Odalys, une patte de fer dans un gant de velours

Odalys 7

Odalys.

Une patte de fer dans un gant de velours.

Une jolie poupée , petit modèle, un caractère bien trempé, elle devient la matriarche de la meute. Elle est curieuse, elle est au courant de tout, une vraie concierge, tout ce qui entre dans la maison doit avoir son approbation, un contrôle obligatoire par la truffe de madame, un vrai scanner à pattes. Elle aurait pu faire carrière dans la brigade cynophile de la police. Quand je la regarde, son joli petit minoi me fait toujours craquer.

Quand elle entre dans la famille elle a déjà sept mois. Elle est assez sauvage et les pattes à peine posées dans le jardin la voilà qui se sauve chez les voisins. La récupérer n’a pas été une chose facile. Nous sommes restés vigilants assez longtemps de peur qu’elle ne fugue. Cependant elle s’attache rapidement à Marvin et c’est réciproque. Je finis par l’apprivoiser à mon tour mais c’est mon fils qui devient son maître, tous les jours elle n’a qu’une hâte c’est qu’il rentre de l’école pour être avec lui. Elle le suis partout, dans la salle de bains, couchée sur le tapis devant la douche, dans sa chambre, sur ses pieds quand il fait ses devoirs, allongée à côté de lui quand il dort, dans la cuisine, en rond sous sa chaise pendant les repas, sans oublier les toilettes devant lesquelles elle monte la garde. Quand il est absent elle l’attend devant la porte du salon ou dans l’entrée. Quand il arrive Odalys lui fait la fête comme si elle ne l’avait pas vue depuis plusieurs jours. Elle fait des petits sauts de cabri et poussent des cris aigus mêlés à des jappements. Cela fait plaisir à voir et elle nous amuse beaucoup.
Elle aime se cacher sous le canapé où elle peut voir sans être vue. Si un étranger pénètre dans une pièce elle peut y rester des heures même après son départ.

Voilà donc mon projet d’élevage qui commence à se concrétiser. Je me documente, je prends conseil auprès de Marie José, elle m’a beaucoup aidé et soutenu, je m’inscris à la société francophone de cynotechnie pour participer à des séminaires, assister à des conférences et passer mon certificat de capacité qui devient obligatoire à partir de cette période. Je l’obtiens sans difficulté à l’école vétérinaire de Lyon.
Je suis de plus en plus passionnée par toutes les connaissances que j’aquière sur la race canine et je n’ai aucun doute sur mon choix.
Je continue bien sur à travailler comme infirmière à l’hôpital.
Pour ne pas avoir trop de consanguinité les reproducteurs doivent être de lignées différentes c’est pour cette raison que nous choisissons un autre élevage que celui de Marie José pour notre deuxième femelle.
Je présente Odalys en expos mais je m’aperçois vite qu’elle n’est pas à l’aise. Elle a peur des gens, des autres chiens. Elle se fait le plus petite possible, sur le ring elle n’avance pas ou au contraire tiré sur la laisse pour le quitter. Je l’a fait confirmer et je n’insiste pas. Je suis certaine qu’elle n’a pas eu beaucoup de contact avec des êtres humains les premiers mois de sa vie. La socialisation du chiot est vraiment importante, l’équilibre de sa vie d’adulte en dépend.
C’est quand même plus agréable d’avoir un chien bien dans sa tête et qui n’est pas peureux.
Avec ses congénères elle sait se faire respecter quelque soit la taille de celui ou celle qui est en face d’elle. Je me souviens qu’un jour Odalys a tenu tête à une jeune femelle Beauceron de dix mois, elle la fait se mettre en position de soumission en quelques secondes, c’était assez impressionnant de regarder ce petit bout chienne bien campée sur ses quatre pattes, avoir de l’autorité sur un chien plus grand qu’elle.
Tout dans le regard et la posture. Respect mamz’elle Odalys.

La famille s’agrandit, nous voilà avec quatre Cotons. Tout le monde est content, moi je suis ravie. En rentrant de l’hôpital j’ai toujours de quoi m’occuper avec l’entretien de toutes ces boules de poils mais cela me plait. Je m’équipe de materiel professionnel de toilettage, table, séchoir, tondeuse et autres ustensiles spécifiques et indispensables. Je fais installer une petite baignoire sabot pour laver mes peluches. Petit détail amusant je la fait poser dans le garage car dans la salle de bains nous n’avons qu’une douche, pas très commode pour nettoyer un chien. Imaginez la tête du plombier quand il a su où il allait devoir l’installer et celle des acheteurs quand nous avons vendu cette maison. Bizarre ces gens avec leurs chiens non, vous ne trouvez pas ?

Tout ceci est bien mignon mais nous commençons à être un peu à l’étroit avec tout ce petit monde. Nous habitons dans un lotissement, un pavillon mitoyen sur un côté. Les voisins ne se plaignent pas mais nous songeons quand même à déménager. Le premier critère de sélection dans notre recherche c’est un lieu isolé pour ne pas gêner notre entourage avec les nuisances sonores dues aux aboiements et un grand jardin pour que nos petits chouchous puissent se dégourdir les pattes. Nous voilà  donc en quête de l’endroit idéal .
Nous visitons pas mal d’habitations qui pourraient nous plaire mais aucune ne correspond  à nos attentes. Et puis par bel un après-midi ensoleillé de juin, je trouve l’endroit idéal. Une jolie maison à flan de colline, à l’écart du village, avec un immense terrain entouré de vergers, et une vue magnifique sur la campagne Lorraine. Mari et enfants sont sous le charme aussi (un peu moins mes 2 fils peut être car changer de collège, de lycée et de copains quand on est adolescent ce n’est pas facile même si pour les parents, surtout pour la maman c’est pour la bonne cause). Avec le recul je me rend compte que c’est moi qui ai entraîné toute la famille dans cette grande aventure. Malgré tout personne ne va le regretter, même si les soucis ne vont pas tarder à perturber notre nouvelle existence.

Notre cheptel canin va s’accroître rapidement en quelques mois pour mon plus grand bonheur. Il va passer de 4 à 7. Les années 1999 et 2000 vont s’écouler très vite avec l’acquisition de trois nouveaux Cotons, le déménagement et l’emménagement . Pas le temps de s’ennuyer. Quand j’y repense c’était de la folie de vivre avec autant de chiens dans un quartier en ville mais je savais que c’était pour une courte période.
Je veux démarrer l’élevage dès que nous nous installons dans notre nouvelle maison. Qui dit bébés dit logiquement un papa et une maman. Or j’ai bien les femelles mais pas de mâle, Louky n’étant pas un « vrai coton ». Il me faut donc trouver un étalon.

Vous allez devoir patienter jusqu’au prochain récit pour connaître la suite.

 

A suivre….. 

 

Publié par

Miss Dopa

Je m'appelle Marie Christine, je vais bientôt avoir 57 ans. En 2005 ma vie bascule car j'apprends que j'ai la maladie de Parkinson. C'est une maladie neurodégénérative complexe, avec de nombreux symptômes. Elle aussi sournoise car elle habite progressivement votre corps sans que vous le sachiez . Et puis un jour le diagnostic tombe, mais il est déjà trop tard car elle est déjà bien installée. Une fois le choc de l'annonce passé, j'ai fait le choix de ne pas m'apitoyer sur mon sort et de lutter en m' adaptant à cette nouvelle vie qui s'impose à moi. Après un parcours thérapeutique classique par comprimés de LDopa, puis d'agonistes dopaminergiques, le stylo d'Apokinon et enfin la pompe a apomorphine, la neuro stimulation profonde devient une évidence pour moi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *