L’importance de la kiné dans la maladie de Parkinson

Cet article vous explique pourquoi la kinésithérapie est primordiale  chez  tout les malades parkinsoniens.  Il est tiré de l’excellent blog « et un peu de neurologie » qui raconte la neurologie de façon abordable au grand public .

http://etunpeudeneurologie.blogspot.fr/2017/08/maladie-de-parkinson-en-kine.html

La face changeante de la maladie de Parkinson.

Nature Reviews Neurology est une revue de référence qui publie des synthèses rédigées par des experts de la discipline. L’année 2017 a été marquée par le 200ème anniversaire de la publication princeps « An essay of the shaking palsy » par sir James Parkinson.
Depuis cette description, les progrès ont été nombreux et Walter Maetzler et Daniela Berg de Kiel ont donc eu l’honneur de faire la synthèse des avancées 2017 en insistant sur l’évolution des concepts.

L’effort majeur de recherche sur la maladie de Parkinson a permis d’écrire plusieurs des plus belles pages de la neurologie, mais celle des traitements modificateurs reste encore blanche. Cet échec impose de revoir les approches antérieures. La lecture critique des principaux résultats scientifiques de l’année 2017 effectuée par ces rédacteurs leur a permis de privilégier certaines approches novatrices.
Cette sélection débute par la réflexion méthodologique proposée par Espay et al. Ceux-ci proposent de changer l’approche médicale classique par une approche personnalisée non pas en fonction du phénotype clinique, mais plutôt du phénotype de biomarqueurs. Sur le plan fondamental, le rôle protecteur ou délétère de la microglie est débattu.
Nos auteurs rapportent une étude qui démontre qu’une mutation d’un gène codant pour une protéine microgliale Braf peut entrainer chez la souris une leucémie. Par contre si cette mutation affecte les progéniteurs myéloïdes issus du sac vitellien, les souris vont développer une maladie neurodégénérative de début tardif.
Plusieurs gènes impliqués dans les fonctions de recyclage cellulaires ont été impliqués dans les formes génétiques, mais l’étude pangénomique portant sur plus de 130.000 patients publiée récemment ouvre de nouveaux horizons en identifiant 17 loci habituellement impliqués dans les maladies auto-immunes.

L’identification des patients à un stade prodromal est devenue un enjeu dans l’optique d’essais des nouveaux traitements modificateurs. La Movement Disorders Society avait proposé des critères diagnostiques qui finalement déçoivent car ils ont une faible valeur prédictive positive et il va devenir nécessaire de les modifier pour améliorer leur performance.
Identifier les patients à risque d’évolution plus sévère est un enjeu important pour les patients et proposer des traitements plus agressifs.
Une étude a identifié un certain nombre d’éléments pouvant prédire une évolution cognitive et motrice défavorable : atrophie cérébrale, biomarqueurs LCR type Alzheimer, déficit dopaminergique sévère.
De nouvelles cibles thérapeutiques doivent être identifiées car les traitements dopaminergiques marquent actuellement le pas. Une étude a montré que la rivastigmine améliorait la variabilité de la marche en condition de double tâche. Cette dernière met en jeu chez les parkinsoniens le putamen ventral postérieur.

Les auteurs de cette synthèse bibliographique de 2017 finissent en citant l’étude scandinave ayant identifié de manière rétrospective la diminution du risque de 30% chez les personnes prenant du salbutamol alors que les bêtabloquants multiplient par deux le risque.

Par le Dr Christian Geny (CHU – Montpellier)
Publié dans  le JIM le 26 avril 2018