La perfusion intra-jéjunale de levodopa améliore-t-elle les troubles du contrôle des impulsions et le syndrome de dysrégulation dopaminergique des patients parkinsoniens ?

Publié dans le JIM Mars 2014

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La perfusion intra-jéjunale de levodopa améliore-t-elle les troubles du contrôle des impulsions et le syndrome de dysrégulation dopaminergique des patients parkinsoniens ?
Par Olivier Colin (CHU Poitiers)Article commenté :Levodopa Infusion Improves Impulsivity and Dopamine Dysregulation Syndrome in Parkinson’s Disease. Catalán MJ, de Pablo-Fernández E, Villanueva C et al. Mov Disord. 2013 ; 28(14):2007-10

►Le trouble du contrôle des impulsions (TCI) et le syndrome de dysrégulation dopaminergique (SDD) sont des complications des thérapeutiques substitutives dopaminergiques. Une réduction voire un arrêt des agonistes dopaminergiques peut améliorer ces troubles.Aucun traitement efficace n’est aujourd’hui défini. Les auteurs se sont intéressés à la perfusion intrajéjunale de levodopa. Cette thérapeutique a montré une amélioration des complications motrices pour les patients parkinsoniens dans une étude en double placebo, mais l’efficacité sur le contrôle des TCI n’a pas été étudiée.Les auteurs rapportent ici une série de huit patients parkinsoniens, au stade des complications motrices malgré un traitement médical optimisé, pour qui les TCI ont pu être contrôlés sous perfusion de levodopa intrajéjunale.La présence d’un TCI était recherchée par questionnaire à réponse binaire (oui/non) évaluant des désirs spécifiques aux TCI (hypersexualité, achets compulsifs…) ou évaluant les difficultés à contrôler les prises médicamenteuses pour le SDD. Etait également utilisé un questionnaire destiné aux patients et aidants évaluant le retentissement social. Ces évaluations avaient lieu avant mise sous levodopa en gel intestinal et après une période de stabilité sous ce traitement (à 25±9 semaines). L’évolution des troubles était évaluée en ouvert par un clinicien. Huit patients sur les vingt-quatre traités par levodopa intrajéjunale dans ce centre madrilène présentaient initialement des complications non motrices : six avec TCI et trois avec SDD (sept hommes et une femme, moyenne d’âge de 67,9±10,9 ans, durée d’évolution de la maladie de parkinson de 13,5±4,5 ans).Avant traitement par gel intestinal de levodopa, la dose quotidienne moyenne de L-dopa par patient était de 1006 mg. Quatre patients étaient toujours traités par agonistes dopaminergiques, les quatre autres avaient eu leur traitement par agonistes stoppé dans les mois précédents. La levodopa intrajéjunale était délivrée à une dose moyenne de 1007 mg par jour.A 25±9 semaines de traitement, tous les patients se sont améliorés au niveau moteur (réduction de 27% de la période de OFF et de 20,7% des dyskinésies). Les TCI et le SDD se sont améliorés pour tous les patients avec une quasi disparition des symptômes, y compris chez les quatre patients étant uniquement sous monothérapie par L-dopa. Le punding a diminué chez quatre des cinq malades en souffrant, et a disparu pour l’autre.Les changements thérapeutiques ont été le mode d’administration de la L-Dopa, l’arrêt de l’amantadine chez un patient, et l’arrêt des agonistes dopaminergiques chez les quatre patients en prenant toujours. La conclusion tirée par les auteurs est qu’il existait une amélioration des troubles après passage de la forme orale discontinue à la forme gel intestinal à libération continue de L-dopa, sans pour autant qu’une réponse physiopathologique puisse être affirmée sur le développement des troubles.Cependant, de nombreux biais méthodologiques sont à prendre en compte dans cette étude, certains notifiés par les auteurs : il s’agit d’une étude rétrospective, évaluée en ouvert, au sein d’un échantillon de  population sélectionné, et qui n’a pas utilisé d’échelles validées (QUIP).Cette étude suggère cependant des voies de recherches importantes, notamment du fait de l’absence de traitement codifié des TCI afin d’améliorer la prise en charge des patients parkinsoniens. L’amélioration des TCI sous gel intestinal de levodopa reste cependant à démontrer à plus grande échelle et avec de nouvelles études spécifiques.

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Miss Dopa

Je m'appelle Marie Christine, je vais bientôt avoir 57 ans. En 2005 ma vie bascule car j'apprends que j'ai la maladie de Parkinson. C'est une maladie neurodégénérative complexe, avec de nombreux symptômes. Elle aussi sournoise car elle habite progressivement votre corps sans que vous le sachiez . Et puis un jour le diagnostic tombe, mais il est déjà trop tard car elle est déjà bien installée. Une fois le choc de l'annonce passé, j'ai fait le choix de ne pas m'apitoyer sur mon sort et de lutter en m' adaptant à cette nouvelle vie qui s'impose à moi. Après un parcours thérapeutique classique par comprimés de LDopa, puis d'agonistes dopaminergiques, le stylo d'Apokinon et enfin la pompe a apomorphine, la neuro stimulation profonde devient une évidence pour moi.

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