Julie

Julie8

Ce récit est la suite de celui que j’ai écrit en juillet dernier.

Julie vient d’avoir six mois et vit avec nous depuis juin dernier. Elle est notre rayon de soleil, elle nous comble de joie à chaque instant, nous sommes littéralement tombés amoureux de cette petite merveille.

Elle a boulversé notre  quotidien, mon mari et moi nous nous en doutions un peu mais pas à ce point.

Pourtant des chiens il y en a eu plusieurs qui ont partagé notre vie ces vingt dernières années mais pas comme Julie.
Je lui ai consacré une page sur mon mur Facebook intitulé  » Le journal de Julie  » . Je la fait parler,  elle vous raconte ses petites mésaventures de femelle Cavaliers King Charles.
Voici le lien : Le journal de Julie

Il y a 12 ans cette foutue maladie de Parkinson m’a obligé à faire un choix:  arrêter l’élevage; c’était pourtant bien parti, je réalisais enfin mon rêve. J’ai donc dû renoncer à ma passion enfin pas tout à fait; je ne ferai plus de reproduction mais je garde tous mes chiens. Je n’ai pas écouté ceux qui me suggéraient de m’en séparer. Si je l’avais fait, je l’aurais vécu comme un abandon, j’aurais eu du mal à m’en remettre j’en suis certaine.

Plusieurs nous ont quittés déjà, provoquant à chaque fois un chagrin et une peine immenses, laissant un grand vide dans notre existense mais un souvenir inaltérable dans nos cœurs.

En début d’année à quelques semaines d’intervalle, deux de nos femelles Cotons Odalys et Sarah ont dû être euthanasiées, toutes les deux étaient atteintes de cancers. Des moments difficiles à vivre, une douleur qui s’apaise avec le temps car il y a ceux qui restent, qui nous rappellent qu’ils sont bien vivants, et qu’ils necessitent toute notre attention.

Mon mari et moi savions qu’un jour nous aurions un autre chien, là c’était le bon moment.

Il n’était pas question de remplacer ceux ou celles qui sont partis, pour nous chaque chien est unique et irremplaçable, nous ne faisons jamais de comparaison, ce serait valoriser un chien plus qu’un autre, et puis pourquoi se priver du bonheur de vivre avec un animal ? Nous avons toujours vécu avec plusieurs chiens autour de nous.

Un chien c’est bien, deux c’est encore mieux, jamais deux sans trois,  quatre pourquoi pas, cinq, c’est déjà bien, six et si nous changions de race ?

Après le bichon frisé, le Coton de Tuléar, le chien nu chinois, pourquoi pas un Cavalier King Charles ?

La majorité de nos chiens, cinq Cotons, viennent de chez  Marie José l’élevage des Feeries du Valdonne, en Haute Marne, c’est vous dire la confiance que nous avons en elle. Nous n’avons jamais douté de sa conscience professionnelle et de son amour pour ses chiens.

Alors une petite infidélité me direz vous, à la race oui, mais pas à l’éleveuse car elle élève aussi des CKC .

Quand nous prenons contact avec Marie José , une portée vient de naître, cela tombe bien, nous n’aurons que deux mois à patienter avant qu’un nouveau membre vienne agrandir notre petite meute.

Nous n’avons pas hésité longtemps à trouver un prénom, Julie. Julie la rousse, une évidence pour une petite bleinheim. Je me souviens quand nous sommes allés la choisir, elle avait tout juste un mois. Je l’ai prise dans mes mains tout en la caressant, et je l’ai rapprochée de mon visage, elle s’est blottie tout de suite dans mon cou, un premier contact inoubliable.

Julie embellit notre quotidien et chamboule nos habitudes.

Cela commence le matin au saut du lit, avec réveil tonique garanti. Elle pète le feu des les premièrs instants, elle nous dit bonjour avec force de léchouilles et de coups de museau. Quand c’est l’heure du repas, elle a déjà englouti ses croquettes alors que les autres viennent à peine de les commencer. Je suis obligée de faire le gendarme pour l’empêcher d’aller dans les gamelles des autres.

Julie la joueuse.

Elle déborde d’énergie. Toujours partante pour tout. Son unique  partenaire c’est Voyou qui malgré son âge à gardé un tempérament chahuteur mais il a ses limites et il est souvent mis KO par notre petite tornade rousse.

Elle trouve toujours à s’occuper, pour elle tout est bon pour jouer, elle est curieuse, tout l’intéresse, elle enregistre tout ce qu’elle voit, entend, renifle, touche, goute.

Elle gère son apprentissage à sa façon. Ce petit être fragile, innocent, fraîchement débarqué sur terre se prépare à devenir un chien équilibré, pour vivre heureux auprès de ses maîtres.

Julie l’espiègle. Quand  Ouinie ( la mamie des Cotons ) fait la sieste, elle s’amuse à lui donner  des petits coups de truffe ou s’amuse à sauter brusquement dans le panier où elle dort paisiblement .

Son jeu préfèré, traverser la maison d’un bout à l’autre en cavalant, ignorant ceux qui se trouvent sur son passage, les bousculant comme un chien dans un jeu de quilles. Les plus faibles en font les frais. La pauvre Annabelle aveugle, sentant un souffle d’air la frôler, n’a pas le temps de réagir . Et Ouinie engourdie par l’arthrose, ayant du mal à tenir sur ses pattes se retrouve souvent les quatre fers en l’air.

