Mes premiers bébés

Mes premiers bébés.

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Ça y est je vais enfin pouvoir commencer mon activité d’éleveuse. Le déménagement est proche, je suis ravie et même si j’angoisse un peu , l’excitation du changement, de la nouveauté l’emporte. Mon projet se concrétise, je l’ai tellement imaginé dans ma tête cet élevage, j’espère qu’il sera à la hauteur de mes espérances.

C’est Ouinie bien sur que j’ai envie voir la première être maman, c’est une évidence pour moi. C’est ma première femelle, elle fera je le sais de beaux bébés.
Réglisse mon étalon n’est pas confirmé et il est trop jeune pour reproduire, donc il faut un mâle d’un autre élevage. Pour ceux qui ont suivi les épisodes précédents vous devinez chez qui je vais m’adresser pour en trouver un : Marie José, mon amie éleveuse de Cotons de Tuléar .
Et comme le hasard fait bien les choses Ouinie a ses chaleurs début juillet. La durée de la gestation variant entre 58 et 66 jours, nous serons depuis peu dans notre nouvelle maison, tout est parfait.
La saillie se fait avec un bel étalon appelé Libertie. Maintenant il n’y a plus qu’à attendre, c’est dame nature qui prend le relai.
Sauf que les choses ne se passent pas toujours comme nous le souhaitons car malheureusement il n’y a pas eu fécondation, la saillie a eu lieu trop tôt ou trop tard.
Je suis déçue, mais pas longtemps car Odalys a débuté ses chaleurs peu de temps après Ouinie, une merveilleuse et inattendue coïncidence.
Nous voilà donc de retour chez Marie José, Libertie saillie Odalys, et cette fois ça marche. Il faut maintenant laisser  » mijoter « quelques semaines, la  naissance prévue fin septembre .

Les jours défilent, sans ennui, les préparatifs du déménagement occupant notre temps libre. Cela ne nous empêche pas de garder un œil sur la future maman, d’être à l’affût du moindre changement physique ou comportemental, c’est à qui verra le premier son ventre d’arrondir.

C’est ainsi qu’une page de 11 années de notre histoire familiale se tourne, avec un petit pincement au cœur malgré tout. Nous sommes heureux de commencer un nouveau chapitre avec plein de projets en perspective .

1er septembre 2000, c’est le jour du déménagement. La veille au soir avec mon fils aiiné, nous avons transféré nos Cotons d’une maison à l’autre, mon mari et mon second fils étaient  restés pour accueillir les déménageurs le lendemain matin.
Je nous revois tous à la tombée de la nuit, dans ma petite Twingo orange, parcourant ces 25 Kms. Les sièges arrière rabattus, tous les chiens étaient là assis, couchés, ou debout, certains l’air un peu inquiet, et d’autres plus calmes, confiants sans doute rassurés d’être avec nous.
L’idée que nous puissions nous faire contrôler m’a je dois avouer effleuré l’esprit.
 » Police bonjour ma p’tite dame, qu’est que vous faites avec tous ces chiens ?
 » Mais non, m’sieur l’agent ce n’est pas ce que vous croyez !

Arrivés à destination je vous laisse imaginer la réaction de tout ce petit monde..Ils ne savaient plus où donner de la truffe, dans cet immense jardin, ce territoire inconnu qu’ils allaient rapidement s’approprier. Pour eux aussi un nouveau chapitre s’ouvrait avec des zones à explorer et une multitude d’odeurs à découvrir.
Pour cette première nuit nous campons tous dans une chambre au milieu des cartons empilés ça et là.
Nous avons peu et mal dormi, il a fait chaud, l’église est proche et le clocher carillone tous les quarts d’heure, les chiens ont pas mal bougé, bref le réveil fût pénible.
L’emménagement terminé, nous prenons possession des lieux tranquillement, les chiens quand à eux se sont déjà familiarisés à chaque endroits intérieurs comme extérieurs.
Je suis un peu inquiète pour Odalys car avec tout ce remue ménage elle n’a pas encore trouvé ses marques; cependant elle n’est jamais loin de son jeune maître à qui elle voue un amour absolu.

Je trouve Odalys jolie en future maman, elle qui est plutôt menue, l’embonpoint lui va bien.
J’adore toucher son ventre et souvent  je m’assois  sur le canapé et je l’installe sur moi, où elle se laisse complètement aller, m’offrant ainsi son petit ventre bien rond. Je le caresse doucement. Sa fine peau rose, chaude et douce me permet de sentir ses petits bouger. A chaque fois je suis émue, j’ai hâte de les voir, de les toucher. Je les aime déjà.

