Faire le point sur les avancées dans la recherche sur la MP.

Publié le 11/04/2017 dans le JIM
Journée mondiale de la maladie de Parkinson : vers une plus grande personnalisation des prises en charge

Paris, le mardi 11 avril 2017 – La journée mondiale de la maladie de Parkinson qui touche en France 200 000 personnes est l’occasion de faire le point sur les avancées de la recherche. D’abord, de nouveaux médicaments doivent prochainement arriver sur le marché. L’un deux permet de « prolonger les effets de la L-dopa » indique sur le site Pourquoi Docteur, le professeur Marie Vidailhet (Pitié-Salpêtrière). Par ailleurs, de nouveaux modes d’administration des médicaments offrent un confort plus important aux patients. Concernant les travaux de recherche en cours, ils s’intéressent notamment à l’immunothérapie, ciblant les protéines alpha-synucléines. Les recherches en génétique se développent également ouvrant la voie à une prise en charge plus personnalisée. « En alliant la génétique, la biologie et l’imagerie, une grande partie de la recherche en Europe et ailleurs vise à réaliser une meilleure catégorisation des malades car il n’y a pas une maladie de Parkinson mais des maladies de Parkinson. L’objectif serait de ne plus avoir un traitement unique », explique Marie Vidailhet.

M.P.

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Opicapone : quels bénéfices attendre d’un nouvel I-COMT ?

Par le docteur Olivier Colin du CHU de Poitiers.

► Retrouvez l’abstract en ligne

Les inhibiteurs de la catéchol-O-méthyltransférase (I-COMT) associés à la levodopa sont un traitement pour les fluctuations motrices, en particulier de fin de dose, pour les patients parkinsoniens.
Les I-COMT actuels (entacapone, tolcapone) ont cependant des effets indésirables, notamment à type de toxicité hépatique, et leur bénéfice est parfois limité. L’opicapone, autre I-COMT, a été conçu pour être plus efficace tout en diminuant les effets indésirables.

Le but des auteurs était donc d’évaluer l’efficacité et l’innocuité des doses de 25 et 50 mg/j d’opicapone comparativement à un placebo, en association au traitement par levodopa chez les patients souffrant de la maladie de Parkinson ayant des fluctuations motrices de fin de dose.
Cet essai clinique randomisé international multicentrique de phase 3 était conduit en double aveugle sur une durée de 14 à 15 semaines, période suivie d’un essai en ouvert d’un an au cours duquel tous les patients ont reçu un traitement par opicapone. Une durée de OFF d’au moins 1,5 heure par jour (excluant l’akinésie matinale) était nécessaire à l’inclusion.

L’objectif principal était la réduction du temps passé en OFF, évalué par agenda journalier rempli par les patients. 427 patients ont été inclus, 376 ont terminé la phase d’évaluation en double aveugle, dont 286 ont terminé la phase de traitement à un an.
À la fin de la phase en double aveugle, il existait une diminution de 64,5 minutes du temps en OFF pour le groupe placebo, 101,7 minutes pour le groupe opicapone à 25 mg/j et 118,8 minutes pour le groupe opicapone à 50 mg/j. La différence était significative pour le groupe opicapone à 50 mg/j, mais pas pour le groupe à 25 mg/j.
Dans la phase ouverte, la réduction du temps de OFF était maintenue (- 126,3 minutes). Les effets indésirables les plus fréquents étaient les dyskinésies, la constipation et la sécheresse de la bouche.
Ainsi, un traitement par opicapone à 50 mg/j permettait une réduction significative du temps de OFF telle qu’évaluée par agenda journalier, l’effet semblant se maintenir à un an, sans effets indésirables notables.

Evidemment, des essais comparatifs avec les autres I-COMT disponibles permettraient d’apporter des données complémentaires sur le ratio bénéfice-risque de l’opicapone. Des données de vie réelle seront également nécessaires pour confirmer les données des essais cliniques.
Date de publication : 7 Avril 2017 Neuroscoop

Le jour où je me suis aimé pour de vrai.

