L’arrêt facile du tabac, un prodrome de la maladie de Parkinson

Publié dans le JIM le 2 janvier 2015
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L’arrêt facile du tabac, un prodrome de la maladie de Parkinson

 Selon plusieurs études épidémiologiques, il y a proportionnellement moins de fumeurs parmi les patients atteints de maladie de Parkinson (MP) que dans la population générale. De plus, les fumeurs de plus longue durée sont moins à risque de développer la maladie, ce qui pour certains auteurs est un argument permettant de conférer au tabagisme un caractère protecteur vis-à-vis de la MP.

Pour autant, il est possible aussi que les mécanismes responsables de la MP concourent à une conduite d’évitement du tabac ou une facilité particulière à cesser de fumer chez les malades.

Cette distinction est importante car soit le tabagisme pourrait être considéré comme ayant un effet préventif/curatif de la MP soit son sevrage facile serait un simple marqueur précoce de maladie.

Une équipe Américaine a mené une étude évaluant les relations entre le risque de MP et la difficulté à stopper la consommation de tabac ou le fait d’utiliser des substituts à la nicotine.

L’hypothèse de départ était que les sujets qui fument et ont des difficultés à arrêter sont moins à risque de développer une MP que ceux qui arrêtent facilement de fumer.

Au total 1 808 malades atteints de MP ont été appariés en âge et sexe à 1 876 sujets contrôles.

Les données analysées (éducation, mode de vie, histoire tabagique) étaient obtenues via un entretien téléphonique structuré.

Il y avait moins de fumeurs parmi les patients que parmi les contrôles (anciens fumeurs : 750 malades vs 833 contrôles, Odds ratio [OR] = 0,65, intervalle de confiance à 95 % [IC95] : 0,56 -0,76 ; fumeurs actuels : 149 malades vs 376 contrôles, OR = 0,28, IC95 : 0,22 -0,34).

Parmi les anciens fumeurs, ceux qui avaient eu des difficultés extrêmes à cesser de fumer avaient moins souvent développé une MP (64 malades vs 92 contrôles, OR = 0,69 ; IC95 : 0,48-0,99). Enfin ceux qui utilisaient des substituts nicotiniques étaient moins susceptibles d’être atteints de MP (53 malades vs 101 contrôles, OR = 0,54, IC95 : 0,38-0,76).

L’utilisation de substituts nicotiniques était fortement associée avec la difficulté à cesser le tabac ou à la durée du tabagisme.

Plutôt que de considérer le tabac comme un neuroprotecteur, les auteurs estiment donc que leurs résultats supportent l’hypothèse que la facilité d’arrêt du tabac serait une manifestation précoce de MP.

Dr Juliette Lasoudris-Laloux

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