La LDopa en première intention dans le traitement dans la MP serait elle la meilleure thérapeutique ?

La LDopa en première intention dans le traitement dans la MP serait elle la meilleure thérapeutique ?

Initiation du traitement antiparkinsonien : vers un changement des pratiques ?

l-dopa

Par Mr Olivier Colin (CHU Poitiers)
Article commenté :
Long-term effectiveness of dopamine agonists and monoamine oxidase B inhibitors compared with levodopa as initial treatment for Parkinson’s disease (PD MED): a large, open-label, pragmatic randomised trial. 
PD Med Collaborative Group.
Lancet. 2014 ; 384(9949):1196-205

► Retrouvez l’abstract en ligne

Gray et al. ont mené dans une population britannique une étude pragmatique et écologique adaptée à la pratique clinique, en ouvert et en intention de traiter, dans laquelle des patients parkinsoniens nouvellement diagnostiqués étaient randomisés en trois stratégies thérapeutiques.
Deux de ces stratégies étaient en fait regroupées en une seule, dite traitement épargneur de la levodopa (un traitement par agonistes dopaminergiques laissé au choix ou un traitement par IMAO B). Dans les deux cas, dans le suivi, un switch entre les classes médicamenteuses était autorisé, de même qu’un ajout de la levodopa (étude pragmatique).
L’autre stratégie thérapeutique comprenait un traitement substitutif dopaminergique par levodopa. Le critère de jugement principal était la qualité de vie mesurée par l’échelle PDQ39 (dans son sous-score mobilité). Le suivi était effectué à six mois, puis annuellement avec une médiane de suivi à 3 ans. Le suivi a été poursuivi jusqu’à sept ans pour certains patients.

Dans cette vaste étude menée sur près de dix ans (inclusions menées de 2000 à 2009) dans laquelle plus de 1600 patients ont été inclus, il apparaît un bénéfice du traitement par levodopa sur la qualité de vie des patients (bénéfice de 1.8 point sur la PDQ 39 dans son sous-score de mobilité), et ce quel que soit l’âge des patients.
De même, la levodopa apparaît la thérapeutique la plus efficace et la mieux tolérée. Le pourcentage de patients changeant de classe thérapeutique était de 75% pour les patients sous IMAO, 50% sous agonistes dopaminergiques et que de 7% sous levodopa, à sept ans de suivi. De même, il est intéressant de noter que pour les patients traités par la stratégie d’épargne de la levodopa, les doses calculées en équivalent dopa étaient plus importantes au fil du temps que pour les patients du bras levodopa.
Enfin, concernant les complications motrices à type de dyskinésies, on ne retrouvait qu’une différence de 3% seulement à un suivi de sept ans (36% dans le bras levodopa  versus 33% dans le bras épargne).

Ainsi, ces conclusions amènent à une balance bénéfice-risque plutôt en faveur de la levodopa, que ce soit à court ou moyen terme, avec une meilleure qualité de vie des patients, et ce quel que soit l’âge au début de traitement.
Il faut cependant noter que cette étude est en ouvert (mais dont l’impact peut être minimisé par le fait que tous les groupes de patients recevaient un traitement actif, limitant l’effet placebo) et enfin que les patients étaient très hétérogènes entre eux. Enfin, si les résultats apparaissent statistiquement significatifs, la différence d’effet mesuré n’a pas forcément l’impact clinique significatif attendu…

Le dossier de presse des travaux du Pr Palfi sur la thérapie génique dans la maladie de Parkinson, une avancée très prometteuse.

Le dossier de presse des travaux du Pr Palfi sur la thérapie génique dans la maladie de Parkinson, une avancée très prometteuse. 

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Le stylo qui va changer ma vie

Le stylo qui va changer ma vie. 

Je suis entrée à l’hôpital avec la silhouette d’un homme, pardon d’une femme de Cro-Magnon, c’est à dire le dos courbé et le pas lourd.  

J’en suis sortie la démarche souple et légère avec l’allure d’une femme bien dans son corps. 

Le bilan de mon séjour en neurologie est plutôt satisfaisant. En effet depuis plusieurs mois je souffre de blocages de tout le corps, ils surviennent majoritairement en fin de dose ( je suis sous LDopa ) mais parfois inopinément. Ils sont très invalidants et me gâchent sérieusement la vie. 