Ce mois de septembre passe très vite, la rentrée des classes s’est deroulée sans problème dans un nouveau collège. Il reste encore pas mal de rangement à effectuer et des travaux à réaliser en priorité: papiers peints, peinture, revêtements de sol etc… Les  journées sont très laborieuses car je travaille, j’ai préféré garder des congés pour la mise bas.
Nous avons décidé de réserver une partie du rez de chaussée pour l’élevage mais l’ouvrage va prendre du temps, c’est pourquoi une pièce à l’étage servira provisoirement de maternité.
J’y installe donc tout ce dont je vais avoir besoin. Dans un coin je dispose une grande caisse en plastique dans laquelle je dispose un Vet Bed, un tapis spécial bien épais, bien chaud (initialement il était utilisé au début du siècle dernier dans les hôpitaux anglais en prévention des escarres). J’installe une lampe chauffante juste au dessus, ainsi que les barrières qui formeront le parc pour les bébés.
Sur une table, je prévois des serviettes de toilettes, d’autres Vet Bed de rechange, un thermomètre pour controler la température de la nurserie, ainsi que deux gamelles, des croquettes, de l’eau pour nourrir la maman.
Le jour « J  » se rapprochant rapidement je commence à angoisser. Comme c’est la première fois je crains qu’une complication ne survienne et que je ne sache pas gérer la situation. Je révise mes cours, je relis, et relis encore dans mes livres les paragraphes traitant du déroulement d’une mise bas et les possibles complications.
Marie José m’apporte son soutien, elle me rassure et me rappelle que je dois laisser faire la nature, que dans la majorité des cas tout se passe normalement.

Le comportement d’une femelle gestante change quelques jours avant la misie bas.
Elle recherche un endroit calme pour faire son nid, parfois se cache sous un meuble. elle perd l’appétit, peut même vomir. Mais cela peut varier d’un animal à l’autre.
Les signes évidents qui montrent que la naissance approche sont la chute de la température de 1° les dernières 24h et les contractions bien sûr.

Le terme se rapprochant j’observe Odalys sans relâche pour ne pas passer à coté d d’un indice évocateur. Et puis un jour en début d’après midi, elle montre des signes d’agitation, elle gratte le sol nerveusement, ne tient pas en place, elle semble chercher quelque chose, elle halète bruyamment. Je palpe son abdomen, il est dur et tendu comme une outre pleine. Je remarque qu’elle va souvent se placer devant la porte de la chambre de mon fils aîné.
Ce n’est qu’en début de soirée que le travail commence réellement.
Je l’emmène donc dans la pièce préparée pour la mise bas mais visiblement cela ne lui plait pas; elle me le fait bien comprendre car elle retoune inlassablement vers la chambre de son jeune maître, l’air de me dire c’est là que je veux mettre bas. Elle doit s’y sentir en sécurité. Donc nous ne voulons pas la contrarier et au vu de sa détermination nous rapatriions tout le nécessaire dans la « nouvelle maternité » improvisée.
C’est un véritable événement pour toute la famille, chacun d’entre nous n’ayant jamais assisté à une quelconque naissance.
Nous nous faisons donc le plus discret possible, nous sommes à la fois impatients et excités.

Odalys semble à présent rassurée dans cet endroit qui lui est familier, elle ne cherche plus à s’échapper.
C’est vers 23h que nait sans trop de difficultés le premier bébé. J’aide un peu la maman qui semble avoir du mal à déchirer la poche des eaux. C’est un mâle, il respire, il bouge, il vit. C’est merveilleux.
Tout va se dérouler normalement jusqu’au 4ème chiot. Finalement  Odalys se débrouille bien, l’instinct maternel est là. Je l’ai assité pour crever la poche des eaux car ce geste doit être fait très rapidement après la sortie du fœtus de l’utérus afin que celui ci de n’ inhale pas de liquide amniotique lors de la première inspiration d’air.
Les petits sortent à intervalle quasi régulier de 30 à 40mn. Il y a 3 femelles et 1 mâle Attirés par les phéromones maternelles, tout juste libèrés de leur enveloppe, ils rampent vers les mamelles et tètent goulûment. Odalys les lèche constamment avec vigueur pour les sécher et les frictionner, après avoir englouti les placentas.
Sur une feuille je trace un tableau dans lequel j’inscris le sexe, l’heure de naissance, et le poids de chaque chiots. La pesée sera quotidienne pendant six semaines, puis deux fois par semaine jusqu’à leur départ.

En palpant l’abdomen de notre jeune maman, je constate qu’il y a un cinquième bébé. Une heure s’écoule, quand enfin le dernier chiot finit par pointer le bout de sa truffe.
Odalys épuisée, l’expulse sur le vet Bed, elle se retourne pour le renifler et commence à percer la membrane qui fini par s’ouvrir. Le petit remue, il est bien vivant mais nous remarquons avec effroi qu’il présente une éventration, les intestins sont à l’air, ils ne sont plus ou n’ont peut être pas été dans l’abdomen.
Quelle  horreur je ne m’attendais à une telle complication.
Il est 2 heures du matin, le stress me gagne rapidement, j’ai du mal à me concentrer. Une chose est sûre le chiot n’est pas viable. Je décide de téléphoner au vétérinaire qui habite à 25 kms de chez nous pour avoir son avis. Il me confirme qu’il faut l’euthanasier, et naïvement je pensais qu’il allait effectuer cette tâche ingrate, mais non.  Il m’indique la conduite à tenir qui est d’utiliser une compresse imbibée d’éther et de l’appliquer sur le museau du fœtus.  je m’exécute donc la mort dans l’âme, mais le chiot qui vient à peine de naitre se débat, bien décidé a vivre; il résiste, je n’ai ni la force, ni le courage d’insister. Je rappelle le véto qui me dit qu’il va bien falloir réussir a le faire que c’est la seule solution. Il me demande de placer le petit dans une verrine fermée avec du coton hydrophile imprégné d’éther. Je ne me sens pas très bien mais je dois me ressaisir, je dois abréger les souffrances du petit.
Une fois la chose faite je me sens complètement vidée.
Après avoir installé au propre Odalys et sa progéniture, nous allons nous coucher. Nous sommes tous fatigués et un peu tristes.
J’ai beaucoup de mal a trouver le sommeil, repassant sans cesse dans ma tête le déroulement de cette mise bas. Quelle journée ! Que d’émotions !
Ce sont les aléas de la vie d’un élevage canin, et ce n’est que le début !
Les enfants seront excusés auprès du proviseur du lycée car ils n’assisteront pas aux cours le lendemain matin.

Voilà mes premiers bébés Cotons viennent de naître.  Je vais pouvoir les regarder grandir auprès de leur maman jusqu’à ce qu’ils deviennent autonomes, et qu’ils partent faire le bonheur de la famille qui les adoptera.

Julie

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Ce récit est la suite de celui que j’ai écrit en juillet dernier.

Julie vient d’avoir six mois et vit avec nous depuis juin dernier. Elle est notre rayon de soleil, elle nous comble de joie à chaque instant, nous sommes littéralement tombés amoureux de cette petite merveille.

Elle a boulversé notre  quotidien, mon mari et moi nous nous en doutions un peu mais pas à ce point.

Pourtant des chiens il y en a eu plusieurs qui ont partagé notre vie ces vingt dernières années mais pas comme Julie.
Je lui ai consacré une page sur mon mur Facebook intitulé  » Le journal de Julie  » . Je la fait parler,  elle vous raconte ses petites mésaventures de femelle Cavaliers King Charles.
Voici le lien : Le journal de Julie

Il y a 12 ans cette foutue maladie de Parkinson m’a obligé à faire un choix:  arrêter l’élevage; c’était pourtant bien parti, je réalisais enfin mon rêve. J’ai donc dû renoncer à ma passion enfin pas tout à fait; je ne ferai plus de reproduction mais je garde tous mes chiens. Je n’ai pas écouté ceux qui me suggéraient de m’en séparer. Si je l’avais fait, je l’aurais vécu comme un abandon, j’aurais eu du mal à m’en remettre j’en suis certaine.

Plusieurs nous ont quittés déjà, provoquant à chaque fois un chagrin et une peine immenses, laissant un grand vide dans notre existense mais un souvenir inaltérable dans nos cœurs.

En début d’année à quelques semaines d’intervalle, deux de nos femelles Cotons Odalys et Sarah ont dû être euthanasiées, toutes les deux étaient atteintes de cancers. Des moments difficiles à vivre, une douleur qui s’apaise avec le temps car il y a ceux qui restent, qui nous rappellent qu’ils sont bien vivants, et qu’ils necessitent toute notre attention.

Mon mari et moi savions qu’un jour nous aurions un autre chien, là c’était le bon moment.

Il n’était pas question de remplacer ceux ou celles qui sont partis, pour nous chaque chien est unique et irremplaçable, nous ne faisons jamais de comparaison, ce serait valoriser un chien plus qu’un autre, et puis pourquoi se priver du bonheur de vivre avec un animal ? Nous avons toujours vécu avec plusieurs chiens autour de nous.

Un chien c’est bien, deux c’est encore mieux, jamais deux sans trois,  quatre pourquoi pas, cinq, c’est déjà bien, six et si nous changions de race ?

Après le bichon frisé, le Coton de Tuléar, le chien nu chinois, pourquoi pas un Cavalier King Charles ?

La majorité de nos chiens, cinq Cotons, viennent de chez  Marie José l’élevage des Feeries du Valdonne, en Haute Marne, c’est vous dire la confiance que nous avons en elle. Nous n’avons jamais douté de sa conscience professionnelle et de son amour pour ses chiens.

