Lien entre la perte des neurones dopaminergiques de la substance noire et les troubles émotionnels et motivationnels se développant dans la maladie de Parkinson

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Lien entre la perte des neurones dopaminergiques de la substance noire et les troubles émotionnels et motivationnels se développant dans la maladie de Parkinson
Par Harold Mouras (Laboratoire de Neurosciences Fonctionnelles et Pathologies, CNRS – UMR 8160, Amiens)Article commenté :Loss of dopaminergic nigrostriatal neurons accounts for the motivational and affective deficits in Parkinson’s diseaseDrui G, Carnicella S, Carcenac C et al.Mol Psychiatry. 2013 Feb 12. doi: 10.1038/mp.2013.3.
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A l’origine du développement de la maladie de Parkinson existe notamment une dégénérescence des neurones dopaminergiques à l’origine des principaux symptômes moteurs de la maladie. Cependant, comme nous l’évoquons classiquement ici, des troubles des émotions et de la motivation apparaissent également souvent au cours du développement de la maladie. A titre d’exemple, on observe parfois l’apparition de symptômes dépressifs, anxieux ou de déficits motivationnels tels que l’apathie.Dans la conception moderne des processus pathophysiologiques de la maladie, une vision dichotomique s’impose avec des troubles moteurs liés à l’atteinte des neurones moteurs appartenant à une zone particulière, la « pars compacta » de la substance noire (SNc) et des troubles émotionnels et motivationnels liés à l’atteinte de ceux appartenant à une autre voie issue de l’Aire Tegmentale Ventrale (ATV).Historiquement, cette vision a été sous-tendue par les recherches conduites dans des modèles animaux et impliquant des lésions plus ou moins larges des zones SNc et ATV. Cependant, ces lésions touchent la plupart du temps une certaine portion de la zone adjacente. Dans cette recherche, les auteurs ont développé un modèle lésionnel impliquant des destructions des neurones dopaminergiques clairement circonscrites à l’une ou l’autre de ces deux aires et dans lequel les capacités motrices des animaux étaient préservées.Les résultats de cette étude furent particulièrement clairs. Grâce à leur modèle lésionnel, les auteurs parvinrent clairement, via des lésions bilatérales partielles des aires ATV ou SNc, à produire des profils d’atteintes des neurones dopaminergiques sans recouvrement spatial.Par ailleurs, les résultats montrèrent une atteinte spécifique des comportements motivés et des corrélats émotionnels associés lors d’une lésion de la zone SNc et non lors d’une lésion de la partie médiane la zone ATV. Ces effets étaient réversibles lorsque des agonistes de la dopamine étaient injectés dans cette zone ou bien lorsque les récepteurs dopaminergiques étaient activés directement. Ainsi, cette étude souligne l’implication centrale de la zone SNc et des lésions se produisant dans cette zone au cours de la maladie pour rendre compte dans l’occurrence des troubles motivationnels apparaissant au cours du développement de la maladie de Parkinson. Cette implication a été largement négligée pour l’heure dans la littérature concernée.Les résultats de cette étude soulignent aussi l’importance des troubles affectifs et motivationnels se déroulant dans la maladie de Parkinson et qui sont dès lors relativement indépendants des troubles moteurs survenant dans la maladie. Ces troubles affectivo-motivationnels seraient à relier principalement à la dégénérescence des neurones dopaminergiquesde la SNc lors de la maladie.

Publié dans le Neuro Scoop du 22 07 2013.

Une responsabilité de l’âge dans le trouble du comportement en sommeil paradoxal des patients parkinsoniens ?

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Des troubles du comportement en sommeil paradoxal (RBD) sont fréquemment observés dans la maladie de Parkinson. Souvent sous diagnostiqués et sous traités, ils contribuent à la mauvaise qualité de vie des patients et de leurs proches. Lors d’une étude indienne portant sur 126 parkinsoniens consécutifs non déments, certains symptômes, en particulier les tremblements, la rigidité, les troubles de la démarche et le déséquilibre postural, sont apparus moins fréquents chez les parkinsoniens souffrant de RBD (n = 29 ; soit 23 %), que chez les patients exempts (n = 97). En analyse multivariée, seul un âge plus élevé était associé aux troubles du comportement en sommeil paradoxal (p = 0,003 ; Odds Ratio = 1,07 ; intervalle de confiance à 95 % de 1,02 à 1,13). Cette augmentation des RBD avec l’âge semble suggérer un effet de l’âge dans la genèse du RBD.
Dominique Monnier
Rai NK et coll.: REM behavioral disorder (RBD) in Parkinson’s disease. 17th International Congress of Parkinson’s Disease and Movement Disorders (Sydney, Australie) : 16 au 20 juin 2013.