Bouger et vous ne tomberez pas !

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« Parkinson : de l’exercice pour limiter les chutes »

Top Santé 4 janvier 2015

Top Santé fait savoir qu’« un programme d’entraînement ciblé serait un moyen efficace pour améliorer la qualité de vie et limiter les chutes des personnes atteintes de Parkinson ». Le magazine en ligne explique ainsi que « l’exercice physique est essentiel pour se maintenir en bonne santé et réduire les risques de maladies chroniques. La maladie de Parkinson n’échappe pas à cette règle, d’après une étude publiée par Neurology, le journal de l’Académie américaine de neurologie ».
« Après avoir examiné 231 personnes atteintes de Parkinson, les chercheurs de l’Université de Sydney, en Australie, affirment que l’exercice physique peut améliorer les symptômes liés à la maladie »,
 indique l’article.
Top Santé relève que « pour l’étude, les participants ont été séparés en deux groupes. Le premier a continué à prendre le traitement habituel, tandis que le deuxième groupe a suivi un programme d’entrainement trois fois par semaine pendant 6 mois. Le programme était composé de 40 à 60 minutes d’exercices d’équilibre et de renforcement musculaire des jambes. Le but : limiter le nombre de chutes causées par la maladie. Effectivement, elles ont été réduites de 70% dans le groupe qui a suivi le programme d’entraînement ».
Le magazine précise cependant : « Seul hic, les bénéfices du sport n’ont été vérifiés que chez les personnes atteintes d’une forme légère de la maladie ». Colleen Canning, auteur principal de l’étude, souligne que « ces résultats suggèrent que des programmes d’exercice visant à réduire les chutes chez les personnes atteintes de Parkinson doivent commencer tôt dans le processus de la maladie ».
L’article ajoute pour conclure que « les troubles moteurs causés par la maladie de Parkinson provoquent des difficultés émotionnelles et cognitives, mais les chutes restent la conséquence la plus dangereuse. En travaillant sur l’équilibre et le renforcement musculaire des jambes, l’état mental et émotionnel des patients s’améliore également, précisent les chercheurs ».

En voilà une bonne nouvelle

implant
Paralysie, l’implant de l’espoir.

Publié dans Le Point le 09 01 2015
Le Point indique en effet qu’« un nouvel implant neuronal, destiné à des personnes paralysées à la suite d’une lésion à la moelle épinière, ou à des patients souffrant de douleurs rebelles (chroniques), de maladie de Parkinson ou d’épilepsie, suscite de nombreux espoirs. Présenté dans la revue Science, ce dispositif, baptisé e-Dura, s’applique directement sur la moelle épinière, sans l’endommager ».
Le magazine relève que cet « implant « épouse » la moelle épinière et peut délivrer des stimulations électriques et chimiques. […] Les premières expérimentations chez le rat sont très concluantes et l’implant pourrait, à long terme, permettre un jour à des personnes paralysées de récupérer en partie leur mobilité ».
Le Point précise que cet implant est l’œuvre de chercheurs suisses, et publie un entretien avec Stéphanie Lacour, qui « l’a mis au point avec Grégoire Courtine et leurs équipes de chercheurs de l’EPFL (École polytechnique fédérale de Lausanne) ».
La chercheuse précise que « e-Dura peut être placé directement sur [la moelle épinière] et suivre tous ses mouvements sans l’endommager. […] Il est constitué d’un substrat de silicone parcouru de pistes électriques, faites d’or craquelé. Les expériences menées chez le rat montrent qu’il est très bien toléré, qu’il ne provoque ni frottement ni inflammation et que l’organisme ne le rejette pas ».
Stéphanie Lacour ajoute qu’« en pratique, e-Dura n’est qu’une partie du système destiné à permettre un jour à des personnes paralysées de récupérer en partie leur mobilité. Il comporte des électrodes – réalisées à partir d’un composite totalement innovant de silicone et de microbilles de platines – susceptibles de délivrer des impulsions électriques et des microcanaux chargés d’apporter des substances pharmacologiques, notamment des neurotransmetteurs destinés à réveiller les cellules nerveuses sous la lésion. Mais, pour l’instant, les électrodes comme les microcanaux sont reliées à l’extérieur par des fils et des tuyaux ».
La chercheuse indique ainsi que « nous ne sommes pas au bout du chemin. […] Nos études chez le rat ont prouvé la stabilité et la fonctionnalité de l’implant. Mais avant de passer chez l’homme, les nouveaux matériaux que nous avons développés doivent être homologués, leur biocompatibilité prouvée. Il faut également miniaturiser et rendre implantables le boîtier électronique et le réservoir à médicaments ».
« Une fois toutes ces étapes franchies, nous espérons pouvoir aider aussi bien les personnes paralysées à la suite d’une lésion de la moelle épinière que celles qui souffrent de la maladie de Parkinson, d’épilepsie et de douleurs rebelles », observe Stéphanie Lacour.

Prédire la maladie de Parkinson sur la base de critères pré-diagnostique

La maladie de Parkinson pourrait être diagnostiquée plus précocement dès l’apparition de certains signes typiques.

The Lancet

Parkinson brain

Des signes de la maladie présents plusieurs années avant le diagnostic

Contexte

La maladie de Parkinson a un début insidieux et est diagnostiquée lorsque les signes moteurs typiques apparaissent. Plusieurs signes moteurs et non moteurs peuvent apparaître avant le diagnostic, précocement dans le processus de la maladie. Nous nous sommes attachés à évaluer les liens entre la manifestation précoce de plusieurs signes pré-diagnostiques dans le cadre des soins de santé primaires et le diagnostic ultérieur de maladie de Parkinson, et à établir la séquence dans le temps de ces premières manifestations avant le diagnostic.

Méthodes

Nous avons identifié des personnes ayant reçu un premier diagnostic de maladie de Parkinson et d’autres ne souffrant pas de cette maladie entre le 1er janvier 1996 et le 31 décembre 2012, dans la base de données des soins de santé primaires de The Health Improvement Network (Le Réseau pour l’amélioration de la santé) au Royaume-Uni. Nous avons extrait des codes pour une série de symptômes précoces ou pré-diagnostiques potentiels, comprenant des signes moteurs (tremblements, rigidité, problèmes d’équilibre, douleur ou raideur de nuque et douleur ou raideur d’épaule), des signes impliquant le système nerveux autonome (constipation, hypotension, troubles de la fonction érectile, troubles de la fonction urinaire et vertiges), des troubles neuropsychiatriques (problèmes de mémoire, anxiété ou dépression de survenue tardive, déclin cognitif et apathie) ainsi que des signes supplémentaires (fatigue, insomnie, anosmie, hypersalivation et troubles du comportement en sommeil paradoxal), survenus dans les années précédant le diagnostic. Nous présentons l’incidence des symptômes signalés dans plus de 1 % des cas pour 1 000 années-personnes et l’incidence du risque relatif (RR) à 2, 5 et 10 ans avant le diagnostic pour les personnes atteintes et non atteintes de la maladie de Parkinson.

Résultats

8 166 personnes atteintes et 46 755 personnes non atteintes de la maladie de Parkinson ont été incluses dans l’étude. L’apathie, les troubles du comportement en sommeil paradoxal, l’anosmie, l’hypersalivation et le déclin cognitif ont tous été signalés chez moins de 1 % des personnes pour 1 000 années-personnes et ont été exclus des analyses ultérieures. À 2 ans avant le diagnostic de maladie de Parkinson, l’incidence de tous les signes pré-diagnostiques étudiés à l’exception de la douleur et raideur de nuque était plus élevée chez les patients ayant développé ultérieurement la maladie de Parkinson (n = 7 232) que chez les témoins (n = 40 541). À 5 ans avant le diagnostic, par rapport aux témoins (n = 25 544), les patients ayant développé ultérieurement la maladie de Parkinson (n = 4 769) avaient une incidence plus élevée de tremblements (RR de 13,70, IC à 95 % : 7,82–24,31), troubles de l’équilibre (2,19, 1,09–4,16), constipation (2,24, 2,04–2,46), hypotension (3,23, 1,85–5,52), troubles de la fonction érectile (1,30, 1,11–1,51), troubles de la fonction urinaire (1,96, 1,34–2,80), vertiges (1,99, 1,67–2,37), fatigue (1,56, 1,27–1,91), dépression (1,76, 1,41–2,17), et anxiété (1,41, 1,09–1,79). À 10 ans avant le diagnostic de maladie de Parkinson, l’incidence de tremblements (RR de 7,59, IC à 95 % : 1,11–44,83) et de constipation (2,01, 1,62–2,49) était plus élevée chez ceux ayant développé ultérieurement la maladie de Parkinson (n = 1 680) que chez les témoins (n = 8 305).

Interprétation

Une série de signes pré-diagnostiques peuvent être détectés plusieurs années avant le diagnostic de maladie de Parkinson dans le cadre des soins de santé primaires. Ces données peuvent être intégrées aux efforts actuels menés pour identifier les personnes aux stades les plus précoces de la maladie en vue de les inclure dans des essais cliniques futurs et pour aider à comprendre l’évolution de la maladie dans sa phase la plus précoce.

La LDopa en première intention dans le traitement dans la MP serait elle la meilleure thérapeutique ?

La LDopa en première intention dans le traitement dans la MP serait elle la meilleure thérapeutique ?

Initiation du traitement antiparkinsonien : vers un changement des pratiques ?

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Par Mr Olivier Colin (CHU Poitiers)
Article commenté :
Long-term effectiveness of dopamine agonists and monoamine oxidase B inhibitors compared with levodopa as initial treatment for Parkinson’s disease (PD MED): a large, open-label, pragmatic randomised trial. 
PD Med Collaborative Group.
Lancet. 2014 ; 384(9949):1196-205

► Retrouvez l’abstract en ligne

Gray et al. ont mené dans une population britannique une étude pragmatique et écologique adaptée à la pratique clinique, en ouvert et en intention de traiter, dans laquelle des patients parkinsoniens nouvellement diagnostiqués étaient randomisés en trois stratégies thérapeutiques.
Deux de ces stratégies étaient en fait regroupées en une seule, dite traitement épargneur de la levodopa (un traitement par agonistes dopaminergiques laissé au choix ou un traitement par IMAO B). Dans les deux cas, dans le suivi, un switch entre les classes médicamenteuses était autorisé, de même qu’un ajout de la levodopa (étude pragmatique).
L’autre stratégie thérapeutique comprenait un traitement substitutif dopaminergique par levodopa. Le critère de jugement principal était la qualité de vie mesurée par l’échelle PDQ39 (dans son sous-score mobilité). Le suivi était effectué à six mois, puis annuellement avec une médiane de suivi à 3 ans. Le suivi a été poursuivi jusqu’à sept ans pour certains patients.

Dans cette vaste étude menée sur près de dix ans (inclusions menées de 2000 à 2009) dans laquelle plus de 1600 patients ont été inclus, il apparaît un bénéfice du traitement par levodopa sur la qualité de vie des patients (bénéfice de 1.8 point sur la PDQ 39 dans son sous-score de mobilité), et ce quel que soit l’âge des patients.
De même, la levodopa apparaît la thérapeutique la plus efficace et la mieux tolérée. Le pourcentage de patients changeant de classe thérapeutique était de 75% pour les patients sous IMAO, 50% sous agonistes dopaminergiques et que de 7% sous levodopa, à sept ans de suivi. De même, il est intéressant de noter que pour les patients traités par la stratégie d’épargne de la levodopa, les doses calculées en équivalent dopa étaient plus importantes au fil du temps que pour les patients du bras levodopa.
Enfin, concernant les complications motrices à type de dyskinésies, on ne retrouvait qu’une différence de 3% seulement à un suivi de sept ans (36% dans le bras levodopa  versus 33% dans le bras épargne).

Ainsi, ces conclusions amènent à une balance bénéfice-risque plutôt en faveur de la levodopa, que ce soit à court ou moyen terme, avec une meilleure qualité de vie des patients, et ce quel que soit l’âge au début de traitement.
Il faut cependant noter que cette étude est en ouvert (mais dont l’impact peut être minimisé par le fait que tous les groupes de patients recevaient un traitement actif, limitant l’effet placebo) et enfin que les patients étaient très hétérogènes entre eux. Enfin, si les résultats apparaissent statistiquement significatifs, la différence d’effet mesuré n’a pas forcément l’impact clinique significatif attendu…

Et pourquoi pas ?

