Effet de l’hypotension orthostatique sur la cognition des patients parkinsoniens.

Par le docteur Olivier Colin du CHU de Poitiers.

L’hypotension orthostatique est un symptôme connu comme impactant fortement la qualité de vie des patients parkinsoniens, responsable notamment de chutes fracturaires pouvant avoir des conséquences dramatiques.

Un impact délétère de l’hypotension sur la cognition a également été évoqué dans plusieurs travaux. Pour en améliorer les preuves, les auteurs ont ici évalué l’impact de l’hypotension orthostatique (HO) sur la cognition des patients parkinsoniens, avec des évaluations positionnelles (en orthostatisme et décubitus dorsal).
Dix-huit patients non déments avec une maladie de Parkinson idiopathique sans HO ont été comparés à 19 malades non déments avec HO. Dix-huit témoins ont également été inclus dans cette étude. Les évaluations neuropsychologiques étaient effectuées soit en décubitus dorsal, soit en orthostatisme, avec surveillance de la pression artérielle.
En décubitus dorsal, l’évaluation neuropsychologique des patients parkinsoniens a mis en évidence un syndrome dysexécutif, des troubles attentionnels et du contrôle inhibiteur, ainsi qu’une diminution de la fluence sémantique et de la mémoire verbale.
La position orthostatique exacerbait les déficits présents, et faisait également apparaitre des troubles de la fluidité phonémique, de la vitesse de traitement et de la mémoire de travail auditive.
Les deux groupes de patients parkinsoniens avaient une réduction de leurs performances aux tests cognitifs quand ceux-ci étaient effectués en orthostatisme, mais celle-ci était plus sévère chez les patients avec HO (en termes de fonctions exécutives et mnésiques, et dans les fonctions visuo-spatiales).

Ainsi, les auteurs ont pu montrer que les troubles cognitifs de la maladie de Parkinson sont négativement impactés par la présence d’une hypotension orthostatique, et ce grâce aux évaluations comparatives en décubitus et en orthostatisme. Les changements observés suggèrent un effet aigu donc potentiellement réversible.
Le traitement de l’HO pourrait être une cible thérapeutique des troubles cognitifs observés chez les patients parkinsoniens. Des données scientifiques complémentaires sont nécessaires pour préciser l’impact de la dysautonomie sur les fonctions cognitives car les données de neuro-imagerie actuellement disponibles n’ont été effectuées qu’en décubitus et les évaluations neuropsychologiques qu’en position assise.
Date de publication : 24 Février 2017

Publié par

Miss Dopa

Je m'appelle Marie Christine, je vais bientôt avoir 57 ans. En 2005 ma vie bascule car j'apprends que j'ai la maladie de Parkinson. C'est une maladie neurodégénérative complexe, avec de nombreux symptômes. Elle aussi sournoise car elle habite progressivement votre corps sans que vous le sachiez . Et puis un jour le diagnostic tombe, mais il est déjà trop tard car elle est déjà bien installée. Une fois le choc de l'annonce passé, j'ai fait le choix de ne pas m'apitoyer sur mon sort et de lutter en m' adaptant à cette nouvelle vie qui s'impose à moi. Après un parcours thérapeutique classique par comprimés de LDopa, puis d'agonistes dopaminergiques, le stylo d'Apokinon et enfin la pompe a apomorphine, la neuro stimulation profonde devient une évidence pour moi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *