Fréquence de la maladie de Parkinson en France en 2015 et évolution jusqu’en 2030

Frédéric Moisan1 (frederic.moisan@santepubliquefrance.fr), Mathilde Wanneveich2, Sofiane Kab1,3, Élodie Moutengou1, Marjorie Boussac-Zarebska1, Laure Carcaillon-Bentata1, Hélène Jacqmin-Gadda2, Pierre Joly2, Alexis Elbaz1,3
1 Santé publique France, Saint-Maurice, France
2 Université de Bordeaux, Isped, Inserm U1219 – Bordeaux Population Health Research Center, Bordeaux, France
3 Université Paris-Saclay, Univ. Paris-Sud, UVSQ, CESP, Inserm, Villejuif, France

Objectifs – En France, les fréquences publiées de la maladie de Parkinson (MP) concernent le plus souvent une seule zone géographique ou des populations spécifiques. L’objectif de cet article est d’estimer la fréquence de la MP en France, au niveau national, régional et départemental, pour l’ensemble de la population.
Méthodes – À partir des données de remboursement de médicaments antiparkinsoniens, une approche validée a été utilisée pour identifier les personnes traitées pour une MP entre 2010 et 2015. Le nombre de personnes nouvellement traitées durant une année a également été estimé. Les fréquences ont été décrites par âge, sexe et département. En utilisant un modèle multi-états, le nombre de personnes de plus 45 ans qui seront traitées en 2030 a été estimé.
Résultats – Fin 2015, 166 712 personnes ont été traitées pour MP en France, soit une prévalence de 2,50 patients pour 1 000 personnes. Au cours de cette même année, 25 842 personnes étaient nouvellement traitées, soit une incidence de 0,39 patients pour 1 000 personnes-années. La prévalence et l’incidence augmentaient progressivement avec l’âge jusqu’à 80 ans ; plus de la moitié des patients avaient plus de 75 ans. Les hommes étaient atteints environ 1,5 fois plus souvent que les femmes. La distribution géographique de la maladie était caractérisée par une certaine hétérogénéité spatiale. En 2030, environ 260 000 personnes devraient être traitées pour une MP en France.
Conclusion – Cette étude est la première sur la MP couvrant l’ensemble du territoire français et plusieurs régimes d’assurance maladie. Ces données contribuent à une meilleure connaissance du poids de la MP au niveau national et infranational. Les projections indiquent un fardeau de la MP en augmentation dans les décennies à venir, du fait notamment du vieillissement de la population.

Retrouvez la totalité de l’article dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire  en cliquant sur le lien qui suit:

http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2018/8-9/2018_8-9_1.html

Les effets de l’anxiété et de l’attention sur le contrôle postural dans la maladie de Parkinson.

Par le Dr Harold Mouras (EA 7273 – Centre de Recherche en Psychologie, Université de Picardie Jules-Verne – Amiens)

Bien que l’anxiété soit un symptôme affectant environ 40% des patients atteints de maladie de Parkinson, peu d’études se sont intéressées à son effet sur les troubles de l’équilibre et du contrôle postural.
Certaines études ont montré une influence positive de la focalisation de l’attention sur l’environnement et sur le contrôle postural dans la maladie de Parkinson, mais le rôle de l’anxiété comme variable confondante dans cet effet demeure peu exploré.

Dès lors, l’objectif de cette étude était d’explorer l’influence de l’anxiété et de l’instruction de focalisation attentionnelle sur le contrôle postural des patients atteints de maladie de Parkinson. Trente-quatre patients furent inclus dans cette étude, 17 d’entre eux présentant un haut niveau d’anxiété et 17 autres un bas niveau d’anxiété.
Dix-sept sujets participants contrôles furent aussi inclus. Le contrôle postural fut évalué grâce à deux tâches de difficulté posturale différente.
Les résultats furent éloquents : seul le groupe de patients atteints de maladie de Parkinson présentant un haut niveau d’anxiété démontra une atteinte significative du contrôle postural. Par ailleurs, une consigne de focalisation externe améliora le contexte contrôle postural dans l’ensemble des groupes de participants.

En conclusion, cette étude montre que l’anxiété influence le contrôle postural, en particulier dans la maladie de Parkinson lorsque que son niveau est élevé. La focalisation attentionnelle externe peut améliorer les stratégies de contrôle postural de ces patients.
Date de publication : Neuroscoop le 6 avril 2018

Syndromes parkinsoniens.

Une approche originale pour améliorer le freezing.

 Par le Dr Christian Geny (CHU Montpellier)

Le freezing reste un symptôme le plus souvent résistant au traitement médical malgré la recherche importante effectuée cette dernière décennie. Celle-ci a identifié le réseau cortico-sous-cortical défaillant mais a aussi montré l’importance des composantes cognitives, émotionnelles et posturales.
L’implication des différentes aires motrices dans la genèse du freezing a incité à moduler le fonctionnement de ces aires par stimulation électrique ou magnétique.
La neuromodulation intracérébrale et l’optimisation des traitements dopaminergiques ont un effet limité. La stimulation électrique transcrânienne à courant direct (tDCS) est utilisée actuellement à visée exploratrice mais aussi thérapeutique dans quelques indications.
L’application d’un courant continu de faible ampérage (1 à 2 mAmp) serait inhibitrice sur les régions cérébrales se situant sous la cathode, et excitatrice au niveau de l’anode.

Une équipe américano-israélienne, au vu de résultats préliminaires, a étudié l’effet de cette approche en privilégiant une stimulation simultanée de 2 cibles : le cortex moteur primaire et le cortex préfrontal dorsolatéral G.
Vingt patients avec une maladie de Parkinson avec freezing ont été inclus dans cette étude pilote en aveugle et randomisée. Les séances ont duré 20 mn. Le protocole a permis de tester l’effet de la stimulation des 2 cibles, du seul cortex prémoteur ou sham.
Un effet bénéfique immédiat sur le test de provocation du freezing, le Timed Up and go test et le Stroop test, a été observé uniquement à la suite de la stimulation des deux cibles.
Les auteurs concluent donc que l’amélioration observée serait le reflet de l’augmentation de l’excitabilité du cortex préfrontal dorsolatéral et moteur par la stimulation. Ils considèrent que la modulation supplémentaire du cortex préfrontal dorsolatéral pourrait agir sur le découplage entre le réseau des ganglions de la base et celui du contrôle cognitif.

Ces résultats sont préliminaires mais le caractère anodin de la technique incite à tester cette approche, bien qu’une étude récente ait montré que le faible ampérage utilisé est insuffisant pour avoir un effet biologique.
Date de publication : Neuroscoop le 21 mars 2018

Intelligent notre cerveau ?

« Le cerveau est encore plus intelligent qu’on ne le pense »

On connaissait déjà la « boîte aux lettres » du cerveau : une région de notre hémisphère gauche spécialisée dans la reconnaissance des mots, et donc essentielle à nos capacités de lecture. Mais des chercheurs du CEA, du CNRS et du Collège de France ont exploré plus en détail ce qui se tramait dans le cerveau lorsqu’on apprend à lire. Leurs travaux, publiés le 6 mars dans la revue Plos Biology, établissent que cette boîte aux lettres se développe dans une zone « libre », précédemment non spécialisée du cerveau, mais qu’elle bloque au passage le développement de la zone dédiée à la reconnaissance des visages. Au sein du centre de recherche du CEA NeuroSpin, dirigé par Stanislas Dehaene, président du nouveau Conseil scientifique de l’Éducation nationale, ils ont observé pendant un an, grâce à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), l’évolution du cerveau de dix enfants en cours préparatoire pour décortiquer comment réagissait leurs cerveaux à la vue d’objets, de visages et de mots. Nous avons discuté avec Ghislaine Dehaene-Lambertz, auteure principale de l’étude, de la plasticité du cerveau, des progrès des neurosciences et de la notion de « cerveau augmenté ».

Que nous dit l’apprentissage de la lecture sur le fonctionnement du cerveau ?

