Plus dure sera la chute !

La récurrence des chutes est un phénomène particulièrement important dans la maladie de Parkinson. Lorsque dans la population générale, plus de 15% des sujets chutent plus d’une fois par an, cela concerne près de 50% des patients parkinsoniens. 13% de cette population reportent même plus d’une chute par semaine.Plusieurs facteurs permettant d’expliquer le risque de chute ont été identifiés, cette revue de littérature se propose d’identifier les facteurs de risques de chutes répétées. La plupart des études dans la maladie de Parkinson portent sur des sujets non institutionnalisés présentant des troubles faiblesà modérés. Dans ces études, 65% des patients parkinsoniens chutent au moins une fois (entre 35 et 90%) et 39% (entre 18 et 65%) font des chutes à répétition. Les facteurs de risque de chute à répétition identifiés sont: une précédente chute (qui se révèle être un facteur prédictif) et la sévérité de la maladie (score de Hoehn et Yahr ou UPDRS). Les auteurs estiment que le risque augmente jusqu’à un score UPDRS moteur de 50 et qu’au delà de ce seuil, le risque diminue en raison de la réduction des activités du patient. Les chuteurs présentent une diminution de la mobilité (vitesse de marche, time up and go, test de six minutes, la vitesse pour se relever) et utilisent une technique à la marche.La fréquence des chutes est associée à la sévérité de la maladie (Score UPDRS), au traitement avec des agonistes dopaminergiques, à un déficit d’attention et à des troubles cognitifs. Le plus grand nombre de chuteurs récurrents a été reporté dans une étude incluant uniquement des patients présentant des démences.La relation entre la fréquence des chutes et un déficit de l’attention pourrait s’expliquer par des difficultés à réaliser des tâches concurrentes et une moindre efficacité des réponses de compensation au déséquilibre. Cependant, il est à noter que la dégradation de la marche sous l’influence d’une tâche concurrente n’apparaît pas comme un facteur prédictif de chute.Quelques études associent la peur de la chute avec une fréquence de chute importante. Pour ces patients, cela peut être la conséquence d’un déconditionnement et une baisse de la force musculaire. Il est cependant intéressant de noter que certains patients chuteurs à répétition présentent une peur de la chute très faible pouvant être associée à une prise de risque plus importante dans la vie quotidienne. En regard du nombre de chuteurs récurrents dans la maladie de Parkinson, les auteurs mettent l’accent sur la nécessité de définir les stratégies d’intervention spécifiques à ce public.

Les cahiers du Parkinson 25 09 2013

Par Thierry Lelard (Université de Picardie Jules Verne)Article commenté :Recurrent Falls in Parkinson’s Disease: A Systematic ReviewAllen NE, Schwarzel AK, Canning CGParkinsons Dis. 2013 ; 2013:906274.

20131004-210642.jpg Retrouvez l’abstract en ligne

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