qu’un médecin le Dr Vencon de Lay St Christophe sont venus nous parler des troubles de la vision dans la MP, symptômes qui ne sont pas toujours reconnus comme tels dans cette maladie.
Un joli diaporama  » Le chemin de Compostelle » était accompagné d’un texte très touchant écrit par Dominique, un passionné de voyage, de lecture et de marche et nous nous prouve que malgré la maladie on peut pratiquer à son rythme une activité physique. Le récit était lu par Lydia.
Entre chaque sujet des comédiens en herbe nous ont joué quelques saynètes. En effet quelques adhérents participent  deux fois par mois à un atelier théâtre animé par Philippe Huriet depuis 3 ans.

Un invité surprise Cédric Heda, dont la mère est atteinte de Parkinson nous a appris de quelle façon il s’investit pour nous parkinsoniens .
Ce jeune homme, très sympathique, militaire de carrière réalise régulièrement des courses de trail pour sensibiliser le public à notre maladie. Il est courageux, très motivé et nous apprécions son engagement.

Cédric Heda qui lui s’investi pour nous en tant que fils d’une parkinsonienne. 
Le mot de la fin est revenu à Mme Pernet conseillère municipale aux personnes âgées et  du handicap.

Mathilde s’est entretenue avec quelques personnes, nous a encouragé et assuré du soutien de France Parkinson.
Elle nous a fait part de son admiration et sa reconnaissance pour Alexis l’acteur principal du clip vidéo  » Libérons le mouvement « .

Remerciements à la ville de Nancy, à tous ceux et celles qui ont répondu à l’invitation de cette journée, Mathilde, à Lydia, aux membres du comité qui ont préparé cette après-midi bien remplie et très intéressant  aux différents intervenants, sans oublier Chantal notre kiné de service , et bien évidement à Marie Catherine qui a organisé et gère cet manifestation d’une main de maître, assistée d’une stagiaire.

 Le témoignage de Jean Paul Clément. notre ancien délégué départemental, qui n’a pas pu assister à cette rencontre.

Le récit d’Alexis, c’est lui sur l’affiche qui porte notre flambeau.

La saynète les « Retrouvailles  » est écrite, mise en scène et interprétée par Labrunette et Marie Christine .
Voici le texte mais pas la vidéo, le cameraman ayant eu quelques soucis techniques. Nous ne lui en tenons pas rigueur bien évidement :

Saynète sur Parki – Duo Mary et Marie Christine

Plusieurs années se sont écoulées et deux amies se croisent, par hasard, au détour d’une boutique de prêt-à-porter.

Elles sont devant un portant d’habits et en ressortent le même vêtement, un pull noir.

Elles se bousculent par mégarde, se regardent et se reconnaissent, surprises.

M. Ah ! Marie-Christine ! Comment vas tu ?

MC. Bof

M. Ton mari ? Tes enfants ? (froncement de sourcils)

MC. Bof

M. Comment cela Bof ? (interrogative, c’est le cas de le dire au vu du point d’interrogation, mdr)

MC. J’ai des soucis

M. Ah ? Tu veux m’en parler ?

MC. Je suis malade depuis quelque temps

M. C’est grave ?

MC. Plutôt, oui !

M. Tu veux que je te dise quelque chose ?

MC. Quoi ?

M. Moi aussi je suis malade

MC. Ah bon, toi aussi ! Et c’est grave ?

M. Disons que c’est une maladie que l’on peut soigner mais que l’on ne peut pas guérir  et sur laquelle les personnes ont des « a  priori »

MC. C’est à dire ?

M. On croit qu’elle ne concerne que les personnes d’un certain âge, la preuve que non. Et puis, il arrive que la confonde avec une autre maladie.

au cours de la conversation, je sors un mouchoir de quelque part et je me mets à trembler

MC. Tu trembles ?

M. Pourquoi ca se voit tant que ça ? Dis-moi voir, est ce que tu trembles aussi ?

MC. Moi ! Non. Par contre, j’ai des pertes d’équilibre et il m’arrive de tituber

M. Tiens donc ! Excuse moi cette pensée mais as tu des problèmes avec l’alcool ?

MC. Mais non, enfin voyons !!

M. Tu sais je te dis ça parce quand je bois un petit coup, j’ai ce problème là

MC. Pourquoi tu bois ?

M. Mais non, ce n’est pas du tout ce que tu crois !

MC. Parce que dès que l’on tremble, que l’on perd l’équilibre et que l’on titube, on pense tous àl’alcoolisme !  Mais, comme je te l’ai dis, ce n’est pas ça. Disons que j’ai en plus de mes pertes d’équilibre, des contractures et je ne tiens pas en place

M. J’ai l’œil tu sais ! Je l’avais remarqué. Maintenant je sais ce que tu as

MC. Moi aussi, je sais ce que tu as

M. Ah oui ? Nous avons un point commun alors ? En plus, avoue que de se retrouver après tant d’annéesdansla même boutique et avec le même pull, avoue que c’est plutôt dingue !

MC. Le destin !

M. Pfff ! Quel destin de merde !

MC. Au contraire, si le destin nous a permis de nous retrouver, c’est qu’il y a une bonne raison

M. C’est vrai  tu as raison ! En tout cas, je refuse que Parkinson me pourrisse la vie et maintenant que tu es là, je sais que nous pouvons compter l’une sur l’autre. Tu veux ?

MC. Tu sais ! J’ai le même état d’esprit que toi et moi aussi je refuse de m’apitoyer sur mon sort

M. Tant mieux alors ! Je suis heureuse et toi ?

MC. Oh ouiiiii !

Nous partons bras dessus dessous vers la sortie

 MC. tu vas ou là ?

M. chez le neurologue

MC. Oh ça tombe bien ! Moi aussi