La maladie de Parkinson : fera-t-elle toujours trembler la recherche ?

  •  Dans l’excellente émission de France Culture, La méthode scientifique, le  Professeur Marie Vidailhet, chef de service de la Fédération de neurologie, hôpital de la Pitié Salpêtrière, Paris, ainsi que Étienne C. Hirsch, neurobiologiste, directeur de recherche au CNRS et à l’INSERM, spécialisé dans la maladie de Parkinson,  nous font un état des lieux des avancées dans la recherche concernant les causes et les traitements de cette maladie.
  • https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-du-lundi-30-avril-2018

Maladie de Parkinson, où en est la recherche ?

https://www.franceinter.fr/emissions/la-tete-au-carre/la-tete-au-carre-26-avril-2018

Dans la tête au carré France Inter recevait jeudi 26 avril 2018, Erwan Bezard neurobiologiste , et directeur de l’institut des maladies neurodégénératives à Bordeaux, spécialiste de la maladie Parkinson. L’interview est très intéressante il fait un état des lieux sur les avancées prometteuses de quelques pistes dont on entendait plus parler depuis quelques temps. Il commence à parler à 16 mn du début du podcast.

L’importance de la kiné dans la maladie de Parkinson

Cet article vous explique pourquoi la kinésithérapie est primordiale  chez  tout les malades parkinsoniens.  Il est tiré de l’excellent blog « et un peu de neurologie » qui raconte la neurologie de façon abordable au grand public .

http://etunpeudeneurologie.blogspot.fr/2017/08/maladie-de-parkinson-en-kine.html

La face changeante de la maladie de Parkinson.

Nature Reviews Neurology est une revue de référence qui publie des synthèses rédigées par des experts de la discipline. L’année 2017 a été marquée par le 200ème anniversaire de la publication princeps « An essay of the shaking palsy » par sir James Parkinson.
Depuis cette description, les progrès ont été nombreux et Walter Maetzler et Daniela Berg de Kiel ont donc eu l’honneur de faire la synthèse des avancées 2017 en insistant sur l’évolution des concepts.

L’effort majeur de recherche sur la maladie de Parkinson a permis d’écrire plusieurs des plus belles pages de la neurologie, mais celle des traitements modificateurs reste encore blanche. Cet échec impose de revoir les approches antérieures. La lecture critique des principaux résultats scientifiques de l’année 2017 effectuée par ces rédacteurs leur a permis de privilégier certaines approches novatrices.
Cette sélection débute par la réflexion méthodologique proposée par Espay et al. Ceux-ci proposent de changer l’approche médicale classique par une approche personnalisée non pas en fonction du phénotype clinique, mais plutôt du phénotype de biomarqueurs. Sur le plan fondamental, le rôle protecteur ou délétère de la microglie est débattu.
Nos auteurs rapportent une étude qui démontre qu’une mutation d’un gène codant pour une protéine microgliale Braf peut entrainer chez la souris une leucémie. Par contre si cette mutation affecte les progéniteurs myéloïdes issus du sac vitellien, les souris vont développer une maladie neurodégénérative de début tardif.
Plusieurs gènes impliqués dans les fonctions de recyclage cellulaires ont été impliqués dans les formes génétiques, mais l’étude pangénomique portant sur plus de 130.000 patients publiée récemment ouvre de nouveaux horizons en identifiant 17 loci habituellement impliqués dans les maladies auto-immunes.

L’identification des patients à un stade prodromal est devenue un enjeu dans l’optique d’essais des nouveaux traitements modificateurs. La Movement Disorders Society avait proposé des critères diagnostiques qui finalement déçoivent car ils ont une faible valeur prédictive positive et il va devenir nécessaire de les modifier pour améliorer leur performance.
Identifier les patients à risque d’évolution plus sévère est un enjeu important pour les patients et proposer des traitements plus agressifs.
Une étude a identifié un certain nombre d’éléments pouvant prédire une évolution cognitive et motrice défavorable : atrophie cérébrale, biomarqueurs LCR type Alzheimer, déficit dopaminergique sévère.
De nouvelles cibles thérapeutiques doivent être identifiées car les traitements dopaminergiques marquent actuellement le pas. Une étude a montré que la rivastigmine améliorait la variabilité de la marche en condition de double tâche. Cette dernière met en jeu chez les parkinsoniens le putamen ventral postérieur.

Les auteurs de cette synthèse bibliographique de 2017 finissent en citant l’étude scandinave ayant identifié de manière rétrospective la diminution du risque de 30% chez les personnes prenant du salbutamol alors que les bêtabloquants multiplient par deux le risque.

Par le Dr Christian Geny (CHU – Montpellier)
Publié dans  le JIM le 26 avril 2018

Je ne suis là pour personne !

