Effet de la réadaptation de groupe sur la motivation et les activités quotidiennes chez des patients atteints de maladie de Parkinson.

Par le Dr Harold Mouras (EA 7273 – Centre de Recherche en Psychologie, Université de Picardie Jules-Verne – Amiens) [Déclaration de liens d’intérêts]
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La réadaptation est efficace chez les patients atteints de maladie de Parkinson, car elle participe à diminuer les symptômes moteurs de la maladie. Cependant, les patients peuvent ne pas manifester d’améliorations, en fonction par exemple des différents environnements dans lesquels est conduite cette réadaptation ou lorsqu’ils effectuent des mouvements impliquant une activité multi-tâche.

Quel était l’objectif de cette étude ? La réadaptation implique un facteur de réapprentissage. Ainsi, il est important d’accroître la motivation des patients pour augmenter l’efficacité du processus d’apprentissage.
Dans cette étude, les auteurs ont souhaité évaluer l’effet de la réadaptation en groupe sur la motivation des patients, leurs symptômes moteurs et leurs activités quotidiennes.
Sur le plan méthodologique, 27 participants furent assignés soit à un groupe d’entraînement individuel (deux séances hebdomadaires en sus de la réadaptation individuelle quotidienne), soit à un groupe exerçant la réadaptation en groupe (deux séances de réadaptation en groupe par semaine en sus de la réadaptation individuelle).
L’ensemble des participants à l’étude reçurent ce traitement pendant 8 semaines. Les participants furent évalués à l’entrée puis à la sortie du programme via les échelles UPDRS, d’apathie. Ces évaluations furent réalisées en période « ON » de médication.
Les résultats de cette étude furent éloquents : certains scores (UPDRS-Partie 3 ou Parkinson Disease Questionnaire) furent significativement améliorés par la prise en charge dans les deux groupes, alors que ceux de l’échelle d’apathie et de la partie 2 de l’UPDRS furent uniquement améliorés pour les patients ayant suivi une réadaptation en groupe.

En conclusion, une réadaptation en groupe semble accroître la motivation des patients et pourrait avoir des effets positifs sur la réhabilitation individuelle de la qualité de vie.
Date de publication : JIM 25 Janvier 2018

SYNDROMES PARKINSONIENS. Corrélation entre apathie et altération de la substance blanche dans la maladie de Parkinson

Par le Dr Harold Mouras (EA 7273 – Centre de Recherche en Psychologie, Université de Picardie Jules-Verne – Amiens) [Déclaration de liens d’intérêts]

L’apathie est un symptôme non-moteur se développant dans la maladie de Parkinson, mais peu de recherches ont été conduites cherchant un lien entre celui-ci et d’éventuelles atteintes de la substance blanche.

Dans cette étude, les auteurs ont cherché à savoir si l’anisotropie fonctionnelle (AF) de la matière blanche – un indice de son intégrité – permettait de discriminer des patients apathiques et des patients non-apathiques et si cet index corrélait avec la sévérité de l’apathie développée.
Sur le plan méthodologique, 39 participants atteints de maladie de Parkinson furent recrutés, 18 d’entre eux ayant développé une apathie. L’imagerie par tenseur de diffusion fut mise en œuvre pour explorer l’intégrité de la substance blanche.
Sur le plan des résultats, les patients ayant développé une apathie présentèrent une atteinte de la substance blanche (i.e. une réduction de l’anisotropie fonctionnelle) au niveau du genou, du corps calleux, de la corona radiata et du cingulum gauche.
De plus, dans ces régions les valeurs d’AF étaient négativement corrélées avec les scores d’apathie chez les patients apathiques.

En conclusion, il existe un lien entre l’atteinte de la substance blanche et l’apparition de l’apathie lors du développement de la maladie de Parkinson, et ainsi les valeurs d’AF dans certaines régions pourraient être des marqueurs pertinents pour prédire la sévérité de l’apathie pouvant se développer.
Date de publication : JIM 31 Janvier 2018

QU’EST CE QUE LA PROSODIE ?

