La meilleure façon de marcher

La meilleure façon de marcher.

Ce n’est pas parce qu’on a Parkinson qu’on ne peut pas être jolie.
Une des étapes que je redoutais le plus c’est de marcher à l’aide d’une canne, et surtout ce qui m’angoissait c’est le regard des autres.
Et bien voilà j’y suis, je n’ai plus le choix.
L’année dernière j’étais dans un magasin de materiel médical pour acheter un dispositif qui facilite le lever d’une chaise, ou d’un fauteuil, qui nous permet aussi de nous extraire avec aisance du siège d’une voiture, (c’est utile, cela peut rendre service, mais ce n’est pas très confortable). Au bout d’un rayon je remarque un porte parapluie dans lequel sont exposées des cannes de marche.
A première vue aucune n’est à mon goût ; elles sont classiques, banales, avec des couleurs fades, ce sont les bonnes vielles cannes de nos grands parents.
Il y a pourtant des jeunes qui se déplacent avec des cannes, pourquoi ne pas en fabriquer de plus jolies, plus gaies, avec des coloris plus attrayants ?
En y regardant bien il y en a une qui attire mon attention,  elle n’est pas comme les autres, celle ci est colorée avec un magnifique motif cachemire rouge et vert.
C’est un vrai coup de cœur, je la trouve très jolie, je vais l’acheter.
Oui mais pour en faire quoi puisque je n’en n’ai pas encore besoin.
Tant pis je l’adopte elle me plait vraiment.
Après tout j’en aurai besoin un jour et je saurai qu’elle est là sous la main prête à me servir.

J’ai mis du temps à admettre que cette foutue maladie était en train de progresser, Parkinson a mis un sacré coup d’accélérateur.
Les troubles moteurs maintenant je peux en parler car je sais de quoi je parle.
Tout le monde connaît la chanson,
Un km à pied ça use, ça use ,
Un km à pied ça use les souliers .
Deux……
La meilleure façon de marcher c’est encore la nôtre,
C’est de mettre un pied devant l’autre et de r’commencer.
Facile à chanter, facile à faire pour la plupart d’entre vous oui mais pour nous Parki c’est une autre paire de manches.
C’est ainsi que des mots nouveaux sont venus enrichir mon vocabulaire et mon quotidien par la même occasion.
Tituber, vaciller, chanceler, flageoler, osciller, avoir des vertiges, avoir le tournis, cela vous parle, moi oui je les connais bien maintenant je dirais même que je les pratique beaucoup. Avec tout cela voyons le bon côté des choses  je ne devrais plus avoir le mal de mer.
Perdre l’équilibre cela m’arrive plusieurs fois par jour.  Quand je manque de basculer en avant pour compenser c’est un réflexe j’essaie de mettre un pied devant moi. Or c’est là où le bas blesse justement car Parkinson me prive de cet automatisme. A cet instant trois possibilités se présentent à moi:
La première, j’ai les pieds collés parterre cela appelle le « Freezing », en français le gel, la congélation.
Je ne peux pas bouger, je suis clouée au sol, c’est là qu’il faut prévoir de la lecture, des mots fléchés, du tricot bref de quoi s’occuper le temps que le dégel arrive.
La deuxième, la marche est amorcée, mais je me déplace à petits pas rapides en courant presque, comme une Geisha avec ses souliers trop petits qui s’empresse d’aller servir son maitre. C’est une solution intermédiaire, au moins cela me fait avancer.
La troisième est certainement la plus spectaculaire, parfois douloureuse et sans conteste la plus humiliante: c’est tomber, chuter ou si vous préférez, aller choir, prendre une gamelle, ramasser un gadin, s’étaler, se rétamer, prendre une débarque (québécois), embrasser le plancher bref se casser la gueule. Cette dernière  possibilité je ne l’ai as encore expérimentée mais cela ne saurait tarder.
Ben oui c’est ça aussi Parkinson.

Mais revenons à ma canne. C’est le moment pour elle d’entrer en scène et de commencer sa carrière de canne parkinsonienne avec moi.
J’ai enfin besoin d’elle, elle là toujours aussi jolie, prête à m’accompagner pour remplir sa mission.
Une amie m’a dit, tu sais depuis que je prends ma canne les gens ne se moquent plus de moi, avant je passais pour une pochtrone maintenant ils me regardent différemment .
Au début nos premiers pas ensemble etaient un peu timides, inexpérimentés mais nous avons vite appris à nous connaître. Je vois bien dans la rue maintenant que c’est elle que les personnes regardent en premier. C’est une bonne chose pour moi car elle m’aide à accepter ce que Parkinson fait de moi .
Voilà pourquoi je vous raconte tout cela, comment une canne peut m’aider à franchir une étape difficile dans la progression d’une maladie.
Des jolies cannes on en trouve de plus en plus désormais notament sur à Internet, il y en a pour tous les goûts et à tous les prix.
Je m’en suis acheté une deuxième, elles font partie de ma garde robe, je m’en sert au gré de mes envies et de mes humeurs et il n’est pas impossible que d’autres viennent les rejoindre.

Et pour marcher dans la nature, j’utilise des bâtons de marche nordique. C’est parfait, un de chaque côté, je me déplace avec aisance, cela m’oblige à me tenir droite, je me sens rassurée .
Ils me sont vraiment d’une aide précieuse. Je les recommande.

Les voici celles qui vont certainement faire un bon bout de chemin avec moi !

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Quelques liens.