Alors une petite infidélité me direz vous, à la race oui, mais pas à l’éleveuse car elle élève aussi des CKC .

Quand nous prenons contact avec Marie José , une portée vient de naître, cela tombe bien, nous n’aurons que deux mois à patienter avant qu’un nouveau membre vienne agrandir notre petite meute.

Nous n’avons pas hésité longtemps à trouver un prénom, Julie. Julie la rousse, une évidence pour une petite bleinheim. Je me souviens quand nous sommes allés la choisir, elle avait tout juste un mois. Je l’ai prise dans mes mains tout en la caressant, et je l’ai rapprochée de mon visage, elle s’est blottie tout de suite dans mon cou, un premier contact inoubliable.

Julie embellit notre quotidien et chamboule nos habitudes.

Cela commence le matin au saut du lit, avec réveil tonique garanti. Elle pète le feu des les premièrs instants, elle nous dit bonjour avec force de léchouilles et de coups de museau. Quand c’est l’heure du repas, elle a déjà englouti ses croquettes alors que les autres viennent à peine de les commencer. Je suis obligée de faire le gendarme pour l’empêcher d’aller dans les gamelles des autres.

Julie la joueuse.

Elle déborde d’énergie. Toujours partante pour tout. Son unique  partenaire c’est Voyou qui malgré son âge à gardé un tempérament chahuteur mais il a ses limites et il est souvent mis KO par notre petite tornade rousse.

Elle trouve toujours à s’occuper, pour elle tout est bon pour jouer, elle est curieuse, tout l’intéresse, elle enregistre tout ce qu’elle voit, entend, renifle, touche, goute.

Elle gère son apprentissage à sa façon. Ce petit être fragile, innocent, fraîchement débarqué sur terre se prépare à devenir un chien équilibré, pour vivre heureux auprès de ses maîtres.

Julie l’espiègle. Quand  Ouinie ( la mamie des Cotons ) fait la sieste, elle s’amuse à lui donner  des petits coups de truffe ou s’amuse à sauter brusquement dans le panier où elle dort paisiblement .

Son jeu préfèré, traverser la maison d’un bout à l’autre en cavalant, ignorant ceux qui se trouvent sur son passage, les bousculant comme un chien dans un jeu de quilles. Les plus faibles en font les frais. La pauvre Annabelle aveugle, sentant un souffle d’air la frôler, n’a pas le temps de réagir . Et Ouinie engourdie par l’arthrose, ayant du mal à tenir sur ses pattes se retrouve souvent les quatre fers en l’air.

Elle aime provoquer Roumba en l’incitant au jeu, un coup de hanche par ci, un coup de patte par là. Roumba déteste les contacts physiques, (elle ne supporte pas les caresses) c’est une femelle solitaire, indépendante, qui n’aime pas les conflits, vient toujours se réfugier auprès de moi et semble m’implorer :  » s’il te plait dis lui de me laisser tranquille.  »

Julie est exclusive et jalouse. Quand je caresse les autres chiens ou je leur parle elle rapplique aussitôt lui grillant la place. A la distribution de friandises, elle arrive très souvent à raffler celles des autres, en se faufilant avec une rapidité incroyable. C’est mademoiselle Moi, Moi, Moi.

Julie fait pas mal de bêtises, je ne vous raconte pas tout dans son journal, mais la liste est longue croyez moi. D’ailleurs la plupart sont faites quand je suis absente. Elle n’est cependant pas toute seule Voyou, Pitchi et  Roumba sont avec elle, la radio est allumée ( elle l’est même quand je suis là ) et ses jouets sont à portée de pattes. J’en déduis que c’est bien de ma présence dont elle a besoin. J’imagine que c’est valable pour tous les chiens.

Je vous rassure malgré les dégâts nous l’aimons toujours notre Julie.

Elle est arrivée au bon moment dans ma vie. Ma maladie ayant décidé de passer à la vitesse supérieure, le moral n’est pas toujours au beau fixe, Julie est mon meilleur anti dépresseur, régulièrement elle me motive.

Le seul regret que j’ai c’est de ne pas pouvoir m’en occuper correctement c’est à dire  comme j’aimerais et comme elle le mérite. Quand Parkinson me prive complètement de mes mouvements, je suis comme une statue. Dans cet état  je ne peux ni jouer, ni me promener avec elle, quand elle vient me solliciter pour des câlins, des papouilles, je ne peux même pas la caresser ou la cajoler. Je suis frustrée, cela me fait de la peine car elle insiste, elle ne comprend  pas que je ne réponde pas à ses demandes.

Maudit Parkinson.