Prendre soin de soi
“Le jour où je me suis aimé pour de vrai », j’ai compris qu’en toutes circonstances, j’étais à la bonne place, au bon moment. Et alors, j’ai pu me relaxer. Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Estime de soi. Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle n’étaient rien d’autre qu’un signal lorsque je vais à l’encontre de mes convictions. Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Authenticité. Le jour où je me suis aimé pour de vrai, J’ai cessé de vouloir une vie différente et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive contribue à ma croissance personnelle. Aujourd’hui , je sais que cela s’appelle… la Maturité. Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation ou une personne, dans le seul but d’obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment… Aujourd’hui , je sais que cela s’appelle… le Respect. Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai commencé à me libérer de tout ce qui n’était pas salutaire, personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie. Au début, ma raison appelait cela de l’égoïsme. Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… l’Amour propre. Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé d’avoir peur du temps libre et j’ai arrêté de faire de grands plans, j’ai abandonné les méga-projets du futur. Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime quand cela me plait et à mon rythme. Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… la Simplicité. Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé de chercher à avoir toujours raison, et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé. Aujourd’hui, j’ai découvert … l’Humilité. Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir. Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe. Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois. Et cela s’appelle… la Plénitude. Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir. Mais si je la mets au service de mon coeur, elle devient une alliée très précieuse ! Tout ceci, c’est… le Savoir vivre. Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter. Du chaos naissent les étoiles.”

Texte écrit par Kim McMillen psychologie jungienne.

Effet de l’hypotension orthostatique sur la cognition des patients parkinsoniens.

Par le docteur Olivier Colin du CHU de Poitiers.

L’hypotension orthostatique est un symptôme connu comme impactant fortement la qualité de vie des patients parkinsoniens, responsable notamment de chutes fracturaires pouvant avoir des conséquences dramatiques.

Un impact délétère de l’hypotension sur la cognition a également été évoqué dans plusieurs travaux. Pour en améliorer les preuves, les auteurs ont ici évalué l’impact de l’hypotension orthostatique (HO) sur la cognition des patients parkinsoniens, avec des évaluations positionnelles (en orthostatisme et décubitus dorsal).
Dix-huit patients non déments avec une maladie de Parkinson idiopathique sans HO ont été comparés à 19 malades non déments avec HO. Dix-huit témoins ont également été inclus dans cette étude. Les évaluations neuropsychologiques étaient effectuées soit en décubitus dorsal, soit en orthostatisme, avec surveillance de la pression artérielle.
En décubitus dorsal, l’évaluation neuropsychologique des patients parkinsoniens a mis en évidence un syndrome dysexécutif, des troubles attentionnels et du contrôle inhibiteur, ainsi qu’une diminution de la fluence sémantique et de la mémoire verbale.
La position orthostatique exacerbait les déficits présents, et faisait également apparaitre des troubles de la fluidité phonémique, de la vitesse de traitement et de la mémoire de travail auditive.
Les deux groupes de patients parkinsoniens avaient une réduction de leurs performances aux tests cognitifs quand ceux-ci étaient effectués en orthostatisme, mais celle-ci était plus sévère chez les patients avec HO (en termes de fonctions exécutives et mnésiques, et dans les fonctions visuo-spatiales).

Ainsi, les auteurs ont pu montrer que les troubles cognitifs de la maladie de Parkinson sont négativement impactés par la présence d’une hypotension orthostatique, et ce grâce aux évaluations comparatives en décubitus et en orthostatisme. Les changements observés suggèrent un effet aigu donc potentiellement réversible.
Le traitement de l’HO pourrait être une cible thérapeutique des troubles cognitifs observés chez les patients parkinsoniens. Des données scientifiques complémentaires sont nécessaires pour préciser l’impact de la dysautonomie sur les fonctions cognitives car les données de neuro-imagerie actuellement disponibles n’ont été effectuées qu’en décubitus et les évaluations neuropsychologiques qu’en position assise.
Date de publication : 24 Février 2017

Une revue des symptômes non-moteurs et de la cognition sociale dans la maladie de Parkinson

Par le Dr Harold Mouras (EA 7273 – Centre de Recherche en Psychologie, Université de Picardie Jules-Verne – Amiens

Comme souvent évoqué ici, la maladie de Parkinson se caractérise non seulement par ses symptômes moteurs mais aussi par une série de symptômes non-moteurs, incluant notamment des déficits cognitifs mais aussi des troubles dans la capacité à reconnaitre les émotions associées à une perte des neurones dopaminergiques au niveau de la substance noire et altérant donc les circuits front-striataux.