D’abord, notre cerveau n’a pas évolué pour apprendre à lire : c’est une acquisition culturelle qu’il a fallu insérer dans des réseaux de neurones a priori pas prévus pour ça. Le système du langage oral existe, lui, depuis tout bébé dans le cerveau, dans une région située au-dessus de l’oreille. La reconnaissance des formes visuelles, elle, se fait dans l’occiput, dans l’arrière de la tête. Le cerveau doit donc trouver un moyen de spécialiser cette région visuelle. Et on constate que quelle que soit la langue ou le système d’écriture, même pour les idéogrammes chinois, c’est toujours la même zone qui se spécialise dans la reconnaissance des mots. La question est : pourquoi est-ce systématiquement cette zone particulière qui est utilisée ?

Et vous avez la réponse ?

Des hypothèses seulement. Contrairement à un ordinateur, le cerveau est un objet spatial : transmettre une information ne doit pas se faire entre deux zones trop éloignées si l’on ne veut pas que ça prenne trop de temps. Il est donc logique que la zone de reconnaissance des mots émerge dans une région proche de celle du langage oral. Nous avons établi que l’apprentissage de la lecture se faisait dans une zone qui ne faisait jusque là pas grand chose. Mais des études passées sur des personnes illettrées ont montré qu’avec le temps, cette même région devenait spécialisée dans la reconnaissance des visages. On bloque cette spécialisation en apprenant à lire, et les personnes lettrées ont une zone pour la reconnaissance des visages beaucoup plus développée dans l’hémisphère droit. Mais on ne sait pas si cette migration forcée a des conséquences.

« Les neurosciences en sont encore à l’étape des premiers télescopes grossiers de Galilée au XVIIe siècle »

Cette spécialisation « culturelle » du cerveau est-elle réversible ? Peut-on imaginer optimiser la plasticité du cerveau en comprenant mieux ces mécanismes ?

Le cerveau semble plus plastique à 6-7 ans que chez l’adulte, qui est déjà spécialisé. C’est intéressant de constater, en discutant avec nos collègues archéologues, que l’apprentissage de la lecture s’est toujours fait vers cet âge là. Chez les Égyptiens, on aurait pu penser que la lecture, qui revêt un aspect un peu sacré, réservé à l’élite, aux prêtres, était transmise plus tard, à l’adolescence, avec l’accès à la fonction. Mais non, l’enseignement s’est toujours fait très tôt, peut-être pour profiter de la plasticité propre à cet âge.

Sur nos images, on ne voit pas de changement de fonction une fois que les neurones sont spécialisés. Mais ça ne veut pas dire que ça ne peut pas être le cas à plus petite échelle. Avec la résolution actuelle des instruments, chaque voxel – l’équivalent des pixel mais en volume – représente des milliers de neurones. On ne sait pas ce qui se passe au sein de ces groupes de milliers de neurones. Les neurosciences en sont encore à l’étape des premiers télescopes grossiers de Galilée au XVIIe siècle…

La comparaison laisse entendre que de vastes découvertes attendent encore d’être à portée de « télescope ».

Pour l’étude présente, nous avons utilisé un scanner IRM à 3 Tesla. NeuroSpin a reçu une machine à plus de 11 Tesla qui va nous permettre d’avoir une résolution bien plus fine. Mais il ne s’agit pas juste de mieux voir, il faut aussi avoir de meilleurs modèles. On est un peu comme la physique du début du XXe siècle, avant Einstein, Bohr et tous ces gens… On n’a pas la théorie pour expliquer comment les cellules créent de la pensée. On attend un peu le Einstein des neurosciences.

« Un bébé est capable d’apprendre sans la quantité de mémoire d’AlphaGo »

Cet Einstein peut-il être l’intelligence artificielle ?

L’IA apporte beaucoup à la recherche. Elle peut donner des pistes mais il faut l’imagination humaine pour créer de nouveaux modèles. Il existe des modèles neuronaux qui imitent plus ou moins le cerveau, mais ils ont besoin de beaucoup trop de mémoire. Un bébé est capable d’apprendre sans la quantité de mémoire d’AlphaGo. Mais d’ici vingt ans, en cumulant de meilleures résolutions et des réseaux de neurones en silicone, on aura probablement beaucoup avancé.

Votre prudence de scientifique détonne avec les ambitions transhumanistes et des projets comme le Neuralink d’Elon Musk, qui veut relier nos cerveaux à Internet…

Neuralink, on peut arriver à le faire sans savoir pour autant comment ça marche. Il est tout à fait possible de concevoir un homme augmenté sans savoir comment ça marche. Un collègue israélien travaille sur un substitut sensoriel pour aveugles qui permette au cerveau d’apprendre à décoder des images à partir du son. Le cerveau est plus intelligent encore qu’on ne le pense, il peut faire plein de choses sans que l’on comprenne bien ses mécanismes. Mais nous, scientifiques, on aimerait bien comprendre quels types de calculs et quels câblages sont derrière tout ça.

« Savoir lire, c’est déjà avoir un cerveau augmenté »

Augmenter le cerveau sans le comprendre semble un peu dangereux, non ?

C’est à la société de répondre à cette question et de savoir ce qu’elle veut faire. Mais, vous savez, savoir lire, c’est déjà avoir un cerveau augmenté. Étonnamment, lire améliore la mémoire verbale. On a aussi découvert que les lettrés avaient une meilleure capacité à comprendre ce qu’ils entendaient dans un environnement bruyant que les illettrés.

Finalement, le champ des neurosciences semble encore contenir largement plus de mystères que de connaissances.

C’est une des sciences qui bouge le plus aujourd’hui. Elle change énormément et c’est l’une des raisons qui explique qu’elle fasse beaucoup le buzz en ce moment. Mais les choses sont probablement très grossières par rapport à ce qu’on fera dans 50 ans. Nous en sommes au même stade que la génétique avant la découverte de la double hélice. Il existe des milliers de types de neurones différents et des milliards de milliards de connexions possibles entre neurones. Sans parler de la glie, qui n’est finalement pas qu’un tissu de soutien des neurones mais intervient sûrement aussi dans les calculs…

Propos de Mme Ghislaine Dehaene-Lambertz, pédiatre et neuroscientifique, recueillis par Vincent Lucchese journaliste chez Usbek & Rica

Imagerie tau, il faudra attendre encore un peu !

Imagerie tau, il faudra attendre encore un peu !

Par le Dr Christian Geny (CHU – Montpellier) [Déclaration de liens d’intérêts]

Le diagnostic des syndromes parkinsoniens au stade précoce est un challenge pour le clinicien et une limite importante pour les essais thérapeutiques. Les progrès en imagerie métabolique suscitent de réels espoirs.
Cette revue générale publiée par une équipe coréenne dans une revue destinée à des neurologues cliniciens montre les difficultés techniques mais aussi les importantes potentialités de ces nouveaux traceurs.

L’imagerie amyloïde était un enjeu majeur dans la recherche de biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer (MA). Plusieurs radiotraceurs ont été créés, permettant d’identifier l’accumulation de la protéine amyloïde et le diagnostic à un stade précoce.
Toutefois ce marqueur était peu utile pour apprécier l’évolution de la maladie car le marquage était diffus et peu évolutif.
Les dégénérescences neurofibrillaires (DNF), second acteur de la pathologie de la MA, sont un témoin plus direct du processus pathologique car la progression de l’accumulation des DNF est corrélée à l’évolution clinique.
Les chercheurs ont ainsi développé un marqueur des paires de filaments hyper phosphorylés de la protéine tau. Le premier radiotraceur 18F -THK523 a été développé en 2011. Ses propriétés ont cependant limité son utilisation au domaine de la recherche.
Les études cliniques ont été décevantes en raison d’un fort marquage de la substance blanche et d’un faible ratio de fixation.
Une seconde génération de radiotraceurs plus spécifiques a été créée et le 18F -THK-5117 est actuellement considéré comme un marqueur dans la MA. D’autres études avec d’autres radiotraceurs ont montré une persistance de la fixation au niveau de la substance blanche, une forte fixation dans la protubérance et des ganglions de la base.
Plus récemment, des études avec le 18F -THK-5351 ont montré que ce traceur fixait la monoamino-oxydase B dans les ganglions de la base et le cortex insulaire. L’administration d’une simple dose de selegiline réduisait de la fixation de 37-52% du traceur !
18F-Flortaucipir est un des derniers traceurs proposés offrant l’avantage d’une moindre fixation à la substance blanche et une affinité 25 fois plus forte à PHF-tau qu’Aβ. Malheureusement ce produit a une cinétique instable.

C’est surtout dans les pathologies mixtes ou tau que ces traceurs sont très attendus. La démence à corps de Lewy est une entité complexe puisqu’elle est caractérisée comme une synucléïnopathie mais les études neuropathologiques ont montré la présence de dépôt amyloïdes et de dégénérescence neurofibrillaire. Les études avec le 11C –PIB ont montré un dépôt amyloïde chez 68% des patients DCL ! Qu’en est-il avec le 18F-Flortaucipir ?
Il existe un marquage dans le cortex occipital et pariéto-temporal postérieur corrélé avec le 11C –PIB. L’absence de marquage du cortex temporal interne est remarquable car elle permettrait de faire le diagnostic différentiel avec la MA.
Qu’en est-il avec les tauopathies ? Le marquage est plus important dans le tronc cérébral et le globus pallidum dans la paralysie supranucléaire progressive et de manière asymétrique dans le cortex moteur et les ganglions de la base dans la dégénérescence cortico-basale.
Toutefois l’affaire n’est pas réglée car il existe un marquage postérieur du putamen dans l’atrophie multisystématisée, authentique synucléïnopathie. Plusieurs hypothèses sont proposées pour expliquer ce marquage non spécifique (interaction avec le fer).

Les auteurs, conscients des limites de ces marqueurs (fixation non spécifique du putamen), concluent cependant que le 18F-Flortaucipir pourrait être un marqueur utile dans le diagnostic différentiel des syndromes parkinsoniens ou pour apprécier l’effet d’immunothérapies ciblées.
Date de publication : 27 Février 2018 dans le Neuroscoop.

Transporteur de la sérotonine et anxiété dans la maladie de Parkinson

Transporteur de la sérotonine et anxiété dans la maladie de Parkinson

Par le Dr Harold Mouras (EA 7273 – Centre de Recherche en Psychologie, Université de Picardie Jules-Verne – Amiens)

L’anxiété est un symptôme accompagnant souvent le développement de la maladie de Parkinson, mais ses corrélats neuraux n’ont été que peu explorés jusqu’à maintenant. Les dysfonctionnements intervenant dans les signalisations dopaminergique et sérotoninergique pourraient jouer un rôle dans la pathophysiologie de l’anxiété.
Le 123I-FP-CIT est un radiotraceur dont la liaison dans les aires striatales et extrastriatales sous-corticales représente la liaison principale au transporteur présynaptique de la sérotonine (acronyme anglais DAT) et au transporteur de la sérotonine (acronyme anglais SERT).
Ainsi, la disponibilité de ces deux molécules (DAT et SERT) pourrait consister une mesure in vivo de l’intégrité des neurones dopaminergiques et sérotoninergiques.

Sur le plan méthodologique, les auteurs ont étudié l’association entre les symptômes anxieux mesurés grâce à la sous-échelle affective de l’Inventaire de Dépression de Beck et la liaison du radiotraceur (123I-FP-CIT) chez 127 patients atteints de maladie de Parkinson, non-déments. Les analyses furent conduites chez des patients avec et des patients sans médication dopaminergique.

Les résultats de cette étude démontrèrent que la sévérité des symptômes anxieux était négativement corrélée avec la liaison du radiotraceur au niveau du thalamus droit. Dans le sous-groupe de patients sans médication dopaminergique, une association négative fut démontrée entre ces symptômes et la liaison du radiotraceur dans le thalamus de façon bilatérale.

En conclusion, cette étude indique que de hauts niveaux d’anxiété chez des patients atteints de maladie de Parkinson sont associés avec une diminution de la liaison du radiotraceur sur le thalamus, tendant à montrer l’implication de la dégénérescence des voies sérotoninergiques dans la survenue des symptômes anxieux chez les patients.
Date de publication : 27 Février 2018 dans le Neuroscoop.