J’ai souvent des pertes d’équilibre, pour marcher ce n’est pas facile de tenir une laisse avec une main et ma canne avec l’autre, alors j’utilise une laisse de cani cross ( c’est une laisse attachée à une ceinture que l’on porte à la taille ) elle a une certaine élasticité cela me convient parfaitement. En plus sur les chemins pentus Julie me tire me facilitant ainsi la montée. Elle est tellement fougueuse, c’est vrai un vrai petit tracteur.

Julie la câline. Elle raffole des câlins, elle apprécie le contact physique avec nous, c’est un besoin vital pour elle, il lui faut sa dose de bisous, de papouilles, de tripotages. Elle est très demandeuse. Pour nous aussi on ne se lasse pas de la caresser, de la bisouter, elle est si douce, elle sent si bon.

Pour nous elle est parfaite, c’est la plus jolie, la plus intelligente bien sûr, mais il est évident que chaque propriétaire dit la même chose de son chien, c’est tout à fait normal.

Ses jolis yeux noisettes lui donnent un regard très expressif qui nous fait souvent craquer.

Beaucoup de gens ne comprennent pas que l’on puisse aimer autant un animal. Ils ne savent pas à côté de quoi ils passent.

Tous les chiens naissent bons et gentils, c’est malheureusement l’homme en les manipulant qui change leur comportement.

On entend souvent dire qu’ il ne leur manque que la parole, et bien moi je ne suis pas de cet avis, ne pas parler c’est ce qui fait leur charme et c’est pour cette raison que nous les apprécions. En réalité ils savent très bien s’exprimer à leur manière bien sûr et nous parvenons toujours à les comprendre.
Beaucoup de propriaitaires d’animaux font de l’anthropomorphisme pensant mieux les aimer.
Pour moi aimer son chien c’est le respecter, prendre soin de lui physiquement et affectivement. Il n’est ni un jouet, ni un objet, et certainement pas un enfant.

Julie s’est parfaitement intégrée dans notre famille et dans la meute. Dès son plus jeune âge elle a affirmé son caractère, elle a du charme, elle sait en jouer pour obtenir ce qu’elle veut. Nous vivons avec elle une belle histoire comme nous en avons vécu une avec chacun de nos autres chiens.

La dernière preuve d’amour

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Ne pleure pas Marie, tu as pris la bonne décision. Je sais que tout le monde te le dit, mais si cela peut te consoler je te l’affirme aussi. Je suis quand même la mieux placée pour en juger, tu ne crois pas ?

Je m’appelle Sarah, je suis une joyeuse petite femelle Coton de Tuléar, mes parents biologiques sont Réglisse des Feeries du Valdonne et Pitchi des Feeries du Valdonne. Mais la maman qui s’est s’occupée de moi toute ma vie c’est un humain, une femme qui s’appelle Marie, je suis née dans son élevage. Elle m’a donné également un surnom Pépette, qu’elle prononce souvent en me taquinant.
J’ai eu une enfance choyée avec Pitchi, une maman douce, aimante, qui ‘m’a donné une très bonne éducation.
Ensuite c’est toi Marie qui a pris le relai, je devais t’écouter, t’obéir car c’était toi mon chef de meute.
J’ai eu une très belle vie de chien que beaucoup de mes congénères ont du envier. Je n’ai manqué de rien.
Une bonne gamelle servie à l’heure en quantité suffisante avec des croquettes de qualité, de l’eau fraîche à volonté, dans une vaisselle toujours propre.
Tu répétais souvent: les chiens ne sont pas la poubelle des humains par conséquent ils ne doivent pas être nourri uniquement avec les restes de table de leurs maîtres.
Quand on accueille un chien dans une famille, il est normal de prendre soin de lui et cela implique une alimentation saine et adaptée. Sur ce point là tu étais vigilante .
Bien que cela soit défendu par le véto il y avait de temps en temps des petits extra, comme du fromage, du pain, de la charcuterie.

Pour dormir et me reposer je disposais d’un confortable panier ou un tapis bien moelleux. La nuit tu m’autorisais même à dormir dans ta chambre ou j’avais ma place non loin de toi près du radiateur.
J’adorais jouer avec mes frères et sœurs, je ne les ai pas connu longtemps car ils sont partis dans leur famille respective. Moi je suis restée avec toi pour mon plus grand bonheur.
Je me souviens qu’il y avait de nombreux jouets que je mordais à plein croc. J’aimais courir à toute vitesse traversant le jardin comme une petite folle, renifler intensément les odeurs émanant de l’herbe fraîchement tondue, fureter dans les petits coins de cet immense terrain de jeux où il n’y avait aucun d’interdit.

