Conduire avec une maladie de Parkinson

Les déficits moteurs, sensoriels et cognitifs rencontrés dans la maladie de parkinson (MP) peuvent altérer l’aptitude à la conduite automobile. Les patients souffrant de MP  ont de moins bons résultats aux tests évaluant la sensibilité aux contrastes, la cognition, la somnolence et le temps de réaction que les contrôles.
Une étude avait déjà montré que les malades parkinsoniens modifiaient leur conduite automobile en diminuant la fréquence, la longueur et le temps des trajets ainsi que les déplacements nocturnes.
L’objectif principal de ce nouveau travail était de déterminer si les adaptations de conduite opérées étaient associées à la progression de leur maladie ou aux symptômes associés (troubles cognitifs, dépression, temps de réaction, somnolence).
Vingt-sept patients atteints de MP, âgés de 57 à 82 ans, et 20 contrôles, âgés de 57 à 84 ans, ont été inclus. Des GPS permettant d’enregistrer la distance parcourue, la durée, les arrêts et la vitesse ont été installés dans leur véhicule pendant 15 jours. Les malades avaient de moins bons scores GDS (Geriatric Depression Scale), plus de problèmes de mémoire (p < 0,01) et une moins bonne qualité de vie (Parkinson’s disease Questionnaire) que les contrôles. Ils rapportaient plus de problèmes pour se déplacer en public (t = 2,8, p < 0,01), se concentrer (t = 3,25, p < 0,01) et communiquer (t = 2,63, p < 0,01). Un temps de réaction plus lent était associé à une diminution de la fréquence des trajets (r = -0,46, p < 0,05), de la distance (r = -0,54, p < 0,01) et de la durée des trajets nocturnes (r = -0,58, p < 0,01).
Un meilleur score cognitif était associé à une moindre fréquence des déplacements automobiles en situation difficile telle que mauvais temps ou heure de pointe et a une diminution de la vitesse en ville, mais seulement dans le groupe contrôle. La plupart des conducteurs parkinsoniens évaluaient leur santé comme bonne.
Les cinq malades qui avaient évalué leur santé comme mauvaise avaient des symptômes cliniques nettement plus marqués et des modes de conduite plus limités.
De nombreux malades atteints de MP peuvent ne pas reconnaître leurs déficiences. Les auteurs de cette étude encouragent les cliniciens à adresser leurs malades parkinsoniens pour des évaluations régulières de leur capacité à la conduite automobile.
Dr Juliette Lasoudris Laloux
Crizzle AM et coll. : Drivers with Parkinson’s disease: are the symptoms of PD associated with restricted driving practices? J Neurol., 2013: 260: 2562–2568.

Publié dans Le JIM le 26 11 2013

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