Pour les éviter mon neurologue propose de me passer sous injections d’Apomorphine, c’est un agoniste dopaminergique qui remplace la dopamine en imitant celle ci au niveau des cibles cérébrales. 

C’est pourquoi je dois effectuer un petit séjour à l’hôpital pour apprendre à me « shooter » et pour observer comment je réagis à cette nouvelle molécule. 

Je me suis demandée si j’avais bien fait de venir car arrivée à 9h30 le matin je n’ai eu mon premier blocage qu’à 16h, juste au moment de la visite de mon mari et d’un de mes fils. Alors que chez moi j’en ai deux voire trois par jour; Il faut dire que mon rythme de vie est différent, ici je suis au repos, je n’ai aucune activité. Cette entrave me tombe dessus assez rapidement et je me retrouve contre ma volonté, vêtue de cette trop familière camisole parkinsonienne. 

L’interne du service est appelée pour venir constater l’ampleur de cette « crise »  et évaluer le degré de ma gêne. Elle me fait faire plusieurs tests neurologiques : le tapping test, les pronosuppinations, le test d’opposition des doigts. 

Comme je suis assise elle me fait croiser les bras poings fermés sur ma poitrine, me demande de me lever;  impossible, je n’arrive pas à décoller du fauteuil. Des tests de coordination s’ajoutent à la liste. Pas facile de faire des grands ronds avec le bras droit quand on vous remue la main gauche dans tous les sens.

Je me sens mal à l’aise, j’ai l’impression de me donner en spectacle, ce qui accentue le blocage. Quand cela se produit j’aimerais pouvoir me cacher dans un trou de souris.  

Puis je vois l’infirmière arriver avec une seringue à la main, pour m’administrer ma première injection. Elle relève mon pull au niveau du ventre, pince ma peau pour faire un pli et injecte la précieuse drogue. Il n’y a plus qu’à attendre. Je vous revois dans un quart d’heure me dit le médecin, en quittant la pièce. 

J’essaye de me concentrer, d’être à l’écoute de mon corps pour guetter la moindre amélioration. Après 15 mn la jeune interne revient, nous constatons qu’il n’y a aucune amélioration. C’est normal m’annonce t elle, c’est une dose de base. 

L’injection suivante est plus importante. Enfin dans la dizaine de minutes qui suit mes muscles commencent à se détendre, mes entraves cèdent peu à peu, j’ai la sensation que les cellules de mon corps sont des geôles dont les portes s’ouvrent une à une vers la liberté.  Et voilà mon sauveur appelé APOKINON®

est arrivé à point nommé me libérant provisoirement de l’emprise de ce maléfique Parkinson. Que c’est bon de retrouver la maîtrise de soi, les gestes sont aisés, les mouvements fluides, tout est si simple d’un coup, tout est normal, tout est banal en somme. 

Je refais les mêmes tests qu’avant cette « panne », cette fois je les réussis sans difficulté.

Je sais que la guerre est loin d’être finie, mais c’est une bataille de gagnée et j’en apprécie la victoire.   

Ces injections je vais devoir les faire moi même. Je suis infirmière et j’ai travaillé dans un service de diabétologie; la manipulation du stylo d’Apokinon est identique à celle du stylo d’insuline, donc une simple révision suffira pour moi. 

Mon neurologue a réajusté mon traitement par LDopa, je quitte le service confiante et mieux armée pour affronter ce bon vieux Parkinson .

L’utilisation du stylo est vraiment à la portée de tous, et pour ceux et celles qui ont peur des piqûres, et bien il faut essayer de surmonter ses angoisses  et se dire que c’est pour la bonne cause. L’aiguille est très fine et totalement indolore. 

Les sites d’injection sont l’abdomen et les cuisses. Vous pouvez faire appel à une tierce personne si vous êtes trop bloqué pour vous piquer vous même mais aussi pour changer de temps en temps le site d’injection et choisir le bras. 

Ces quelques jours vécus en milieu hospitalier m’ont replongé dans un passé professionnel que j’ai quitté il n’y a pas si longtemps. Cette fois j’étais  de l’autre côté de la barrière, j’étais une patiente, une patiente à l’œil avisé . 

Les soignants ont beaucoup de mérite de travailler dans des conditions de plus en plus difficiles mais parfois c’est au détriment de la qualité des soins. 

Je ne me permettrais pas de porter un jugement car ils font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont. 

Mon séjour s’est néanmoins bien déroulé. Le personnel soignant et médical était aimable, toujours souriant et disponible malgré la charge de travail. Je voulais rester discrète mais j’ai revu une collègue avec qui j’ai jadis travaillé, la nouvelle que j’étais » de la maison  » s’est vite répandue.!  De plus l’interne du service en voyant mon nom me demande si je n’ai pas un fils interne en médecine générale . Comment voulez vous passer inaperçue ? J’étais grillée. Le monde est parfois vraiment petit ! 

La meilleure façon de marcher

La meilleure façon de marcher.

Ce n’est pas parce qu’on a Parkinson qu’on ne peut pas être jolie.
Une des étapes que je redoutais le plus c’est de marcher à l’aide d’une canne, et surtout ce qui m’angoissait c’est le regard des autres.
Et bien voilà j’y suis, je n’ai plus le choix.
L’année dernière j’étais dans un magasin de materiel médical pour acheter un dispositif qui facilite le lever d’une chaise, ou d’un fauteuil, qui nous permet aussi de nous extraire avec aisance du siège d’une voiture, (c’est utile, cela peut rendre service, mais ce n’est pas très confortable). Au bout d’un rayon je remarque un porte parapluie dans lequel sont exposées des cannes de marche.
A première vue aucune n’est à mon goût ; elles sont classiques, banales, avec des couleurs fades, ce sont les bonnes vielles cannes de nos grands parents.
Il y a pourtant des jeunes qui se déplacent avec des cannes, pourquoi ne pas en fabriquer de plus jolies, plus gaies, avec des coloris plus attrayants ?
En y regardant bien il y en a une qui attire mon attention,  elle n’est pas comme les autres, celle ci est colorée avec un magnifique motif cachemire rouge et vert.
C’est un vrai coup de cœur, je la trouve très jolie, je vais l’acheter.
Oui mais pour en faire quoi puisque je n’en n’ai pas encore besoin.
Tant pis je l’adopte elle me plait vraiment.
Après tout j’en aurai besoin un jour et je saurai qu’elle est là sous la main prête à me servir.

J’ai mis du temps à admettre que cette foutue maladie était en train de progresser, Parkinson a mis un sacré coup d’accélérateur.
Les troubles moteurs maintenant je peux en parler car je sais de quoi je parle.
Tout le monde connaît la chanson,
Un km à pied ça use, ça use ,
Un km à pied ça use les souliers .
Deux……
La meilleure façon de marcher c’est encore la nôtre,
C’est de mettre un pied devant l’autre et de r’commencer.
Facile à chanter, facile à faire pour la plupart d’entre vous oui mais pour nous Parki c’est une autre paire de manches.
C’est ainsi que des mots nouveaux sont venus enrichir mon vocabulaire et mon quotidien par la même occasion.
Tituber, vaciller, chanceler, flageoler, osciller, avoir des vertiges, avoir le tournis, cela vous parle, moi oui je les connais bien maintenant je dirais même que je les pratique beaucoup. Avec tout cela voyons le bon côté des choses  je ne devrais plus avoir le mal de mer.
Perdre l’équilibre cela m’arrive plusieurs fois par jour.  Quand je manque de basculer en avant pour compenser c’est un réflexe j’essaie de mettre un pied devant moi. Or c’est là où le bas blesse justement car Parkinson me prive de cet automatisme. A cet instant trois possibilités se présentent à moi:
La première, j’ai les pieds collés parterre cela appelle le « Freezing », en français le gel, la congélation.
Je ne peux pas bouger, je suis clouée au sol, c’est là qu’il faut prévoir de la lecture, des mots fléchés, du tricot bref de quoi s’occuper le temps que le dégel arrive.
La deuxième, la marche est amorcée, mais je me déplace à petits pas rapides en courant presque, comme une Geisha avec ses souliers trop petits qui s’empresse d’aller servir son maitre. C’est une solution intermédiaire, au moins cela me fait avancer.
La troisième est certainement la plus spectaculaire, parfois douloureuse et sans conteste la plus humiliante: c’est tomber, chuter ou si vous préférez, aller choir, prendre une gamelle, ramasser un gadin, s’étaler, se rétamer, prendre une débarque (québécois), embrasser le plancher bref se casser la gueule. Cette dernière  possibilité je ne l’ai as encore expérimentée mais cela ne saurait tarder.
Ben oui c’est ça aussi Parkinson.