Il y a dans l’existence d’un Coton de Tuléar un moment incontournable, un passage obligatoire, qui se renouvelait un peu trop souvent à mon goût, c’est le toilettage.
Je n’étais pas très coopérante n’est ce pas. Le démêlage, la douche, le brossage, le séchage, quelle galère. Au début tu utilisais un gros séchoir sur pied, mais un jour tu as carrément acheté une cabine de séchage. Alors la, je peux te dire que tous les chiens détestaient. Il fallait pas être claustrophobe car on se retrouvait enfermé dans cette machine infernale, avec un vent force 8 au moins, qui nous arrivait en pleine truffe, un bruit assourdissant qui agressait nos oreilles et nos poils voletaient dans tous les sens, on avait l’impression qu’ils allaient se décoller de notre peau. Heureusement il y faisait chaud.
Et pour finir, la mise en beauté. Il y a des jours où j’aurais préféré être née chien nu. Mais cela valait bien la peine d’en passer par là, car la dernière étape était la meilleur: c’était la récompense. Tu étais vraiment gentille car même si je n’étais pas très disciplinée tu n’en donnais une quand même.

Tu as tellement bien pris soin de moi durant ces 13 années. Le jour de ma naissance quand tu as aidé Pitchi ma maman à mettre bas, quand tu m’as déposée délicatement sur la balance, je pesais à peine 80 g,  et ensuite chaque jour pour surveiller ma courbe de poids, quand tu m’as caressé du bout des doigt, tu étais mon premier contact avec un humain. Quand tu me portais pour que j’apprenne a faire mes besoins dehors, tu me montrais comment descendre et monter les escaliers. Quand je taquinais avec ma truffe une abeille sur une fleur, quand tu venais à mon secours si une de mes griffes étaient accrochée dans mon abondante fourrure.

Je sais, j’ai été parfois désobéissante.  Par exemple lorsque j’aboyais en entendant une mouche voler ou en voyant passer un promeneur derrière la clôture et que je ne répondais pas au rappel. Je reconnais que j’étais plutôt têtue. Surtout quand j’avais décidé de ne pas sortir faire un dernier pipi le soir vers 23h ou de ne pas rentrer parce que je me trouvais bien dehors et toi tu piétinais d’impatience car tu était sur le point de partir à ton travail.

Tu étais très vigilante en ce qui concerne mon état de santé. Vaccins, vermifuges étaient administrés en temps et en heure.
Il y a quelques années je n’allais pas bien tu m’as emmené chez le vétérinaire qui a découvert une insuffisance rénale. Avec des croquettes adaptées à cette maladie, ma santé s’est amélioré.
C’est alors qu’en janvier dernier mes urines sont devenues un peu sanglantes, tu as pensé a une infection urinaire. Après 3 semaines d’antibiotiques aucun changement.
Alors le véto a parlé d’examens complémentaires du genre scanner, biopsie, tu semblais très inquiète.
L’endoscopie et la biopsie vésicale prescrites ont été réalisées, il a encore fallu patienter pour avoir le résultat. Je me souviens du jour où le véto te l’a annoncé: c’est  un cancer de la vessie, inopérable car il est situé sur le plancher vésicale il est à un stade déjà bien avancé le pronostic est de 2 à 3 mois. J’ai vu ton visage blêmir, tes yeux s’embuer.  Tu m’as serré contre toi, ton cœur battait fort, tu n’arrêtais pas de me caresser.
Le traitement palliatif était le plus approprié avec quelques comprimés à avaler chaque jour et tu sais combien j’ai horreur de cela. Un vrai supplice pour toi comme pour moi. Tu as bien essayé de ruser, et tu as fini par admettre que il y avait plus maline que toi. J’ai le palais fin et ma truffe on ne peut pas la tromper si facilement, mais je reconnais que tu avais de l’imagination. Mais même caché dans une crème de gruyère, dans un morceau de fromage qui pue, ou pilé et mélangé à de la viande j’arrivais toujours à sentir le médicament.
Seulement voilà tu as réussi à me leurrer, avec une pâte spéciale pour chien difficile que l’on enrobe autour du comprimé, et voilà le tour est joué ni vu ni connu, en plus j’ai adoré cela.

La maladie m’a rendue chipoteuse pour la nourriture, les croquettes je n’en n’avais plus très envie. Alors tu me préparais une gamelle faite maison avec de la bonne viande hachée bœuf ou poulet accompagnée de petites pâtes. Un régal.
Les jours passaient je n’avais plus le cœur ni à jouer, ni à participer à la vie familiale. Très  souvent je m’isolais pour dormir car j’étais fatiguée, je n’aboyais plus en entendant la sonnette, je ne prenais même plus la peine de te faire la fête quand tu rentrais à la maison. J’étais indifférente à presque tout.

