Une mise au point sur les thérapies pour les troubles de la marche et de l’équilibre

 

Une mise au point sur les thérapies pour les troubles de la marche et de l’équilibre
Par Thierry Lelard (Université de Picardie Jules-Verne)Article commenté :Emerging therapies for gait disability and balance impairment: promises and pitfalls.Maetzler W, Nieuwhof F, Hasmann SE, Bloem BR.Mov Disord. 2013 ; 28(11):1576-86.► Retrouvez l’abstract en ligne

Si les troubles de la marche et de l’équilibre affectent considérablement la qualité de vie des patients, les auteurs estiment qu’ils ont pendant longtemps été considérés comme non-traitables. Dans cette revue de littérature, les auteurs souhaitent faire une mise au point sur les effets de différentes thérapies sur la marche et l’équilibre et plus particulièrement dans la maladie de Parkinson.En effet, ces dernières années, l’évolution des techniques d’évaluation ou dans des éléments thérapeutiques a permis de mieux comprendre les troubles de ces deux habiletés motrices. A titre d’exemple, les nouvelles techniques d’exploration du fonctionnement cérébral ont permis d’évaluer les activations cérébrales pendant la marche ou le contrôle de l’équilibre. L’objectif des auteurs était de déterminer les bénéfices, les limites et perspectives de chacune des techniques thérapeutiques employées sur la marche et l’équilibre (médicaments, stimulation profonde cérébrale et kinésithérapie).Il a été montré que pour la plupart des patients, l’action de la dopamine permet de limiter le freezing de la marche. Par contre, il n’existe pas de consensus sur la dopasensibilité des paramètres de stabilité posturale dans les tâches d’équilibre.Les études en imagerie ont permis de montrer que les troubles axiaux ne sont pas seulement liés au fonctionnement du système dopaminergique mais sont également associés à un déficit des systèmes noradrénergique, cholinergique et du noyau pédiculo-pontin.Une amélioration de la marche a été mise en évidence lors d’une stimulation du noyau sous-thalamique et du palladium mais cette technique de neurochirurgie ne semble pas affecter l’équilibre (pas d’amélioration ni d’aggravation). Des effets bénéfiques sont également reportés lors de programmes d’intervention en kinésithérapie et en activités physiques.Grâce au développement de nouvelles technologies, les personnes souffrant de déficits de la marche et de l’équilibre pourraient être assistées dans leur tâche quotidienne. Au regard des résultats présentés dans les études précédentes, il apparaît nécessaire de différencier les troubles de la marche et de l’équilibre. En premier lieu parce que les réponses à la thérapie sont différentes pour la marche et pour la posture.Ces deux habiletés sont certes liées aux troubles axiaux mais peuvent également être affectées par des troubles au niveau articulaire. En effet, il est important de noter qu’une grande partie des chutes interviennent lors de la déambulation mais dans les phases les plus complexes (transition, demi-tour…).Lors des évaluations des habiletés motrices simples, les patients peuvent mettre en place des mécanismes de compensation. Les troubles des fonctions motrices seront mis en évidence pour des situations plus complexes mais également plus écologiques (exemple : en double tâche). Pour cette raison, il apparaît alors pertinent d’étudier les capacités d’adaptation du comportement moteur. Pour terminer, les auteurs estiment important de développer des interventions rééducatives visant à améliorer la marche et l’équilibre. Les bienfaits de l’activité physique démontrent l’intérêt de lutter contre la sédentarité mais ce changement de mode de vie va nécessiter un changement profond des comportements.Afin de motiver et intéresser les patients, les auteurs jugent nécessaire de développer des activités pouvant permettre aux patients d’avoir une pratique régulière à domicile. Cette modification du comportement pourrait permettre de limiter durablement les déficits d’équilibre et de la marche.

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