Mais revenons à ma canne. C’est le moment pour elle d’entrer en scène et de commencer sa carrière de canne parkinsonienne avec moi.
J’ai enfin besoin d’elle, elle là toujours aussi jolie, prête à m’accompagner pour remplir sa mission.
Une amie m’a dit, tu sais depuis que je prends ma canne les gens ne se moquent plus de moi, avant je passais pour une pochtrone maintenant ils me regardent différemment .
Au début nos premiers pas ensemble etaient un peu timides, inexpérimentés mais nous avons vite appris à nous connaître. Je vois bien dans la rue maintenant que c’est elle que les personnes regardent en premier. C’est une bonne chose pour moi car elle m’aide à accepter ce que Parkinson fait de moi .
Voilà pourquoi je vous raconte tout cela, comment une canne peut m’aider à franchir une étape difficile dans la progression d’une maladie.
Des jolies cannes on en trouve de plus en plus désormais notament sur à Internet, il y en a pour tous les goûts et à tous les prix.
Je m’en suis acheté une deuxième, elles font partie de ma garde robe, je m’en sert au gré de mes envies et de mes humeurs et il n’est pas impossible que d’autres viennent les rejoindre.

Et pour marcher dans la nature, j’utilise des bâtons de marche nordique. C’est parfait, un de chaque côté, je me déplace avec aisance, cela m’oblige à me tenir droite, je me sens rassurée .
Ils me sont vraiment d’une aide précieuse. Je les recommande.

Les voici celles qui vont certainement faire un bon bout de chemin avec moi !

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Quelques liens.

Au secours, j’ai Parkinson !

Au secours, j’ai Parkinson !
voleur

Parkinson je t’ai écrit une lettre, elle est sans doute tombée dans les oubliettes.
Souviens toi, c’était il y a un an, je te disais: Parkinson, je vous pardonne.
Tu as pensé, ça y est elle baisse les bras, je suis le vainqueur de ce combat.
Aujourd’hui je ne suis plus du même avis j’ai décidé de te parler ouvertement, sans langage complaisant.

Sournoisement, tu t’appropries un corps, comme ça l’air de rien, au hasard.
Le hasard, peut être, peut être pas. Je n’y crois pas, car je te soupçonne d’être assez maléfique pour choisir de jeter ton dévolu sur tel individu plutôt qu’un autre.
Tiens, cette femme là, jeune, la quarantaine, bien installée dans sa vie de femme  mariée.
Elle a deux enfants, elle exerce un métier qui lui plait, elle s’épanouit dans sa passion, elle vit, tout simplement .
Hé bien cette femme là, ce corps là, c’est le mien.
C’est moi que tu as négligemment et avec mépris désigné pour satisfaire ta cruauté.
Jamais rassasié tu poursuis ton chemin sacrifiant ici et là d’autres innocents car jamais tu ne t’arrêteras. Des corps tu en veux, il t’en faut, tu les prends, il t’en faut encore.

Officiellement tu t’es déclaré en 2003, me volant 11 ans de ma vie; 11 ans déjà, comme le temps passe.
En dérobant mon insouciance, ma dignité, tu agis avec ignominie comme le sale voleur que tu es.
Usurpateur de corps, profanateur de vie.
Scélérat je te maudis.

Malgré la constance et la détermination de nombreux chercheurs à travers le monde, personne encore n’a su percer tous tes secrets, laissant ainsi planer un nébuleux mystère autour de toi .
Méfie toi Parkinson, la roue tourne, on dit que l’union fait la force, le jour viendra où tes victimes rebelles et insoumises prendront le dessus remportant ainsi la victoire .
Tous ces hommes, toutes ces femmes restés dans l’ombre qui semblent sommeiller, s’apprêtent à te donner c’est certain le coup de grâce un jour prochain.
Parkinson pour qui sonnera le glas,
Parkinson je serai là, nous serons tous là pour assister à ton trépas .

Il fût un temps qui n’est pas si loin d’ailleurs, ou je me moquais de toi, de ta façon quelque peu légère, voire timide de bouleverser mon corps.
C’était au début, on apprenait à se connaître, c’était l’époque de la découverte, une sorte de lune de miel.
Ton côté mystérieux m’a je dois l’avouer, un temps captivée, te montrant sous un bon jour, alors que moi je vivais un peu détachée, un peu désinvolte. Pendant que toi pervers comme tu l’es, tu ricanais en savourant ton emprise sur moi et en pensant à l’avenir que tu me réserves.
Habile, subtile stratagème preuve de ta méchanceté.
Tu as profité de ma sérénité, de ma naïveté, tu as abusé de moi, me manipulant à ta guise.

Voilà plusieurs mois que tu ne me ménages plus, mes périodes de repit fondent comme neige au soleil. Souvent trop souvent, tu me surprends avec tes douloureuses offensives cinglantes, humiliantes me laissant pétrifiée ou léthargique selon ton humeur.
Petit à petit en véritable tyran tu m’obliges à faire allégeance en me privant de liberté.
Liberté de mouvement: me déplacer, marcher, courir, sauter, m’asseoir, me lever, conduire, avancer, reculer, danser en un mot BOUGER.
Tu me prives de ma dextérité, de mon habilité: pour manger, me laver, m’habiller, pour conduire, travailler, bricoler, jouer, en un mot EXISTER.
Me voilà promue au rang de tortue, une tortue oui mais pas celle de la fable.
Tu joues avec ma liberté d’EXPRESSION: m’empêchant de parler, d’ écrire, de communiquer correctement. Tu vas même jusqu’à figer les traits de mon visage contrariant mon sourire. Sourire mon atout majeur.
Tu me prives de mon ÉQUILIBRE: cet état de stabilité du corps; perdre ou garder son équilibre. Avec toi c’est plutôt le perdre, tu ne m’aides guère le retrouverez d’ailleurs car souvent mon corps chavire. Il vacille, il penche en avant comme attiré par un aimant vers le sol, et je sens que tombe, et je sens que je tombe, comme dans la chanson Mon amie la rose. Du coup mon centre de gravité est dérouté, ma boussole s’affole, mon cerveau concentré au maximum ordonne, en avant toute, marche !
Mais mes pieds sont collées au sol, il faut que mes jambes décollent pour rétablir mon équilibre. Elles tentent en vain d’obéir mais rien, rien ne se passe.
Quand on veut on peut, dit une petite voix sarcastique.
Allez Marie, allez un petit effort.
Mais enfin vous voyez bien que je n’y arrive pas ?
JE NE PEUX PAS !
Je vous en prie, il y a quelqu’un qui peut m’aider ?
Personne!…..
Puis soudain tel un chevalier sorti de l’ombre voici L DOPA alias Sinemet qui diffuse la précieuse Dopamine.
Aaaah, enfin la délivrance. J’amorce  un pas, puis un deuxième, un troisième, des petits pas mais des pas quand même.
Que c’est bon de marcher vous ne pouvez pas savoir, non vous ne pouvez pas vous imaginer vous qui marchez sans y penser quelle sensation de joie m’envahit quand enfin je peux  mettre un pied devant l’autre.
A chaque fois je pense au jeune enfant faisant ses premiers pas, je revois mes fils, leurs visages rayonnants, heureux de découvrir la marche.

Pourquoi moi, qu’ai je donc fait, ce n’est pas juste. Jamais je ne me suis posée ces questions.
Je me la suis alors posée autrement. Pourquoi pas moi? Serais je différente du reste de l’humanité pour échapper à la maladie ?
N’importe qui peut être touché par une quelconque affection, certains ont seulement plus de chance que d’autres. Et n’allez pas me dire que la haut il y a quelqu’un qui veille sur nous. Si vraiment ce quelqu’un existe alors il est particulièrement cruel avec nous en nous infligeant de telles souffrances. Et dans quel but ? Nous punir dirons certains? Mais nous punir de quoi?

Si il y a une chose en laquelle je crois c’est bien en l’humanité. C’est une évidence l’homme est capable du meilleur comme du pire, mais depuis son existence sur terre il n’a jamais cessé d’évoluer grâce à sa curiosité, son intelligence, son opiniâtreté, sa combativité, son courage dans de nombreux domaines notamment la médecine .
Et concernant la MP il y a plusieurs pistes sérieuses et prometteuses.
Régulièrement les médias se précipitent pour nous informer de telle ou telle avancée nous faisant croire au miracle.
Mais patience, gardons espoir notre jour de gloire viendra.
Les chercheurs, la science ne sont pas loin de toucher au but.