Selon Heilman, Leon et Rosenbeck (2004), le discours permet de transmettre simultanément deux types de messages : un message verbal et un message prosodique. Le message verbal désigne le sens, ce qui est dit. Il fait appel à la sémantique, au lexique, à la syntaxe et aux processus phonémiques. Le message prosodique quant à lui est non verbal. Ce sont des changements dans la mélodie, l’intonation ou l’accentuation qui définissent la prosodie.
On distingue généralement deux sortes de prosodie : la prosodie linguistique et la prosodie émotionnelle appelée également prosodie affective. La prosodie linguistique est utilisée lorsque l’on accentue un mot ou un groupe de mots afin de mettre en évidence des éléments de la phrase (lorsque l’on fait un reproche par exemple : « c’est TA faute ») et aide à la compréhension de l’énoncé. Elle permet également de recourir à un mode en particulier (déclaratif, interrogatif, exclamatif, etc.). La prosodie émotionnelle, quant à elle, sert à véhiculer un message avec une composante émotionnelle. La tonalité de l’énoncé change afin de transmettre un message émotionnel qui peut être positif, négatif ou neutre.
La prosodie peut également être congruente ou non avec le contenu sémantique de la phrase. Dans le cas de la congruence, le ton émotionnel utilisé correspond au contenu sémantique du discours. L’humour, le sarcasme ou l’ironie amènent à des situations de non congruence car la prosodie émotionnelle et l’aspect sémantique transmettent dans ce cas un message différent.

Suite à un dysfonctionnement du cerveau, les capacités de production et de reconnaissance de la prosodie peuvent être altérées. Des études ont été réalisées sur différentes populations pour évaluer ces déficits et leurs spécificités. On peut trouver dans la littérature des recherches étudiant la prosodie chez des sujets schizophrènes (Edwards et al., 2001 ; Bozikas et al., 2006), des patients atteints de la maladie d’Alzheimer (Costa et al., 2011 ; Drapeau et al., 2009), ainsi que des personnes souffrant de dépression (Kan et al., 2004). 2

 

Voici une étude qui montre l’altération dans la compréhension de la prosodie émotionnelle après stimulation cérébrale profonde du noyau sous-thalamique
Harold Mouras

Par le Dr Harold Mouras (EA 7273 – Centre de Recherche en Psychologie, Université de Picardie Jules-Verne – Amiens) [Déclaration de liens d’intérêts]

Les patients atteints de maladie de Parkinson présentent généralement des troubles dans la reconnaissance et l’expression de la prosodie émotionnelle. Le but de cette étude était d’explorer le traitement de celle-ci chez de tels patients ayant subi une implantation récente pour une stimulation cérébrale profonde au niveau du noyau sous-thalamique.

Sur le plan méthodologique, trois groupes de participants furent formés : (i) patients avant implantation ; (ii) patients après implantation ; (iii) participants contrôles.
Tous les participants passèrent des tests de reconnaissance utilisant la base de données « Montréal Affective Voices », et durent produire 5 émotions non-verbales. Quinze locuteurs natifs chinois furent recrutés comme cotateurs.
Les résultats de cette étude furent éloquents : (i) globalement, les groupes de patients démontrèrent des scores de production et d’expression de la prosodie émotionnelle inférieurs au groupe contrôle ; (ii) l’implantation d’électrode ne démontra pas d’effet sur la reconnaissance de la prosodie émotionnelle mais un effet significatif sur sa production ; (iii) les analyses de corrélation montrèrent des corrélations significatives entre les performances sur la reconnaissance de la prosodie émotionnelle et son expression pour les deux groupes de patients.

En conclusion, l’implantation d’électrode au niveau du noyau sous-thalamique ne semble pas altérer la reconnaissance de la prosodie émotionnelle. Les auteurs de cette étude ont montré des altérations dans la reconnaissance et l’expression de la prosodie émotionnelle avant et après implantation, plaidant pour un réseau commun participant aux deux processus.
Date de publication : JIM 7 Février 2018