Elle aime provoquer Roumba en l’incitant au jeu, un coup de hanche par ci, un coup de patte par là. Roumba déteste les contacts physiques, (elle ne supporte pas les caresses) c’est une femelle solitaire, indépendante, qui n’aime pas les conflits, vient toujours se réfugier auprès de moi et semble m’implorer :  » s’il te plait dis lui de me laisser tranquille.  »

Julie est exclusive et jalouse. Quand je caresse les autres chiens ou je leur parle elle rapplique aussitôt lui grillant la place. A la distribution de friandises, elle arrive très souvent à raffler celles des autres, en se faufilant avec une rapidité incroyable. C’est mademoiselle Moi, Moi, Moi.

Julie fait pas mal de bêtises, je ne vous raconte pas tout dans son journal, mais la liste est longue croyez moi. D’ailleurs la plupart sont faites quand je suis absente. Elle n’est cependant pas toute seule Voyou, Pitchi et  Roumba sont avec elle, la radio est allumée ( elle l’est même quand je suis là ) et ses jouets sont à portée de pattes. J’en déduis que c’est bien de ma présence dont elle a besoin. J’imagine que c’est valable pour tous les chiens.

Je vous rassure malgré les dégâts nous l’aimons toujours notre Julie.

Elle est arrivée au bon moment dans ma vie. Ma maladie ayant décidé de passer à la vitesse supérieure, le moral n’est pas toujours au beau fixe, Julie est mon meilleur anti dépresseur, régulièrement elle me motive.

Le seul regret que j’ai c’est de ne pas pouvoir m’en occuper correctement c’est à dire  comme j’aimerais et comme elle le mérite. Quand Parkinson me prive complètement de mes mouvements, je suis comme une statue. Dans cet état  je ne peux ni jouer, ni me promener avec elle, quand elle vient me solliciter pour des câlins, des papouilles, je ne peux même pas la caresser ou la cajoler. Je suis frustrée, cela me fait de la peine car elle insiste, elle ne comprend  pas que je ne réponde pas à ses demandes.

Maudit Parkinson.

J’ai souvent des pertes d’équilibre, pour marcher ce n’est pas facile de tenir une laisse avec une main et ma canne avec l’autre, alors j’utilise une laisse de cani cross ( c’est une laisse attachée à une ceinture que l’on porte à la taille ) elle a une certaine élasticité cela me convient parfaitement. En plus sur les chemins pentus Julie me tire me facilitant ainsi la montée. Elle est tellement fougueuse, c’est vrai un vrai petit tracteur.

Julie la câline. Elle raffole des câlins, elle apprécie le contact physique avec nous, c’est un besoin vital pour elle, il lui faut sa dose de bisous, de papouilles, de tripotages. Elle est très demandeuse. Pour nous aussi on ne se lasse pas de la caresser, de la bisouter, elle est si douce, elle sent si bon.

Pour nous elle est parfaite, c’est la plus jolie, la plus intelligente bien sûr, mais il est évident que chaque propriétaire dit la même chose de son chien, c’est tout à fait normal.

Ses jolis yeux noisettes lui donnent un regard très expressif qui nous fait souvent craquer.

Beaucoup de gens ne comprennent pas que l’on puisse aimer autant un animal. Ils ne savent pas à côté de quoi ils passent.

Tous les chiens naissent bons et gentils, c’est malheureusement l’homme en les manipulant qui change leur comportement.

On entend souvent dire qu’ il ne leur manque que la parole, et bien moi je ne suis pas de cet avis, ne pas parler c’est ce qui fait leur charme et c’est pour cette raison que nous les apprécions. En réalité ils savent très bien s’exprimer à leur manière bien sûr et nous parvenons toujours à les comprendre.
Beaucoup de propriaitaires d’animaux font de l’anthropomorphisme pensant mieux les aimer.
Pour moi aimer son chien c’est le respecter, prendre soin de lui physiquement et affectivement. Il n’est ni un jouet, ni un objet, et certainement pas un enfant.

Julie s’est parfaitement intégrée dans notre famille et dans la meute. Dès son plus jeune âge elle a affirmé son caractère, elle a du charme, elle sait en jouer pour obtenir ce qu’elle veut. Nous vivons avec elle une belle histoire comme nous en avons vécu une avec chacun de nos autres chiens.

Publié par

Miss Dopa

Je m'appelle Marie Christine, je vais bientôt avoir 57 ans. En 2005 ma vie bascule car j'apprends que j'ai la maladie de Parkinson. C'est une maladie neurodégénérative complexe, avec de nombreux symptômes. Elle aussi sournoise car elle habite progressivement votre corps sans que vous le sachiez . Et puis un jour le diagnostic tombe, mais il est déjà trop tard car elle est déjà bien installée. Une fois le choc de l'annonce passé, j'ai fait le choix de ne pas m'apitoyer sur mon sort et de lutter en m' adaptant à cette nouvelle vie qui s'impose à moi. Après un parcours thérapeutique classique par comprimés de LDopa, puis d'agonistes dopaminergiques, le stylo d'Apokinon et enfin la pompe a apomorphine, la neuro stimulation profonde devient une évidence pour moi.

3 réflexions au sujet de « Julie »

  1. julie a bien grandit et toujours aussi belle j’espere qu’elle sait bien remise de son operation une grosse papouille a la demoiselle
    je pense que pour toi cela va a peu pres je pense bien a toi bonne journee bises

    1. Oui Sashka pour Julie tout va bien, elle s’est vite remise de son opération .
      Je ne peux pas en dire autant pour moi car côté Parkinson l’année 2014 c’est l’enfer. J’espère que les neuro vont trouver une solution. À bientôt . Bises.

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