Et pourquoi pas?

conseils

 

C’est le monde à l’envers. Il fallait le faire et ils l’ont fait, une excellente initiative venue du Canada. Un livret destiné aux médecins sur la maladie de Parkinson écrit par des personnes  jeunes touchées par la forme précoce de la maladie. Un document qui devrait être lu par tout bon praticien.

Prévalence élevée des parasomnies dans la maladie de Parkinson

Rêves agités, violents un lien avec Parkinson ?
Les résultats intéressants d’une étude qui laisse penser qu’il y aurait un lien entre Parkinson et les troubles du comportement du sommeil paradoxal.
Publié dans le JIM le 04 07 2014

Prévalence élevée des parasomnies dans la maladie de Parkinson

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Les troubles du comportement en sommeil paradoxal (TCSP) rentrent dans le cadre des parasomnies. Ils s’expriment volontiers sous la forme de la mise en scène des rêves du sujet, avec une bonne dose d’agitation ou de violence qui peut perturber l’entourage. A côté de cette forme classique, il existe d’autres manifestations plus atypiques qui ne sont pas nécessairement reliées à l’activité onirique du sujet. Dans la plupart des cas, l’atonie musculaire qui caractérise le sommeil paradoxal n’est pas au rendez-vous et c’est ce signe qui est le plus évocateur. Quoi qu’il en soit, les TCSP seraient fréquemment observés chez les patients atteints d’une maladie de Parkinson. De fait, les structures du tronc cérébral qui sont l’origine de cette parasomnie sont également impliquées dans les formes précoces de la maladie, au stade qui précède l’apparition des signes moteurs. Les mécanismes qui sous-tendent cette association n’en sont pas moins mystérieux.
Une étude transversale permet d’y voir un peu plus clair, dans laquelle ont été inclus 475 patients atteints d’une maladie de Parkinson. L’évaluation neuropsychologique a été réalisée dans les 3,5 années qui ont suivi le diagnostic probable de TCSP, posé à l’aide d’un questionnaire spécifique, en l’occurrence le RBDSQ (REM Sleep Behaviour Disorder Screening Questionnaire). Un neurologue et une infirmière spécialisée ont dressé le bilan de la maladie de Parkinson, chez tous les participants, en s’aidant d’échelles spécifiques diverses et variées, toutes standardisées, prenant en compte les signes moteurs et non moteurs de celle-ci. Une évaluation de la qualité de vie liée à la maladie a été également effectuée. Tout ce bilan a été effectué sans que les experts aient été informés du diagnostic de TCSP. Le traitement statistique des données a reposé sur des analyses linéaires multiples et une régression logistique qui visaient à établir une relation entre TCSP et troubles liés à la maladie, tout en intégrant la plupart des facteurs de confusion potentiels.
Premier fait saillant : la prévalence élevée des TSCP estimée à 47,2 % (intervalle de confiance à 95 % [IC], 42,7-51,9 %). En second lieu, aucune association n’a été retrouvée entre les troubles moteurs objectifs cotés par les échelles spécifiques et la présence de TSCP.  En revanche, les malades atteints de TSCP ont rapporté plus fréquemment l’existence de difficultés motrices dans les activités de la vie quotidienne. Après ajustement en fonction de l’âge, du sexe, de l’ancienneté de la maladie et des antécédents de tabagisme, les TSCP ont été significativement associés aux symptômes suivants : somnolence (p = 0,001), dépression (p = 0,001) et troubles cognitifs (p = 0,006).
De cette étude, il ressort que la prévalence des TSCP au cours de la maladie de Parkinson est remarquablement élevée, proche de 50 %. Ce phénomène est certainement souvent méconnu, car il est rarement recherché en pratique courante. Il semble être associé à des troubles non moteurs plus fréquents et plus sévères. Il retentirait aussi sur les performances motrices subjectives, tout en altérant la qualité de vie. De ce fait, il mériterait d’être pris en compte dans le bilan de la maladie, car sa prise en charge pourrait avoir des effets positifs, ce qui mérite toutefois d’être confirmé par les études adéquates.
Dr Philippe Tellier
RÉFÉRENCES
Rolinski M et coll. : REM sleep behavior disorder is associated with worse quality of life and other non-motor features in early Parkinson’s disease. J Neurol Neurosurg Psychiatry, 2014; 85: 560-6.
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