Uriner m’était devenu insupportable. Une pesanteur dans la vessie qui me donnait cette désagréable sensation d’avoir toujours envie de faire pipi. J’étais obnubilée par cela. J’avançais dans l’herbe, le dos courbé, les pattes arrière pliées en poussant vainement de toutes mes forces. Quand la nuit ces mictions impérieuses me tourmentaient, tu m’accompagnais jusque le pas de porte, tout en me parlant et me rassurant, tu m’attendais à moitié endormie pendant que j’arpentais péniblement le jardin essayant de me soulager.
Dès que je rentrais tu avais trouvé une bonne façon d’apaiser ma douleur. Tu te mettais assise, tu m’allongeais sur tes genoux et tu me caressais le bas du ventre. Qu’est ce que cela me faisait du bien.
Et puis il y a eu cette fois au retour d’une de mes sorties nocturnes, je suis revenue toute tremblante de douleur, de fatigue, je me suis frottée d’une manière appuyée  sur tes jambes comme le font les chats, mes yeux fixant les tiens avec instance. Tu as été surprise par ce comportement inhabituel de ma part, moi qui étais si peu câline. Tu t’es accroupie, en me regardant intensément, et avec de l’émotion dans la voix tu m’as dit: toi tu essayes de me faire comprendre quelque chose.

En effet tu as su percevoir ma souffrance, et admettre qu’il était temps que cela cesse. J’ai vu des larmes couler sur tes joues. Alors tu m’as porté et serré contre toi, en murmurant mon prénom entre deux sanglots.
C’est à ce moment que tu as pris ta décision, cette grave et pénible décision, ce choix tant redouté. L’euthanasie. Un mot qui fait vous fait peur à vous les humains mais qui dans mon cas signifie soulagement.
De plus en plus je m’isolais dans le salon sur le fauteuil que j’affectionnais particulièrement, je ne pensais qu’a dormir, ma vie de Coton heureux ne m’intéressait plus, ne m’amusait plus.

Oui tu as pris la bonne décision Marie, tu as fait ce qu’il fallait et tu l’as fait pour moi. Ce que tout bon maître devrait faire pour son petit protégé c’est à dire ne pas agir en égoïste mais se soucier d’abord et avant tout du bien être de celui ci.

Je n’ai manqué de rien avec toi, surtout pas d’amour et le choix que tu as fait pour moi  en est bien la preuve, la dernière, la meilleure que tu pouvais me donner à moi Sarah  joyeux petit Coton de Tuléar.

 

Les chiens

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Je ne regrette rien.

1999 c’estl’année des P pour les noms de chiens, ceux que l’on inscrit au LOF, livre des origines françaises. Deux nouveaux pensionnaires vont agrandir la meute.
J’aimerais démarrer mon activité dès que nous aurons emménagé, je ne veux pas perdre de temps mais surtout j’ai hâte.
Pour faire des bébés il faut que mes nanas soient en âge de procréer, il faut donc les laisser grandir. Le bon âge pour une première gestation est 2 ans.
Et puis j’ai envie d’une troisième femelle, Ouinie et Odalys sont tellement mignonnes. Alors direction chez Marie José où je craque pour Pitchi une ravissante petite Cotonne de six mois, avec une fourrure soyeuse légèrement ondulée.
Elle s’intègre facilement dans la famille humaine et canine, passant d’une meute à une autre sans aucune difficulté. Mes autres Cotons semblent l’accueillir avec une certaine indifférence. Ah oui encore une de plus doivent ils se dire!
Pitchi s’adapte à toutes les situations, elle prend ses marques rapidement. Elle est docile, calme, c’est aussi un vrai petit clown. Elle nous amuse souvent en dansant debout sur ses pattes arrière imitant ainsi les tahitiennes. Elle est douce, attachante, très affectueuse.
Mais la qualité qui la caractérise surtout c’est la discrétion, elle est souvent un peu effacée, en retrait. Elle ne participe à aucune bagarre, elle est plutôt du genre pacifique.
Quand c’est l’heure des gamelles, elle marche normalement sans hâte pas comme certains qui se jettent dessus.
C’est la même chose à mon retour, elle est contente de me voir, elle me fait la fête mais avec un peu de retenue. Il faut dire que les autres ne lui laisse pas trop de place aussi.

Qui dit élevage dit reproduction bien sûr. Il me faut donc un mâle, un vrai, un dur, un tatoué, bref un étalon. Je le choisis chez un éleveur qui est le président du club de race.
Cet homme m’inspire confiance, il a de l’expérience, il connaît bien la race, ses lignées et le type de Coton qu’il produit depuis de nombreuses années. Il m’assure que le chiot que je viens choisir deviendra un adulte magnifique. Je l’appelle Paco.
C’est donc sur Paco que repose l’avenir de mon élevage (il ne le sait pas le pauvre, heureusement).
Je suis consciente que quand on choisit un chiot agé de quatre semaines à moins d’être une voyante rien ne garanti qu’une fois sa croissance terminée il sera conforme au standard de sa race, même si il est issu de parents champions.
La génétique nous réserve parfois bien des surprises. Cela je vais le découvrir à mes dépens.
Il faut toujours se souvenir que c’est dame nature qui décide .

