Les chiens

Paco5

Je ne regrette rien.

1999 c’estl’année des P pour les noms de chiens, ceux que l’on inscrit au LOF, livre des origines françaises. Deux nouveaux pensionnaires vont agrandir la meute.
J’aimerais démarrer mon activité dès que nous aurons emménagé, je ne veux pas perdre de temps mais surtout j’ai hâte.
Pour faire des bébés il faut que mes nanas soient en âge de procréer, il faut donc les laisser grandir. Le bon âge pour une première gestation est 2 ans.
Et puis j’ai envie d’une troisième femelle, Ouinie et Odalys sont tellement mignonnes. Alors direction chez Marie José où je craque pour Pitchi une ravissante petite Cotonne de six mois, avec une fourrure soyeuse légèrement ondulée.
Elle s’intègre facilement dans la famille humaine et canine, passant d’une meute à une autre sans aucune difficulté. Mes autres Cotons semblent l’accueillir avec une certaine indifférence. Ah oui encore une de plus doivent ils se dire!
Pitchi s’adapte à toutes les situations, elle prend ses marques rapidement. Elle est docile, calme, c’est aussi un vrai petit clown. Elle nous amuse souvent en dansant debout sur ses pattes arrière imitant ainsi les tahitiennes. Elle est douce, attachante, très affectueuse.
Mais la qualité qui la caractérise surtout c’est la discrétion, elle est souvent un peu effacée, en retrait. Elle ne participe à aucune bagarre, elle est plutôt du genre pacifique.
Quand c’est l’heure des gamelles, elle marche normalement sans hâte pas comme certains qui se jettent dessus.
C’est la même chose à mon retour, elle est contente de me voir, elle me fait la fête mais avec un peu de retenue. Il faut dire que les autres ne lui laisse pas trop de place aussi.

Qui dit élevage dit reproduction bien sûr. Il me faut donc un mâle, un vrai, un dur, un tatoué, bref un étalon. Je le choisis chez un éleveur qui est le président du club de race.
Cet homme m’inspire confiance, il a de l’expérience, il connaît bien la race, ses lignées et le type de Coton qu’il produit depuis de nombreuses années. Il m’assure que le chiot que je viens choisir deviendra un adulte magnifique. Je l’appelle Paco.
C’est donc sur Paco que repose l’avenir de mon élevage (il ne le sait pas le pauvre, heureusement).
Je suis consciente que quand on choisit un chiot agé de quatre semaines à moins d’être une voyante rien ne garanti qu’une fois sa croissance terminée il sera conforme au standard de sa race, même si il est issu de parents champions.
La génétique nous réserve parfois bien des surprises. Cela je vais le découvrir à mes dépens.
Il faut toujours se souvenir que c’est dame nature qui décide .

Ah Paco, un caractère de Coton bien trempé, à deux mois il était déjà débordant d’énergie, infatiguable, courant partout, curieux de tout, toujours content et prêt à nous faire plaisir. Pour résumer un chien hyper actif possédant une sensibilité très prononcée.
A l’âge de un an j’ai voulu le faire confirmer, étape nécessaire pour un futur reproducteur.
Le hasard ou peut être pas a voulu que le juge qui confirmait ce jour là, soitl’éleveur chez qui Paco est né. Donc pour moi cela devait être une simple formalité.
L’examen de l’animal se passe sans problème jusqu’à l’exploration de la dentition.
J’ai vu soudain le juge blêmir, regarder, et regarder encore dans la gueule de Paco .
Stupeur, il manque des dents, et pas qu’une. Cinq, il manque cinq dents.
Surprise et déception pour moi car je n’ai plus d’étalon.
Consternation et vexation pour l’éleveur qui n’a jamais vu cela aussi bien dans sa carrière d’éleveur que de juge. Sa renommée en prend un coup, il aimerait que cela ne s’ébruite pas. Dans le monde de l’exposition canine ce genre de nouvelle se propage vite, mais ça ce n’est pas mon problème .
Il me demande de réaliser une radiographie des mâchoires qui va confirmer l’absence de molaire, de pré molaire et d’incisive. C’est une belle tare génétique.

Que vais je faire de Paco? Tout bon éleveur digne de ce nom se « débarasse » d’un chien inutile, l’animal étant placé dans une famille comme chien de compagnie. Business is business. Sauf que moi je ne raisonne pas de cette manière. On me reproche d’être trop sentimental. Quand je prends un chien c’est pour le meilleur et le moins bon. Paco fait partie de la famille, peu importe si c’est une bouche de plus à nourrir pour rien c’est moi que cela regarde.
Si j’ai choisi de faire de l’élevage ce n’est certainement pas pour gagner de l’argent.
Je suis tombée amoureuse de la race canine, mais j’aime tous les chiens . Je suis toujours attendrie, émue ou touchée en voyant un chien. C’est vraiment devenu une passion pour moi. J’ai envie de découvrir le chien dans sa globalité, depuis sa conception jusqu’à sa mort. Pour moi un chien c’est bien mais plusieurs c’est encore mieux.
Je m’investis beaucoup dans cette aventure, je suis consciente qu’il y aura des difficultés  mais comme on dit le jeu en vaut la chandelle. A ce jour je n’ai aucun regret .

C’est avec bonheur que j’ai accueilli et aimé chaque chien qui a partagé et qui partage ma vie. Je ne conçois plus ma vie sans chien, il est la révélation de ma vie.
Je m’épanouis en vivant avec eux, j’apprends à les connaître. Contrairement à ce que pensent certains je n’ai jamais fait de sacrifice à cause de mes chiens.
C’est mon choix et je l’assume avec bonheur.

Et me voilà à nouveau à la recherche d’un mâle. Jamais deux sans trois cette fois le troisième sera le bon. Je retourne ainsi chez mon fournisseur officiel de Cotons, Marie José.
Je l’aurai mon étalon ! Il va s’appeler Réglisse car il a beaucoup de tâches noires sur le corps. Mais laissons grandir c’est encore un chiot et il ne remplira son rôle que dans plusieurs mois.
Pendant toute sa croissance je suis restée attentive au bon développement de sa dentition. Je vous rassure toute suite à l’âge adulte toutes ses dents étaient sorties. Ouf.
Je vous en parlerai dans le prochain épisode.

Maintenant je dois trouver une affixe à mon élevage, vous savez ce sont les mots que l’on rajoute avant ou après le nom du chien sur le pédigrée parfois ils sont ridicules parfois ils sont assez pompeux. C’est un peu comme un titre de noblesse.
Il faut de l’imagination car d’autres sont passés avant moi, deux élevages de Cotons de Tuléar ne peuvent pas porter le même nom.
Je fais trois propositions à la SCC, société centrale canine. Celui qui est retenu est:
ONILAHY’S WHITE . Je voulais quelque chose d’original c’est bien vu, et de facile à retenir et à prononcer, ça c’est un peu raté. Mais bon cela me plait quand même, je suis fière de mon idée.
J’imagine déjà mes premiers bébés portant le nom de mon affixe:
ONILAHY ‘S WHITE. ROUMBA  wouaaaa !
Au fait que signifie Onilahy, et bien c’est un fleuve qui coule non loin du port de Tuléar dans la région Sud ouest de Madagascar. Les blancs d’Onilahy.

Les prochaines étapes la première saillie et le déménagement .

Publié par

Miss Dopa

Je m'appelle Marie Christine, je vais bientôt avoir 57 ans. En 2005 ma vie bascule car j'apprends que j'ai la maladie de Parkinson. C'est une maladie neurodégénérative complexe, avec de nombreux symptômes. Elle aussi sournoise car elle habite progressivement votre corps sans que vous le sachiez . Et puis un jour le diagnostic tombe, mais il est déjà trop tard car elle est déjà bien installée. Une fois le choc de l'annonce passé, j'ai fait le choix de ne pas m'apitoyer sur mon sort et de lutter en m' adaptant à cette nouvelle vie qui s'impose à moi. Après un parcours thérapeutique classique par comprimés de LDopa, puis d'agonistes dopaminergiques, le stylo d'Apokinon et enfin la pompe a apomorphine, la neuro stimulation profonde devient une évidence pour moi.

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