L’Amantadine , un bénéfice sérieux sur les dyskinésies induites par la LDOPA

L’Amantadine , un bénéfice sérieux sur les dyskinésies induites par la LDOPA .

Publié dans les cahiers du Parkinson .
Amantadine : preuve d’une durée d’efficacité sur les dyskinésies induites par la L-Dopa

Amantadine_stereo

Par Olivier Colin (CHU Poitiers)
Article commenté :
Withdrawing amantadine in dyskinetic patients with Parkinson disease: the AMANDYSK trial. 
Ory-Magne F, Corvol JC, Azulay JP et al.
Neurology. 2014 ; 82(4):300-7
► Retrouvez l’abstract en ligne

L’amantadine est le seul traitement validé des dyskinésies de pic de dose induites par la lévodopa (LID) dans la maladie de Parkinson (MP). Cependant, la durée de son efficacité est débattue, et limitée pour certains auteurs. De même, ce traitement n’avait pas montré sa supériorité contre le placebo dans un essai de sevrage en amantadine.

L’objectif de cette étude était d’évaluer le bénéfice à long terme d’un traitement par amantadine sur les LID. Il s’agissait d’une étude multicentrique (centres français) de wash-out d’amantadine d’une durée de 3 mois randomisée en double aveugle contre placebo en deux bras parallèles.
Cinquante-six patients parkinsoniens traités depuis au moins 6 mois par amantadine à 200 mg par jour ont été inclus. Un bras (n=27 patients) continuait l’amantadine, l’autre bras  (n=29) stoppait progressivement l’amantadine (en quatre jours) et « switchait » donc vers le placebo.

Le critère principal de jugement était la gravité des dyskinésies évaluée par les items 32 et 33 de la partie IV de l’UPDRS. Ce sous-score de dyskinésies augmentait davantage dans le groupe placebo et cela de manière statistiquement significative (+1.7 versus +0.2 dans le bras amantadine, p=0.003). Cela restait valable après ajustement sur la dose de traitement dopaminergique, l’âge et la sévérité des dyskinésies.
Par ailleurs, 29 patients sont sortis d’étude prématurément, avant la fin des trois mois : 21 en raison d’une aggravation des dyskinésies, dont 18 du groupe ayant switché vers le placebo. C’est donc essentiellement la réapparition des dyskinésies qui explique le nombre de sorties prématurées dans le groupe placebo. 52% sont sortis d’étude au cours de la première semaine et 28% durant la deuxième semaine de l’étude.
D’autre part, il n’y avait pas de différence sur les symptômes moteurs parkinsoniens autres (UPDRS) et il a été mesuré une aggravation sur les scores de fatigue et d’apathie pour les patients randomisés dans le bras placebo.

Ainsi, les résultats montrent que l’arrêt de l’amantadine s’accompagne dans les jours suivants (médiane : 7 jours) d’une aggravation des dyskinésies (possible effet rebond) et confortent l’hypothèse du bénéfice symptomatique (au moins sur les LID) d’un traitement chronique par amantadine, et ce même après plusieurs mois de traitement.

Date de publication : 26-05-2014

L’Amantadine , un bénéfice sérieux sur les dyskinésies induites par la LDOPA .

L’Amantadine , un bénéfice sérieux sur les dyskinésies induites par la LDOPA .
Amantadine_stereo
Publié dans les cahiers du Parkinson .

Amantadine : preuve d’une durée d’efficacité sur les dyskinésies induites par la L-Dopa
Par Olivier Colin (CHU Poitiers)Article commenté :Withdrawing amantadine in dyskinetic patients with Parkinson disease: the AMANDYSK trial. Ory-Magne F, Corvol JC, Azulay JP et al.Neurology. 2014 ; 82(4):300-7► 

L’amantadine est le seul traitement validé des dyskinésies de pic de dose induites par la lévodopa (LID) dans la maladie de Parkinson (MP). Cependant, la durée de son efficacité est débattue, et limitée pour certains auteurs. De même, ce traitement n’avait pas montré sa supériorité contre le placebo dans un essai de sevrage en amantadine.L’objectif de cette étude était d’évaluer le bénéfice à long terme d’un traitement par amantadine sur les LID. Il s’agissait d’une étude multicentrique (centres français) de wash-out d’amantadine d’une durée de 3 mois randomisée en double aveugle contre placebo en deux bras parallèles.Cinquante-six patients parkinsoniens traités depuis au moins 6 mois par amantadine à 200 mg par jour ont été inclus. Un bras (n=27 patients) continuait l’amantadine, l’autre bras  (n=29) stoppait progressivement l’amantadine (en quatre jours) et « switchait » donc vers le placebo.           Le critère principal de jugement était la gravité des dyskinésies évaluée par les items 32 et 33 de la partie IV de l’UPDRS. Ce sous-score de dyskinésies augmentait davantage dans le groupe placebo et cela de manière statistiquement significative (+1.7 versus +0.2 dans le bras amantadine, p=0.003). Cela restait valable après ajustement sur la dose de traitement dopaminergique, l’âge et la sévérité des dyskinésies.Par ailleurs, 29 patients sont sortis d’étude prématurément, avant la fin des trois mois : 21 en raison d’une aggravation des dyskinésies, dont 18 du groupe ayant switché vers le placebo. C’est donc essentiellement la réapparition des dyskinésies qui explique le nombre de sorties prématurées dans le groupe placebo. 52% sont sortis d’étude au cours de la première semaine et 28% durant la deuxième semaine de l’étude.D’autre part, il n’y avait pas de différence sur les symptômes moteurs parkinsoniens autres (UPDRS) et il a été mesuré une aggravation sur les scores de fatigue et d’apathie pour les patients randomisés dans le bras placebo. Ainsi, les résultats montrent que l’arrêt de l’amantadine s’accompagne dans les jours suivants (médiane : 7 jours) d’une aggravation des dyskinésies (possible effet rebond) et confortent l’hypothèse du bénéfice symptomatique (au moins sur les LID) d’un traitement chronique par amantadine, et ce même après plusieurs mois de traitement.  
Date de publication : 26-05-2014