Afin de faire un point de la littérature portant sur l’atteinte des capacités de cognition sociale chez les patients atteints de maladie de Parkinson, les auteurs de cette recherche ont passé en revue la littérature et sont parvenus selon leurs critères d’inclusion à rassembler les résultats portant sur 496 patients comparés à 514 participants témoins étudiés au travers de 16 tests différents explorant différentes facettes de la cognition sociale, telles que la théorie de l’esprit, la prise de décision, la reconnaissance des expressions faciales émotionnelles.
Les résultats de cette revue furent relativement clairs. Au travers de la littérature, il apparaît clairement que les patients, dès les stades précoces de la maladie de Parkinson, présentent des troubles variés de la cognition sociale comme la capacité à prendre une perspective sociale, la prise de décision et la reconnaissance de certaines expressions faciales.
De façon intéressante, ces altérations apparaissent en l’absence de l’atteinte des fonctions exécutives et ce, aux stades les plus précoces de la maladie.

Ces résultats corroborent ainsi l’idée d’une indépendance fonctionnelle entre les processus sociaux et les fonctions exécutives. Cependant, les auteurs soulignent ici quelques limitations à prendre en compte en soulignant que la plupart des études portant sur ce domaine n’incluent qu’un nombre limité de patients, ont utilisé des tests dont la nature est très variée et les résultats ne sont souvent pas comparables.
Ils soulignent ainsi qu’il faudrait conduire des études plus poussées sur les stades précoces de la maladie pour trouver des marqueurs neuropsychologiques pouvant être utiles pour l’établissement du diagnostic de la maladie.
Date de publication : 24 Février 2017 Neuroscoop

Qui suis-je ?

Une Parkinsonienne parmi tant d’autres, une malade parmi tant d’autres, une femme parmi tant d’autres, un être humain parmi des milliards sur cette planète.

Wouaaaa on se sent petit vu sous cet angle.




Être touchée par la MP, cela m’est tombé dessus comme on dit en 2005, diagnostic posé d’après un DatScan. Mais la maladie s’est installée dans mon corps sournoisement depuis plusieurs années déjà.  Physiquement elle s’est manifestée deux ans auparavant. J’avais 43 ans.

Pourquoi moi, si quelqu’un a la réponse soyez sympas faites le moi savoir. Est ce une punition ? Est ce la volonté d’une quelconque divinité ? Je n’en sais rien.

Là j’en ai pris pour perpette et pourtant  je ne suis pas coupable, quand bien même si je l’étais qui serait assez méchant pour m’infliger un tel calvaire ? Je poursuivais une vie ordinaire, celle d’une femme mariée et mère de famille heureuse, exerçant le métier qu’elle avait choisi. Bien sur la vie n’était pas un long fleuve tranquille, mais cette vie là c’était la mienne et je l’aimais.




Alors après avoir avalé et digéré cette pilule, cela m’est venu comme une évidence, je n’allais pas passer le reste de ma vie à me lamenter et a m’apitoyer sur mon sort. Ce colocataire indésirable et moi allions  lentement mais sûrement faire un sacré bout de chemin ensemble.

Je suis peut être privée de la liberté de mon corps mais pas celle de mon esprit.




C’est confrontée à cette situation difficile que j’ai appris à me connaître, que j’ai découvert des ressources insoupçonnées au fond de moi.

	

Mon bilan d’opérabilité.

 

J’ai choisi de me faire opérer à CHU de Grenoble. Et oui c’est à 500 km de chez moi. Pour de nombreuses raisons qui me sont personnelles, avec de sérieux arguments, je suis convaincue que c’est le bon choix pour moi, et je n’admets pas que l’on essaye de me convaincre de me faire opérer ailleurs.

J’ai passé le si redouté test à la L Dopa. C’est le test déterminant, c’est un score qui démontre la réactivité des cellules dopaminergiques a une dose précise de L Dopa.

Le test à la LDopa est réalisé pour évaluer l’efficacité de la l-dopa sur les signes moteurs (lenteur, raideur et tremblement). En pratique, le neurologue examine le patient avant et 30 à 45 minutes après la prise de la l-dopa en utilisant une échelle spécifiquement développée pour la maladie de Parkinson. La sévérité des signes moteurs diminue habituellement au moins de 50%. Le test à la l-dopa est notamment réalisé dans le cadre du bilan préopératoire chez des patients parkinsoniens candidats à la stimulation cérébrale profonde.
Le neurologue procède à un certain nombre de tests de mouvement qui vont avoir pour objectif de mettre en évidence la lenteur ainsi que l’hypertonie plastique.

Lors de ces tests de mouvements, il faut exécuter des mouvements répétés et rapides comme un mouvement de pianotage avec les doigts ou un mouvement de marionnette avec les mains. Cela met en évidence la différence entre le côté normal et le côté atteint.