Effet de la réadaptation de groupe sur la motivation et les activités quotidiennes chez des patients atteints de maladie de Parkinson.

Par le Dr Harold Mouras (EA 7273 – Centre de Recherche en Psychologie, Université de Picardie Jules-Verne – Amiens) [Déclaration de liens d’intérêts]
Article commenté :

La réadaptation est efficace chez les patients atteints de maladie de Parkinson, car elle participe à diminuer les symptômes moteurs de la maladie. Cependant, les patients peuvent ne pas manifester d’améliorations, en fonction par exemple des différents environnements dans lesquels est conduite cette réadaptation ou lorsqu’ils effectuent des mouvements impliquant une activité multi-tâche.

Quel était l’objectif de cette étude ? La réadaptation implique un facteur de réapprentissage. Ainsi, il est important d’accroître la motivation des patients pour augmenter l’efficacité du processus d’apprentissage.
Dans cette étude, les auteurs ont souhaité évaluer l’effet de la réadaptation en groupe sur la motivation des patients, leurs symptômes moteurs et leurs activités quotidiennes.
Sur le plan méthodologique, 27 participants furent assignés soit à un groupe d’entraînement individuel (deux séances hebdomadaires en sus de la réadaptation individuelle quotidienne), soit à un groupe exerçant la réadaptation en groupe (deux séances de réadaptation en groupe par semaine en sus de la réadaptation individuelle).
L’ensemble des participants à l’étude reçurent ce traitement pendant 8 semaines. Les participants furent évalués à l’entrée puis à la sortie du programme via les échelles UPDRS, d’apathie. Ces évaluations furent réalisées en période « ON » de médication.
Les résultats de cette étude furent éloquents : certains scores (UPDRS-Partie 3 ou Parkinson Disease Questionnaire) furent significativement améliorés par la prise en charge dans les deux groupes, alors que ceux de l’échelle d’apathie et de la partie 2 de l’UPDRS furent uniquement améliorés pour les patients ayant suivi une réadaptation en groupe.

En conclusion, une réadaptation en groupe semble accroître la motivation des patients et pourrait avoir des effets positifs sur la réhabilitation individuelle de la qualité de vie.
Date de publication : JIM 25 Janvier 2018

SYNDROMES PARKINSONIENS. Corrélation entre apathie et altération de la substance blanche dans la maladie de Parkinson

Par le Dr Harold Mouras (EA 7273 – Centre de Recherche en Psychologie, Université de Picardie Jules-Verne – Amiens) [Déclaration de liens d’intérêts]

L’apathie est un symptôme non-moteur se développant dans la maladie de Parkinson, mais peu de recherches ont été conduites cherchant un lien entre celui-ci et d’éventuelles atteintes de la substance blanche.

Dans cette étude, les auteurs ont cherché à savoir si l’anisotropie fonctionnelle (AF) de la matière blanche – un indice de son intégrité – permettait de discriminer des patients apathiques et des patients non-apathiques et si cet index corrélait avec la sévérité de l’apathie développée.
Sur le plan méthodologique, 39 participants atteints de maladie de Parkinson furent recrutés, 18 d’entre eux ayant développé une apathie. L’imagerie par tenseur de diffusion fut mise en œuvre pour explorer l’intégrité de la substance blanche.
Sur le plan des résultats, les patients ayant développé une apathie présentèrent une atteinte de la substance blanche (i.e. une réduction de l’anisotropie fonctionnelle) au niveau du genou, du corps calleux, de la corona radiata et du cingulum gauche.
De plus, dans ces régions les valeurs d’AF étaient négativement corrélées avec les scores d’apathie chez les patients apathiques.

En conclusion, il existe un lien entre l’atteinte de la substance blanche et l’apparition de l’apathie lors du développement de la maladie de Parkinson, et ainsi les valeurs d’AF dans certaines régions pourraient être des marqueurs pertinents pour prédire la sévérité de l’apathie pouvant se développer.
Date de publication : JIM 31 Janvier 2018