Ah Paco, un caractère de Coton bien trempé, à deux mois il était déjà débordant d’énergie, infatiguable, courant partout, curieux de tout, toujours content et prêt à nous faire plaisir. Pour résumer un chien hyper actif possédant une sensibilité très prononcée.
A l’âge de un an j’ai voulu le faire confirmer, étape nécessaire pour un futur reproducteur.
Le hasard ou peut être pas a voulu que le juge qui confirmait ce jour là, soitl’éleveur chez qui Paco est né. Donc pour moi cela devait être une simple formalité.
L’examen de l’animal se passe sans problème jusqu’à l’exploration de la dentition.
J’ai vu soudain le juge blêmir, regarder, et regarder encore dans la gueule de Paco .
Stupeur, il manque des dents, et pas qu’une. Cinq, il manque cinq dents.
Surprise et déception pour moi car je n’ai plus d’étalon.
Consternation et vexation pour l’éleveur qui n’a jamais vu cela aussi bien dans sa carrière d’éleveur que de juge. Sa renommée en prend un coup, il aimerait que cela ne s’ébruite pas. Dans le monde de l’exposition canine ce genre de nouvelle se propage vite, mais ça ce n’est pas mon problème .
Il me demande de réaliser une radiographie des mâchoires qui va confirmer l’absence de molaire, de pré molaire et d’incisive. C’est une belle tare génétique.

Que vais je faire de Paco? Tout bon éleveur digne de ce nom se « débarasse » d’un chien inutile, l’animal étant placé dans une famille comme chien de compagnie. Business is business. Sauf que moi je ne raisonne pas de cette manière. On me reproche d’être trop sentimental. Quand je prends un chien c’est pour le meilleur et le moins bon. Paco fait partie de la famille, peu importe si c’est une bouche de plus à nourrir pour rien c’est moi que cela regarde.
Si j’ai choisi de faire de l’élevage ce n’est certainement pas pour gagner de l’argent.
Je suis tombée amoureuse de la race canine, mais j’aime tous les chiens . Je suis toujours attendrie, émue ou touchée en voyant un chien. C’est vraiment devenu une passion pour moi. J’ai envie de découvrir le chien dans sa globalité, depuis sa conception jusqu’à sa mort. Pour moi un chien c’est bien mais plusieurs c’est encore mieux.
Je m’investis beaucoup dans cette aventure, je suis consciente qu’il y aura des difficultés  mais comme on dit le jeu en vaut la chandelle. A ce jour je n’ai aucun regret .

C’est avec bonheur que j’ai accueilli et aimé chaque chien qui a partagé et qui partage ma vie. Je ne conçois plus ma vie sans chien, il est la révélation de ma vie.
Je m’épanouis en vivant avec eux, j’apprends à les connaître. Contrairement à ce que pensent certains je n’ai jamais fait de sacrifice à cause de mes chiens.
C’est mon choix et je l’assume avec bonheur.

Et me voilà à nouveau à la recherche d’un mâle. Jamais deux sans trois cette fois le troisième sera le bon. Je retourne ainsi chez mon fournisseur officiel de Cotons, Marie José.
Je l’aurai mon étalon ! Il va s’appeler Réglisse car il a beaucoup de tâches noires sur le corps. Mais laissons grandir c’est encore un chiot et il ne remplira son rôle que dans plusieurs mois.
Pendant toute sa croissance je suis restée attentive au bon développement de sa dentition. Je vous rassure toute suite à l’âge adulte toutes ses dents étaient sorties. Ouf.
Je vous en parlerai dans le prochain épisode.

Maintenant je dois trouver une affixe à mon élevage, vous savez ce sont les mots que l’on rajoute avant ou après le nom du chien sur le pédigrée parfois ils sont ridicules parfois ils sont assez pompeux. C’est un peu comme un titre de noblesse.
Il faut de l’imagination car d’autres sont passés avant moi, deux élevages de Cotons de Tuléar ne peuvent pas porter le même nom.
Je fais trois propositions à la SCC, société centrale canine. Celui qui est retenu est:
ONILAHY’S WHITE . Je voulais quelque chose d’original c’est bien vu, et de facile à retenir et à prononcer, ça c’est un peu raté. Mais bon cela me plait quand même, je suis fière de mon idée.
J’imagine déjà mes premiers bébés portant le nom de mon affixe:
ONILAHY ‘S WHITE. ROUMBA  wouaaaa !
Au fait que signifie Onilahy, et bien c’est un fleuve qui coule non loin du port de Tuléar dans la région Sud ouest de Madagascar. Les blancs d’Onilahy.

Les prochaines étapes la première saillie et le déménagement .