 

Je ne suis là pour personne sauf pour Parkinson 

Il sait toujours où me trouver, impossible de me rater

Il est là dès le matin, pas de risque qu’il me pose un lapin

Sa présence est constante, avec lui pas d’intermittence

Il est sournois, mais je vois que vous ne croyez pas

Il n’en fait qu’à sa tête et parfois c’est la fête

Enfin façon de parler car c’est lui qui me fait danser

Ses préférences sont très tendance

Et croyez-moi je n’ai pas le choix

Il arrive aussi que ce vilain Parki

Tonnerre de Brest et 1000 sabords, me jette un sort

 Me voilà tétanisée mais pas dans les bras de Morphée

La belle affaire c’est la descente en enfer

Le réveil sonne ……

Et je ne suis là pour personne 

Certainement pas pour Parkinson, d’ailleurs il semble faire un somme

Il est là reclus dans sa tanière et ne fait pas de manière

Et oui, c’est la Fée Boston installée dans mon cerveau depuis l’automne 

Qui avec son puissant arc magique, lui intime: « Abdique »

Maintenant que je suis neuro stimulée mon corps a retrouvé sa liberté.

Alors je ne suis plus là pour personne pas même pour Parkinson.

M.COD

Toujours et encore en parler !

Ce jeudi 19 avril je suis intervenue à la journée mondiale Parkinson, a Nancy en témoignant en faveur de la neuro stimulation cérébrale profonde dont j’ai moi-même bénéficié il y a 7 mois.
Cette année, la semaine qui précède la journée mondiale ce 11 avril dernier, tous les médias ont parlé de Parkinson. Des efforts ont été faits, il faut s’en féliciter, et poursuivre dans cette voie en en parlant encore, encore et encore.
A une grande ou une petite échelle chacun fait ce qu’il peut, comme il le ressent et avec les moyens qu’il a. Comme on dit c’est l’intention qui compte mais vous aurez toujours des grincheux, des râleurs, des jaloux qui, quoi que vous fassiez, vous critiqueront, quelques fois devant vous mais souvent dans votre dos. Aussi petit soit il, chaque pas est une conquête.

Alors devant un public de 175 personnes j’ai pu dire haut et fort, oui je suis neuro stimulée et je vais bien, même très bien, oui j’ai cette chance et j’en suis consciente, oui je suis très satisfaite car cela fonctionne parfaitement bien, oui j’ai été opéré par une équipe formidable celle de Grenoble, oui j’ai bénéficié des dernières sondes sur le marché de la concurrence les Boston qui détrônent largement les Medtronic.

J’ai donc choisi le centre qui a élaboré cette intervention car il réunit vraiment toutes les conditions pour réussir cette intervention. Tout d’abord le personnel (chirurgical, médical, et soignant) est rodé et formé pour sélectionner et suivre des patients parkinsoniens. Ensuite il est équipé de matériel à la pointe du progrès (meilleure qualité des ordinateurs, de l’imagerie, des logiciels et des robots de haute précision) qui réduit notablement les complications per et post opératoires et surtout d’une IRM dans le bloc opératoire permettant au chirurgien d’atteindre exactement la cible, grosse comme un grain de riz, et offrant au malade une anesthésie générale nettement plus confortable .
En ce qui me concerne tous les feux étaient au vert: l’âge, le stade de la maladie, mon bilan d’éligibilité, largement positif et surtout ma motivation. À partir du moment où l’on m’a dit oui vous pouvez être opérée, une confiance sans faille et un optimisme absolu ont guidé tout mon parcours.

Cette décision, c’est moi seule qui l’ai prise, c’est pour moi que j’ai fait cette neuro stimulation cérébrale profonde car c’est mon corps, c’est mon cerveau, c’est ma vie et que je le vaux bien.

Je n’oublie pas mon mari, mon compagnon depuis 33 ainsi que mes deux fils, qui m’ont soutenu et accompagné dans cette merveilleuse aventure.

J’ai de la compassion pour tous ceux et celles qui ne peuvent pas se faire opérer ainsi que pour ceux et celles pour qui l’intervention s’est mal passée.
Je pense très souvent à eux.

Si j’ai témoigné c’est uniquement pour partager mon bonheur et ma joie d’être libérée en partie du joug de Parkinson, mais aussi pour donner de l’espoir. a ceux qui hésitent encore. Les signes moteurs ayant disparu, j’apprécie de ne plus avoir de blocage, ni de dyskinésies, ni de fluctuations, mon corps est souple, détendu.
Je rajouterai que je ne suis payée par aucune association ni aucun laboratoire pour faire de la pub pour la NSCP.

La NSCP depuis plus de 20 ans a fait ses preuves, elle n’est plus expérimentale ni la solution de la dernière chance. L’étude Earlystim a montré que l’on peut opérer le malade plus tôt et plus il est opéré tôt plus il gagnera en qualité de vie sur une durée plus longue.

pour accéder à l’étude, cliquez sur le lien suivant :

https://francais.medscape.com/voirarticle/3508459

Si la neuro stimulation cérébrale profonde était si dangereuse, pensez vous réellement que l’on continuerait à la pratiquer ?
Alors si vous souhaitez vous faire opérer n’hésitez pas à vous renseigner, vous documenter en posant les bonnes questions aux bonnes personnes.