Et alors ce jour là Parkinson, ce jour là……….crois moi, tu ne te relèveras pas .

Une mise au point sur les thérapies pour les troubles de la marche et de l’équilibre

 

Une mise au point sur les thérapies pour les troubles de la marche et de l’équilibre
Par Thierry Lelard (Université de Picardie Jules-Verne)Article commenté :Emerging therapies for gait disability and balance impairment: promises and pitfalls.Maetzler W, Nieuwhof F, Hasmann SE, Bloem BR.Mov Disord. 2013 ; 28(11):1576-86.► Retrouvez l’abstract en ligne

Si les troubles de la marche et de l’équilibre affectent considérablement la qualité de vie des patients, les auteurs estiment qu’ils ont pendant longtemps été considérés comme non-traitables. Dans cette revue de littérature, les auteurs souhaitent faire une mise au point sur les effets de différentes thérapies sur la marche et l’équilibre et plus particulièrement dans la maladie de Parkinson.En effet, ces dernières années, l’évolution des techniques d’évaluation ou dans des éléments thérapeutiques a permis de mieux comprendre les troubles de ces deux habiletés motrices. A titre d’exemple, les nouvelles techniques d’exploration du fonctionnement cérébral ont permis d’évaluer les activations cérébrales pendant la marche ou le contrôle de l’équilibre. L’objectif des auteurs était de déterminer les bénéfices, les limites et perspectives de chacune des techniques thérapeutiques employées sur la marche et l’équilibre (médicaments, stimulation profonde cérébrale et kinésithérapie).Il a été montré que pour la plupart des patients, l’action de la dopamine permet de limiter le freezing de la marche. Par contre, il n’existe pas de consensus sur la dopasensibilité des paramètres de stabilité posturale dans les tâches d’équilibre.Les études en imagerie ont permis de montrer que les troubles axiaux ne sont pas seulement liés au fonctionnement du système dopaminergique mais sont également associés à un déficit des systèmes noradrénergique, cholinergique et du noyau pédiculo-pontin.Une amélioration de la marche a été mise en évidence lors d’une stimulation du noyau sous-thalamique et du palladium mais cette technique de neurochirurgie ne semble pas affecter l’équilibre (pas d’amélioration ni d’aggravation). Des effets bénéfiques sont également reportés lors de programmes d’intervention en kinésithérapie et en activités physiques.Grâce au développement de nouvelles technologies, les personnes souffrant de déficits de la marche et de l’équilibre pourraient être assistées dans leur tâche quotidienne. Au regard des résultats présentés dans les études précédentes, il apparaît nécessaire de différencier les troubles de la marche et de l’équilibre. En premier lieu parce que les réponses à la thérapie sont différentes pour la marche et pour la posture.Ces deux habiletés sont certes liées aux troubles axiaux mais peuvent également être affectées par des troubles au niveau articulaire. En effet, il est important de noter qu’une grande partie des chutes interviennent lors de la déambulation mais dans les phases les plus complexes (transition, demi-tour…).Lors des évaluations des habiletés motrices simples, les patients peuvent mettre en place des mécanismes de compensation. Les troubles des fonctions motrices seront mis en évidence pour des situations plus complexes mais également plus écologiques (exemple : en double tâche). Pour cette raison, il apparaît alors pertinent d’étudier les capacités d’adaptation du comportement moteur. Pour terminer, les auteurs estiment important de développer des interventions rééducatives visant à améliorer la marche et l’équilibre. Les bienfaits de l’activité physique démontrent l’intérêt de lutter contre la sédentarité mais ce changement de mode de vie va nécessiter un changement profond des comportements.Afin de motiver et intéresser les patients, les auteurs jugent nécessaire de développer des activités pouvant permettre aux patients d’avoir une pratique régulière à domicile. Cette modification du comportement pourrait permettre de limiter durablement les déficits d’équilibre et de la marche.

Et pourquoi pas ?

Et pourquoi pas?

conseils

 

C’est le monde à l’envers. Il fallait le faire et ils l’ont fait, une excellente initiative venue du Canada. Un livret destiné aux médecins sur la maladie de Parkinson écrit par des personnes  jeunes touchées par la forme précoce de la maladie. Un document qui devrait être lu par tout bon praticien.