Lors de l’examen, le neurologue fait aussi certaines manœuvres pour apprécier le tonus musculaire.Il regarde notre façon de marcher : il note la balance  asymétrique les bras, celui du côté atteint a perdu de l’ampleur dans le mouvement. Mais il cherche aussi à apprécier le tonus par la mobilisation passive, prenant la main du patient et faisant des mouvements de flexion extension répétés en comparant le côté droit et le côté gauche.

Vers 8h15 un neurologue brésilien en formation en France (oh oh je vous vois venir mesdames) vient me chercher en carrosse, euh pardon en fauteuil roulant, pour m’emmener dans la salle réservée à cette épreuve. En entrant j’aperçois un trépied avec une caméra qui pointe vers une chaise sur laquelle il m’installe. Je lui demande si je vais être filmée il me répond par l’affirmative. Je lui annonce en plaisantant  « J’ai bien fait d’aller chez le coiffeur avant de venir ! »
En ce qui me concerne la pompe a été arrêtée 2h30 avant et j’ai hâte de commencer ce test, en plus j’ai faim, je n’ai pas déjeuné. Cela m’a paru une éternité car je sentais mes muscles se contracter progressivement m’enfermant dans mon propre corps. C’est très angoissant, c’est très douloureux, imaginez lorsque vous avez une crampe au mollet et bien la, c’est le corps entier qui est tétanisé, de la tête aux bout des orteils. Amateurs de sensations fortes, je vous garantis qu’avec parki vous êtes servi. On éprouve ces désagréables manifestations très souvent lorsque que le traitement est mal équilibré, et pour les débutants dans la maladie, c’est effrayant.
J’ai pris mon mal en patience et je savais que SUPER L DOPA allait venir à mon secours.
Quand le neurologue m’a donné le verre avec le précieux remède, je l’ai bu par petites gorgées, le savourant lentement comme pour le laisser m’imprégner de chaque molécule de Levo Dopa.
Et la tempête se calme, s’apaise pour laisser place à une éclaircie, mon corps se détend progressivement et enfin le soleil brille, je suis libre de mes mouvements.
Le médecin est optimiste, il me dit a vue de nez 80% . Je réagis par un timide et hésitant « wouaaaaa !  »
Après calcul, il m’annonce le chiffre de 77%. Il montre un large sourire et dit : c’est bien, c’est très bon.
Le retour dans ma chambre se fait presque au pas de course, je dis au médecin:
« Non, non pas les ascenseurs ! »
Interloqué, il me suit dans les escaliers que je monte presque 4 à 4 tellement je suis contente d’être libérée de cette camisole invisible.
Arrivée dans ma chambre je fais la connaissance de la neurologue qui va s’occuper de moi .

Je n’ai pas le temps de m’ennuyer pas, le temps passe vite.

Ici la prise en charge de chaque parkinsonien est assurée par un personnel médical et para medical qualifié et compétent. Je me sens en confiance.

Je ne changerai pas d’avis !

Nous sommes le 12 avril 2017, une journée banale pour beaucoup de gens sauf pour moi. Je rentre à l’hôpital dans quelques heures pour faire un bilan d’opérabilité et savoir si je suis éligible pour l’opération de le NSP, neuro stimulation profonde .
J’ai pris cette décision il y a quelques mois. Ceux qui me connaissent ont été surpris car je n’en avais parlé à personne, et tout le monde savait que je ne voulais pas en entendre parler. Ce choix je l’ai fait seule car personne ne peut décider à ma place sur un sujet aussi intime que sa santé. La plupart de mes proches et amis ont accueilli cette nouvelle avec approbation et m’encouragent dans cette démarche, d’autres inquiets m’ont demandé si j’avais bien réfléchi.
Vous imaginez bien que ce n’est pas sur un coup de tête que l’on prend ce genre de décision.
On dit qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. La vie n’est pas un long fleuve tranquille, nous nous retrouvons parfois dans une situation ou face à un événement qui nous imposent de changer notre comportement, notre façon de penser, cela s’appelle s’adapter.
Apres une période difficile et agitée par des journées de réflexion sur la question, a poser le pour et le contre, c’était évident: la neuro stimulation profonde est pour moi, l’espoir d’un avenir meilleur. À partir de cet instant là, j’étais déterminée, d’ une assurance infaillible et je savais que je ne changerais pas d’avis.