Comme le dit très justement le professeur Chabardès, le neuro chirurgien qui m’a opéré : « Avant que l’on trouve un médicament qui fasse aussi bien que la neuro stimulation cérébrale profonde, il se passera encore des décennies. »

Fréquence de la maladie de Parkinson en France en 2015 et évolution jusqu’en 2030

Frédéric Moisan1 (frederic.moisan@santepubliquefrance.fr), Mathilde Wanneveich2, Sofiane Kab1,3, Élodie Moutengou1, Marjorie Boussac-Zarebska1, Laure Carcaillon-Bentata1, Hélène Jacqmin-Gadda2, Pierre Joly2, Alexis Elbaz1,3
1 Santé publique France, Saint-Maurice, France
2 Université de Bordeaux, Isped, Inserm U1219 – Bordeaux Population Health Research Center, Bordeaux, France
3 Université Paris-Saclay, Univ. Paris-Sud, UVSQ, CESP, Inserm, Villejuif, France

Objectifs – En France, les fréquences publiées de la maladie de Parkinson (MP) concernent le plus souvent une seule zone géographique ou des populations spécifiques. L’objectif de cet article est d’estimer la fréquence de la MP en France, au niveau national, régional et départemental, pour l’ensemble de la population.
Méthodes – À partir des données de remboursement de médicaments antiparkinsoniens, une approche validée a été utilisée pour identifier les personnes traitées pour une MP entre 2010 et 2015. Le nombre de personnes nouvellement traitées durant une année a également été estimé. Les fréquences ont été décrites par âge, sexe et département. En utilisant un modèle multi-états, le nombre de personnes de plus 45 ans qui seront traitées en 2030 a été estimé.
Résultats – Fin 2015, 166 712 personnes ont été traitées pour MP en France, soit une prévalence de 2,50 patients pour 1 000 personnes. Au cours de cette même année, 25 842 personnes étaient nouvellement traitées, soit une incidence de 0,39 patients pour 1 000 personnes-années. La prévalence et l’incidence augmentaient progressivement avec l’âge jusqu’à 80 ans ; plus de la moitié des patients avaient plus de 75 ans. Les hommes étaient atteints environ 1,5 fois plus souvent que les femmes. La distribution géographique de la maladie était caractérisée par une certaine hétérogénéité spatiale. En 2030, environ 260 000 personnes devraient être traitées pour une MP en France.
Conclusion – Cette étude est la première sur la MP couvrant l’ensemble du territoire français et plusieurs régimes d’assurance maladie. Ces données contribuent à une meilleure connaissance du poids de la MP au niveau national et infranational. Les projections indiquent un fardeau de la MP en augmentation dans les décennies à venir, du fait notamment du vieillissement de la population.

Retrouvez la totalité de l’article dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire  en cliquant sur le lien qui suit:

http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2018/8-9/2018_8-9_1.html

Les effets de l’anxiété et de l’attention sur le contrôle postural dans la maladie de Parkinson.

Par le Dr Harold Mouras (EA 7273 – Centre de Recherche en Psychologie, Université de Picardie Jules-Verne – Amiens)

Bien que l’anxiété soit un symptôme affectant environ 40% des patients atteints de maladie de Parkinson, peu d’études se sont intéressées à son effet sur les troubles de l’équilibre et du contrôle postural.
Certaines études ont montré une influence positive de la focalisation de l’attention sur l’environnement et sur le contrôle postural dans la maladie de Parkinson, mais le rôle de l’anxiété comme variable confondante dans cet effet demeure peu exploré.

Dès lors, l’objectif de cette étude était d’explorer l’influence de l’anxiété et de l’instruction de focalisation attentionnelle sur le contrôle postural des patients atteints de maladie de Parkinson. Trente-quatre patients furent inclus dans cette étude, 17 d’entre eux présentant un haut niveau d’anxiété et 17 autres un bas niveau d’anxiété.
Dix-sept sujets participants contrôles furent aussi inclus. Le contrôle postural fut évalué grâce à deux tâches de difficulté posturale différente.
Les résultats furent éloquents : seul le groupe de patients atteints de maladie de Parkinson présentant un haut niveau d’anxiété démontra une atteinte significative du contrôle postural. Par ailleurs, une consigne de focalisation externe améliora le contexte contrôle postural dans l’ensemble des groupes de participants.

En conclusion, cette étude montre que l’anxiété influence le contrôle postural, en particulier dans la maladie de Parkinson lorsque que son niveau est élevé. La focalisation attentionnelle externe peut améliorer les stratégies de contrôle postural de ces patients.
Date de publication : Neuroscoop le 6 avril 2018